‹ Sentiments et souvenirs de Firmin Paris [microforme]Chapitre 12 sur 51 · SÉVIGNÉ · texte numérisé non relu

SÉVIGNÉ

Ne laissez pas tomber aux creux des immondices Un miroir qu'à vos murs, avec haine ou délices, Vos yeux ont vu longtemps vieillir,

Son âge de cent ans surpassât-il votre âge Et füt-il un débris qui brise votre image En cent morceaux près de jaillir.

Quand a sonné pour lui l'heure de la retraite

Ou que le sort cruel soudainement l’émiette D'un coup d’aile franc et fatal,

Que, dès lors et toujours, votre 2.:: intrépide

S'allume pour l'infirme et lui serve d'égide

Contre un mépris si déloyal.

Pour tout crime et défaut il n’a que la vieillesse

Ou qu'une infirmité dont votre maladresse Fut elle-même l’ab ovo ;

Incertain qu'à ces maux votre avenir surnage,

Sachez que la droiture honore le vieil âge

Et qu'un vieux reste est toujours beau.

les gens sensible, s de les vus.

AU LARGE 37

C'est lui qui, par vos yeux, de chacun de vos âges Aux feuillets de votre âme a gravé les images Et sans fard écrit les appas :

Aux jours froids et ridés de la vieilesse amère, Vous savez que jadis vos traits ont su mieux plaire ; Sans lui vous ne le sauriez pas.

Et peut-être qu'aussi la glace fracassée A réfléchi des yeux chers à votre pensée, Qui ravirent jadis vos yeux ; Par la tombe ou l'absence enlevés dès l'aurore, Vous semblez quelquefois les y chercher encore Sous la neige de vos cheveux.

Puis, à ce vieil ami de votre confiance, Et sans lui mendier l'obole du siience, Et sans craindre sa trahison, Vous avez quelque jour dévoilé des mystères Que vous n’oseriez pas dévoiler à vos mères Ni même aux herbes du gazon ;

De vos grâces il fut le conseiller, le maitre,

Il vous gonfla d'orgueil cent fois le jour, peut-être, Et pleura parfois avec vous :

Et, loin de les trahir, vos tristesses amères,

Vos coups d'œil satisfaits et vos jaloux mystères, Lui-même il les oublia tous,

Ah ! quand nulle autre foi ne console la terre, Quand par l'amitié même au tombeau qui libère Tous arrivent déshonorés, Une telle amitié doit rester éternelle, Et les restes noircis de qui fut si fidèle Sont toujours chers, toujours sacrés.

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