A MA TOMBE
© tranquille demeure Que me doit apporter Ma longue dernière heure, Dont ma main va neurter Les portes éternellles
Peut-être avant la nuit ; Alcôve, étroit réduit D'argile ou de gravellles Aux murs tristes et noirs, Où, dans la paix profonde Et loin d'un bruyant monde, Le dernier de mes soirs Ma chair nauséabonde
Va si longtemps dormir, Tu seras étonnée
Qu'on m'ait pris à gémir Avec une âme née
Si pleine de franc ris
Et de chansons rieuses.
Or, gite aux noirs lambris, Aux fètides débris,
Aux froidures hideuses, Un jour, plein de soucis, Au bord d’ondes joyeuses Voici ce que je vis.
L’astre au brülant visage Sur le luisant vitrage
D'un rustique cottage Répandait des flots d’or, Et la vieille façade
A l'air triste et malade, Pour l'instant en parade Brillait comme un Thabor.
Mais quand du haut des nues Le soir redescendit
Sur les cimes touffues Soudain l’on entendit
Du sein d’un grand nuage Gronder au loin l'orage ; On vit briller l’éclair,
Et sur la vitre frêle
Un lourd torrent de grêle S'est abattu bientôt.
De son vaste sanglot
La nuit, près de se clore, Acheva le sursaut ;
Et quand la blonde aurore Au bord de son grand flot Vint éclairer encor
Du cottage d'hier
AU LARGE
La façade noircie,
Son aspect morne, amer, Sans lumière et sans vie, Attrista le regard
Et répandit dans l'âme
Un noir et froid b:ouillard ; La matinée en flamme
De ses rayons profus N'égayait déjà plus
La modeste fenêtre.
A leurs places encor,
Qui l'eüt pu reconnaitre ?
Deux vitres étaient seuies À jeter aux éteules
Leurs brillants reflets d’or !. re
C'est ainsi qu'est la vie :
Aujourd’hui similor Et demain assombrie,
Sn PRE 227
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