‹ Sept générations d'exécuteurs 1688-1847 (volume 2)Chapitre 16 sur 43 · LE MARQUIS DE PAVRAS · texte numérisé non relu

LE MARQUIS DE PAVRAS

(c Les délits du même genre seront punis par le même genre de peines, quels que soient le rang et Tétot des cou-* pables.

D Les délits et les crimes étant personnels, le supplice du coupable et les condamnations infamantes quelconques n'impriment aucune flétrissure à sa famille. L'honneur de ceux qui lui appartiennent n*est nullement entaché, et tous continueront d'être admissibles à toutes sortes de professions, d'emplois et de dignités.

» La confiscation des biens des condamnés ne pourra jamais être prononcée en aucun cas.

• Le corps du supplicié sera délivré à sa famille, si elle le demande. Dans tous les cas, il sera admis à la sépulture ordinaire, et il ne sera fait sur le registre aucune mention du genre de mort. »

Cette loi était la base de Tordre nouveau qui allait se compléter par rabolition de l'hérédité nobiliaire, et dès le 4 février suivant, Texécution des frères Agasse démontra que cette fois le sentiment du peuple était avec ses législateurs.

Deux jeunes gens d'une excellente famille, les frères Agasse, avaient été arrêtés et condamnés à mort pour contrefaçon et émission de faux billets de caisse.

Leur grand-père, vénérable vieillard de

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quatre-vingts ans, était alors président du dls- *trict Saint-Honoré.

Le 23 janvier, dans l'assemblée générale de ce district, M. Baron de Girons prit la parole et, mettant en pratique les généreuses intentions de la nouvelle législation, exposa les sentiments qui éloignaient le respectable président de cette réunion, et proposa d'aller lui offrir les consolations qu'un sentiment de fausse honte Tempêchait de venir chercher au milieu de ses concitoyens, unanimes à. flétrir Todieux préjugé qui couvrait une famille d'opprobre parce que quelqu'un de ses membres avait dégénéré de ses vertus.

La motion de M. de Girons fiit accueillie avec un grand enthousiasme. Une députation partit immédiatement et ramena M. Agasse accompagné d'une partie de sa famille ; d'unanimes applaudissements le saluèrent lorsqu'il prit possession du fauteuil.

Ce généreux enthousiasme alla plus loin, et l'assemblée pour donner au frère des condamnés un nouveau témoignage de sa sympathie, exprima le vœu que le jeune Agasse fût

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