ÉPILOGUE
On n'y peut songer sans frémir. Notre prétendue humanité ne serait qu'un raffinement de barbarie.
La peine de mort a fait son temps. En la supprimant, on affranchira de devoirs pénibles une classe de fonctionnaires pour lesquels j'élèverai d'autant mieux la voix que j'ai cessé d'en faire partie. On rendra à Testime de leurs concitoyens des hommes qui n'en ont démérité que sous l'empire du plus illogique des préjugés. Vieillard, j'ai conservé sur ce sujet toutes les idées de ma jeunesse et de mon âge mûr. Il est absurde de faire supporter à l'exécuteur seul tout le fardeau de la répulsion qu'inspire la peine de mort.
Ce fonctionnaire est-il plus coupable que le magistrat du parquet dont le devoir a été de provoquer la condamnation et d'éclairer la conscience du jury?
Est-il plus coupable que les jurés qui , appelés à opter entre un non qui contenait la vie , et un oui qui renfermait la mort, ont dû se décider pour cette syllabe meurtrière ?
Est-il plus coupable que les membres de la