HOLLAND
Le Charme s’est choisi le vallon du Lac-\oir.
Ce séjour ne connait ni château ni manoir ; Maints ruisseaux de cristal à l'onde murmurante Inclinent vers son lac leur insensible pente,
Et, quand la fin du jour aux rayons empourprés Jette un dernier reflet sur ses flots diaprés,
Ils sont harmonieux les refrains. les ramages Dont résonnent au loin ses radieux bocages !
L'œil y voit des sentiers où bondit le chevreuil, Mais où le plomb cruel ne porte point le deuil Des coteaux émaillés, champêtres forteresses D'où les braves un jour altérés de prouesses Lanceront la vengeance au cœur de l’ennemi Des berceaux parfumés où le frais endormi Invite les amants à se jurer ensemble
De ne briser jamais le nœud qui les rassemble.
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AU LARGE 29
Là, les gais trémolos que module le soir Volent en frémissant sur l'aile du zéphire Et vont loin enchanter la vague du Lac-Noir ; Là, la vierge ingénue exhale avec délire Son amour frais et pur autant que son espoir.
O vallon du Lac-Noir, les oiseaux qui t’habitent Ont des accents plus doux que le cygne amoureux Dont Tibulle a chanté le trépas langoureux ; Et les souffles sous qui tes feuillages palpitent, Ils sont plus embaumés que l’églantier nouveau Et le lys argenté qui croît au bord de l’eau, Plus doux que les soupirs et la légère haleine Qui font pleurer au loin la harpe écolienne Que parfois on suspend aux branches de l’ormeau, Plus doux que les soupirs et la légère haleine
De l'enfant qui dort au berceau.
Tes aurores sont plus brillantes
Et tes couchants ont moins de bruit Que les déesses éclatantes
Dont les prunelles scintillantes Constellent le sein de la nuit.
Les poétiques réveries, Loin de notre tumulte et de nos indiscrets,
Parcourent sans frémir tes arches assombries, Malgré les feux du jour y respirent le frais,
Y font en nous hélant leurs demeures chéries Et nous rendent divin l’abri de tes forêt
Ah ! s’il m'était donné de voir couler ma vie
Sans chercher à chaque heure un bonheur pour autrui, Je l’abandonnerais même dès aujourd’hui,
Cette lourde existence aux labeurs asservie ù
Et j'irais conjurer le roi de ce vallon
De me laisser mourir si loin de l’aquilon, Sous ses ombrages verts qu'agite le zéphire Et dont jouit toujours son adorable empire.