LE DINER EST EN RETARD
Un salon à la campagne. La fin d'une journée d'été. Kiki-la-Doucette, Toby-Chien, dorment d'un somme peu convaincu, oreilles nerveuses, paupières obstiné^ ment serrées. Kiki-la-Doucette ouvre ses yeux presque horizontaux, couleur de raisin, et bâille d'une gueula féroce de petit dragon.
KIKI-LA-DOUCETTE, hautain.
Tu ronfles.
TOBY-CHIEN, qu! le dor ; ait pas pour devrai. Non, c'est toi.
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FF.PT DIALfjOL'ES DE uffliS
KIKI-LA-DOUCETTE Pas du tout. Moi, je fais ronron,
TOBY-CHIEN C'est la même chose.
KIKI-LA-DOUCETTE, dédaignant la discussion.
Dieu merci, non! (Un silence.) J'ai faim. On n'entend pas remuer les assiettes à côté. Estqu'il n'est pas l'heure de dîner ?
TOBY-CHIEN se lève et étire longuement ses pattes de devant, les coudes en dehors ; il bâille et darde une langue héraldique au bout frisé.
Je ne sais pas. J'ai faim.
KIKI-LA-DOUCETTE
Où est-Elle? Gomment n'es-tu pas dans ses jupes?
TOBY-CHIEN, embarrassé, mordillant ses ongles.
Elle est dans le jardin, je crois; Elle ramasse des mirabelles.