‹ Sentiments et souvenirs de Firmin Paris [microforme]Chapitre 49 sur 51 · A MA TOMBE · texte numérisé non relu

A MA TOMBE

© tranquille demeure Que me doit apporter Ma longue dernière heure, Dont ma main va neurter Les portes éternellles

Peut-être avant la nuit ; Alcôve, étroit réduit D'argile ou de gravellles Aux murs tristes et noirs, Où, dans la paix profonde Et loin d'un bruyant monde, Le dernier de mes soirs Ma chair nauséabonde

Va si longtemps dormir, Tu seras étonnée

Qu'on m'ait pris à gémir Avec une âme née

Si pleine de franc ris

Et de chansons rieuses.

Or, gite aux noirs lambris, Aux fètides débris,

Aux froidures hideuses, Un jour, plein de soucis, Au bord d’ondes joyeuses Voici ce que je vis.

L’astre au brülant visage Sur le luisant vitrage

D'un rustique cottage Répandait des flots d’or, Et la vieille façade

A l'air triste et malade, Pour l'instant en parade Brillait comme un Thabor.

Mais quand du haut des nues Le soir redescendit

Sur les cimes touffues Soudain l’on entendit

Du sein d’un grand nuage Gronder au loin l'orage ; On vit briller l’éclair,

Et sur la vitre frêle

Un lourd torrent de grêle S'est abattu bientôt.

De son vaste sanglot

La nuit, près de se clore, Acheva le sursaut ;

Et quand la blonde aurore Au bord de son grand flot Vint éclairer encor

Du cottage d'hier

AU LARGE

La façade noircie,

Son aspect morne, amer, Sans lumière et sans vie, Attrista le regard

Et répandit dans l'âme

Un noir et froid b:ouillard ; La matinée en flamme

De ses rayons profus N'égayait déjà plus

La modeste fenêtre.

A leurs places encor,

Qui l'eüt pu reconnaitre ?

Deux vitres étaient seuies À jeter aux éteules

Leurs brillants reflets d’or !. re

C'est ainsi qu'est la vie :

Aujourd’hui similor Et demain assombrie,

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