‹ Sept générations d'exécuteurs 1688-1847 (volume 2)Chapitre 17 sur 43 · LE MARQUIS DE FAVBAS · texte numérisé non relu

LE MARQUIS DE FAVBAS

nommé lieutenant dans la compagnie de grenadiers du bataillon et sollicita, pour cette nomination l'agrément de M. de Lafayette, commandant général, qui, s'afisociant à Télan de ses subordonnés, voulut faire au jeune officier les honneurs d'une réception solennelle.

Les frères Agasse furent exécutés le 8 février.

Je laisse encore une fois la parole à Prudhomme. Je dte in extenso sa relation, empreinte de cette exaltation fiévreuse qui peint, mieux que je ne le saurais faire, les sentiments de l'époque à laquelle nous sommes arrivés :

a Le supplice des deux frères Agasse, dont la condamnation a donné lieu à la conduite sublime et magnanime du district Saint-Honoré, était annoncé pour le limdi 8, par des ordres donnés à tous les districts d'envoyer un fort détachement de la garde nationale sur la place de Grève.

» Ces jeunes gens, atteints et convaincus d'avoir fabriqué des effets royaux et publics, avaient été condamnés à l'amende honorable devant la Bourse et à la potence. Sur l'appel à mininiâj le Parlement les a déchargés de

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Tamende honorable à la porte de la Botirse, peine qtti était relative à leur délit, pour con* finner la sentence de mort, ce qni était bienselon les lois d'un peuple d'esclaves et de tyrans ; mais ce qui n'a aucune proportion avec la nature de leur ciime : vol d'argent et fabrication de faux billets. S'il faut que de tels crimes soient punis de mort, que reste-t-il pour punir l'assassin, le parricide, le traître à la patrie?

y> Entre neuf et dix heures du matin, l'arrêt leur a été lu : l'àlné s'est trouvé mal; le cadet a conservé toutes ses forces. « Quoi doncl s'estil écrié, nos juges n'ont donc point d'humanité? à la mort I Eh quoil Messieurs, ant-il dit aux assistants, pouvez-vous être témoins de cette scène horrible? »

» M. le Heutenant-criminel leur a adressé un discours touchant. Il avait rempli son inflexible ministère; il s'est honoré en devenant leur consolateur. Il leur a présenté surtout comme un moyen de consolation le nouveau décret de l'Assemblée nationale et la démarche du district Saint-Honoré, qui mettaient leur famille à couvert de l'injuste et sot préjugé qui acca-*

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