‹ Sept générations d'exécuteurs 1688-1847 (volume 5)Chapitre 18 sur 27 · DAGRON «I · texte numérisé non relu

DAGRON «I

trent-neuf ans, né à Signy-Signets , canton de la Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne), et demeurant à Paris, rue Poliveau. Cet homme avait empoisonné sa femme et son fils ; il fut condamné à mort le 26 mai; un. arrêt de la Cîour de cassation rejeta son pourvoi le 24 juin, et il fut exécuté, comme je viens de le dire, le P' juillet, sur la place de Grève, à quatre heures de relevée. C'était, à cette époque, Theure habituelle des exécutions de Paris, comme midi était celle des exécutions de province.

Le soir du supplice de Dagron, une femme vêtue de deuil vint réclamer son cadavre; c'était la sœur du supplicié. Nous nous empressâmes de déférer à ce désir, que je voyais manifester pour la première fois depuis que j'étais entré en fonctions.

L'exécution de Dagron fut la dernière que nous fîmes à Paris dans le courant de cette année 1824 ; mais nous fdmes mandés, le 14 août, àBeauvais, pour mettre à mort un jeune homme de 25 ans, appelé Louis Dupuis, condamné pour assassinat suivi de vol. U fut guillotiné sur la grande place, à midi, devant

426 MBS EXECUTIONS

un rassemblement considérable de spectateurs. Il se montra doux et résigné ; ce qui, avec sa jeunesse, atténua rhorreur inspirée par son crime et excita dans la foule un sentiment de compassion. . D'ailleurs, quelles fautes ne rachète pas une pareille expiation ?

Le 26 février de Tannée suivante (1825), nous revînmes encore à Beauvais monter Téchafaud sur la même place pour une double exécution qui se fit aussi à midi ; celle de François Morel et Jacques-Martin Couvreux, dit Cîadet Maure, condamnés à mort par la Cour d'assises de cette ville, pour avoir assassiné un curé de campagne et sa servante. La foule fut encore plus grande que pour le malheureux Dupuis ; mais, je dois le dire, elle se montra moins accessible à la pitié.

J'arrive de nouveau à un de ces criminels d'exceplion sur lesquels je suis obligé d'entrer dans des détails plus circonstanciés; c'est le 24 mars 1825 , que nous reçûmes l'ordre de prendre le lendemain à la Conciergerie, Louis- Auguste Papavoine, fournisseur d'étoffes, âgé de 41 ans, natif de Beauvais, et demeurant à

Page 1