‹ Sentiments et souvenirs de Firmin Paris [microforme]Chapitre 7 sur 51 · V. Huco · texte numérisé non relu

V. Huco

Petite, le sais-tu ? ton cœur est un abime Où descendra bientôt la meute des regrets :

Il en est de plus doux, où même l'attrait prime ;

Mais d’autres sont cruels : ils font boire à longs traits Un fiel noir que les ans n’adoucissent jamais.

Eux, ils feront pâlir le carmin de ta joue Et méleront d'embrun l'azur de ton œil clair ;

Quiconque a traversé l’âge heureux qui t'enjoue Sent monter de son cœur plus d’un relent amer Qui lui torture l'âme et consume sa chair.

On te verra rieuse, et folâtre peut-être,

Avec des forts qui tous souffriront comme toi ; Mais tu ne tueras point le mal qui va te naître : Il sera pour toujours intronisé ton roi,

Et malgré tant d'efforts tu subiras sa loi.

Qui saurait mettre un frein à ses œuvres cruelles ? Qui retiendrait d'aller ses pâleurs à ton front ?

On croirait le tenir que pourtant tes fidèles

Le chercheraient encor de plus en plus au fond : Car l’abime du cœur, ma fille, il est profond.

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