POUZZOLE
Le golfe de Naples contient plusieurs baies, dont la première est celle de Pouzzole (Pozzuoïi).
Les antiquaires veulent que Pouzzole ait été après Cumes la ville la plus ancienne d’Italie. Ses ruines seules attestent aujourd'hui quelle fut la magnificence de cette cité, surnommée Delos Miner , eiPusiila Rcma, la petite Rome. Sa décadence date de celle de l’empire romain lui-même. iLlaric,Genseric etTotila y ont passé! On y admire encore les traces du temple d’iVuguste, le palais de Pierre de Tolède , le temple de Sérapis , le pont de Caligula , l’arc d’Àntonin le Pieux, le temple
NOTES
de Neptune, où Octave sacrifia avant la bataille d’ Action! ; le temple des Nymphes, etc.
NOTE il.
Marchons, le ciel s’abaisse , et le jour pâlissant
Le flot qui vient blanchir les restes du port Jule.
Ce port fut fondé par Auguste, pour joindre le lac Averne au lac Lucrin, qui lui-même communiquait déjà a la mer.
NOTE III
Couvre de ses flancs noirs les pointes de Misène.
Ce fut là que le Trompette d’Énée lut puni d’avoir défié un Triton de l’égaler avec sa conque.
Bayes fut jadis le rendez-vous des maîtres du monde. César et Pompée, Cicéron et Hortensius y ont eu leurs villas. Une toise de terrain à Bayes se payait aussi cher qu’un champ entier dans le reste de l’empire; mais plus lard les horribles distractions que Néron vint y chercher deshonorèrent ces lieux où les grands hommes de la république avaient médité sur 1 eternite de
NOTES
la gloire, en se livrant aux doux déiassemens de l’étude. Horace disait :
Nulius in orbe situs Bajis prælucet amœnis.
« Aucun site en attraits ne peut égaler Bayes. »
NOTE IV
Allons sur l’avenir consulter la Sybille.
Le chanoine Andrea de Jorio a écrit un itinéraire détaillé de cette excursion à la caverne de la Sybille, en suivant les traces d’Enée ; et tous les étrangers s’em pressent de faire ce voyage.
NOTE Y
Ces débris ont pour moi d’invincibles appas.
M. Delavigne lit en effet ce pèlerinage à l’antre de
la Sybille, avec un jeune peintre, M. Calais, à qui l’aspect désolé de ces lieux inspira quelques unes des idées que le poète a rendues ici dans ses vers comme l’expression la plus vraie de ses propres sensations.
NOTE VI
Ces lentisques flétris dont la feuille frissonne.
C’est un arbuste vivace : le pistaceia lentiscas de
NOTES
Linnée. Le cyclamen ou cyclame est une plante parasite de la famille des orobanches.
NOTE Y1I
C’est là que des clairons la bruyante harmonie.
Suétone nous a conservé l’histoire des derniers momens d’Auguste. Cette représentation de la victoire d’Actium ne put ranimer l’empereur, qui du reste mourut en déclarant que toute sa vie avait été un jeu de théâtre : était-il donc digne de trouver autour de son lit des amis pour battre des mains ? — En grand politique, Auguste avait intéressé la muse a sa mémoire.
NOTE VIII
Ces temples du plaisir par la mort habités.
Pendant la célébration des fêtes de Minerve à Bayes, Néron feignit de se réconcilier avec Agrippine, qui vint le trouver entre Bayes et le cap de Misène. Lorsqu elle partit pour Antium , émue encore des fausses caresses de son fils , « La mer était calme , dit Tacite , le ciel serein ; les dieux avaient voulu bter toute excuse au
parricide. «
Le naufrage préparé fut trop prompt. Agrippine,
NOTES
sauvée des flots, fut portée à sa villa ; mais Néron, à défaut de la mer, trouva pour exécuter son crime le fer d’un centurion. Ventrem feri : ce mot terrible rappelle seul tout ce qu'a de tragique la mort de cette mère , qui comprend à sa dernière heure que ses entrailles sont réellement coupables d’avoir porté le monstre qui la fait assassiner.
NOTE IX
Les roses dont Pestum avait jonché ces fêtes, etc.
