LE PORTRAIT
re : Dans le fond des forêts votre image me suit.
sante. RACINE.
A quoi me servirait ce po:trait de Valmore Que m'apporte aujourd'hui La missive endeuillée et larmovante encore
Qu me parle de lui ?
Sachez le conserver. ce dernier qui vous reste Du jeune ange des cieux, Pour ceux qui l'ont aimé d'un amour moins céleste
Que mon cœur et mes veux.
N'est rien à ma douleur :
L'image de l'enfant est puissamment g'avée Dans mes veux et mon cœur.
| { { À Je n'en saurais que faire, et sa prompte arrivée
LA FIANCEE TRAHIE
Sa douleur profonde M'ordonne toutefois d'écarter tout le monde.
RACINE
Ne blâmez pas la pauvre fille,
Elle a pris la meilleure part ; Rien n'importe que sa famille Voie avec dépit son départ.
À vingt ans son âme est trempée Dans un océan de regrets :
Le monde l'a sitôt trompée !
S'y fierait-elle désormais ke
Mais son charme est irrésistible, Elle est belle et son cœur est doux :
Pour passer les amants au crible Qu'elle attende un peu, dites-vous.
Quand l'âme qu'un saint feu consume À bu cette averse de fiel,
Le remède à tant d'amertume
Ne se retrouve plus qu’au ciel.
Va, noble fille, au cloïtre sombre Grossir la phalange de Dieu, Y dusses-tu pleurer dans l'ombre Au souvenir de notre adieu,
Déjà libre d'humaine flamme, | Enfermes-v comme au cercueil Avec lé charme de ton âme
Le charme discret de ton œil.
Loin de Ninive et de Srdôme, Cités que guette un sort cruel, Dan.: du céleste royaume, Reste vierge et près de l'autel.
monde.
Tu vas de la sorte rejoindre
La blanche escorte de l’Agneau ; Ton bonheur n'en sera pas moindre Pour en être toujours nouveau.
S'il est des aimés de la terre
Qui hantent là ton souvenir,
Sous l'œil de notre commun Père, Demande-lui de les bénir.
Pense alors au pauvre poète
A qui dès l'enfance tu plus,
S'il chante aujourd'hui ta retraite, C'est bien lui qui t'aima le plus.