‹ Sentiments et souvenirs de Firmin Paris [microforme]Chapitre 42 sur 51 · DESCARTES · texte numérisé non relu

DESCARTES

Sait-on ce que c'est que l’amour, Le cher amour qui vous enivre Et vous livre Aux doux enchantements chacun à votre tour ?

C'est un tyran cruel et bête Dont personne ne se défend, De l'enfant Au vieillard décrépit dont la tombe s'apprête.

Quand il s'est emparé de vous, Il vous invente des tortures Sans mesures Et vous rend sûrement a-dents au crime et fous.

Ceux que vous n'aimez pas, la masse Dont vous êtes peu soucieux, Que vos yeux Regardent sans brilller si longtemps qu’elle passe,

Elle vous garde un souvenir Pour le regard le plus modeste, Elle en reste Vouée à votre nom, se plaît à l'en bénir ;

Elle ne brise point votre âme, Ne déchire point votre cœur, Et l’ardeur À vous nuire un instant n'éveille point sa flamme.

Mais ces anges que vous choyez

Jusqu'à noircir votre mémoire, Votre givire Leur est chère s'il faut un pavois à leurs pieds.

Osez leur montrer une trace De vos dévoüments d'autrefois, Sans émois Ils lèveront l'épaule en détournant la face.

Oui, ces anges que vous aimiez Jusqu'à ne plus craindre de leurres, Qrelques heues Jis se sont ri de vous, puis vous ont oubliés.

Même, heureux si, l'air fat ou crâne, Ts ne cherchent pas ardemment Le moment De vous donner au front le coup de pied de l’âne-

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