Les restes d’antiquités connus sous le nom de ruines de Pestum ou Posidonia, consistent en trois temples d’une riche et magnifique architecture. Ils s’élèvent seuls dans une plaine déserte , qui s’étend l’espace de plusieurs milles de la mer aux montagnes ; tandis que ces majestueux édifices , qu’on a tort dénommer des ruines, conservent toute leur grandeur et leur beauté, on ne voit à l’entour aucun vestige de la ville dont ils faisaient l’ornement. Cette ville , qui a disparu , était une colonie de Sybaris ( Scymnus, rbo. de ser, v. 245 ), citée par les plus anciens historiens (Hérodote, t , 167 ) , et souvent célébrée par les poètes latins pour la douceur de son climat et ses bosquets de roses (Vir-
NOTES
gile , Gécrg» iv, 119; Properce, iv , o, 50; Ovide, Métam. xv , 708). Elle était, située dans la Lucanie, à vingt-deux lieues de Naples, sur la cote orientale du golfe de Salerne. Il paraît qu’elle fut détruite, vers 1080 , par la famille des Guiscardo, ducs de Calabre. Les monumens échappés au desastre lurent oubliés ; sans doute cette côte si fertile et si belle fut entièrement dépeuplée par l’Aria Cattiva, ce fléau de 1 Italie moderne ; enfin , on s’imaginait si peu qu il y eût , dans ce vaste et affreux desert , des restes précieux de l’architecture grecque, qu’aucun voyageur n’en a parlé jusqu’au milieu du dernier siècle, où le hasard les fit découvrir. Le poète anglais Rogers visita, en 1816, ces nouveaux débris de grandeur et de globe , effacés pendant près de neuf cents ans du souvenir des hommes. Il v composa une élégie dont plusieurs strophes sont de la plus grande beauté.
NOTE X
Le dernier de ces rois
Pliait sous le nom d’Alexandre.
Froceed thon name-sake of great Philip s son .
NOTES
La Harpe thine Àristotle, beckons on, etc.
1 an Diooenes.
( The âge of Bronze.')
« Poursuis, ô toi, liomonime du magnanime fils de Philippe! La Harpe, ton Aristote, te montre le chemin, etc.
« Je suis Diogène. »
NOTE XI
Vide comme Pompei, qui, du sein des ténèbres, etc.
Nous nous estimons heureux de pouvoir insérer ici une lettre écrite rapidement au crayon parmi les ruines de cette ville morte , qui sera long-temps encore une mine inépuisable pour le savant, le poète et l’artiste. À ces trois titres réunis, M. le baron Taylor pouvait bien terminer son esquisse en s’offrant pour Cicerone à l’ami qui fut le premier confident de ses impressions.
Lettre à M . Charles Nodier.
« Herculanum et Pompéï sont des objets si importans pour l’histoire de l’antiquité, que pour bien les étudier il faut y vivre, y demeurer.
NOTES
« Pour suivre une fouille très curieuse , je me suis établi dans la maison de Diomède : elle est à la porte de la ville, près de la voie des tombeaux, et si commode, que je Fai préférée aux palais qui sont près du forum. Je demeure à côté de la maison de Salluste.
« 11 faut cependant avoir trouvé les mœurs du levant agréables pour être bien dans un palais des anciens Romains. Ceci m’amène naturellement à vous dire, mon ami, ce que je vous ai répété tant de fois , c’est que les Grecs ont étendu leur civilisation dans un cercle immense, et que plus tard les Romains, maîtres du monde, ont porte partout les arts de la Grèce, sans être toujours aussi heureux que leurs devanciers.
« On a beaucoup écrit sur Pompéï, et l’on s’est souvent égaré. La cause première était le mode adopté sous l’ancien gouvernement de Naples qui ne donnait pas la liberté d’y dessiner ou d’observer long-temps , afin de réserver aux savans nommés par lui l’avantage de publier seuls le fruit de travaux aussi importants : système absurde qui produit toujours les plus graves inconvéniens. La liberté est partout nécessaire ; de ce bienfait viennent toutes les lumières , et il était bien probable que des hommes qui ne pouvaient être contredits par personne finiraient par dire des sottises, et
NOTES
c’est ce qui est arrivé. Par exemple, un savant nommé Martorelli fut employé pendant deux années à faire un mémoire énorme pour prouver que les anciens n’avaient pas connu le verre de vitre, et quinze jours après la publication de son in-folio, on découvrit une maison où il y avait des vitres à toutes les fenêtres. Il est cependant juste de dire que les anciens n’aimaient pas beaucoup les croisées : le plus communément le jour venait par la porte; mais enfin, chez les patriciens, il y avait de très belles glaces aux fenêtres, aussi transparentes que notre verre de Bohême si renommé, et les carreaux étaient joints avec des listels de bronze de bien meilleur goût que nos traverses en bois. Au reste, l’accident de ce pauvre antiquaire se renouvellera souvent , car la plupart des archéologues modernes ont le défaut d’étudier exclusivement dans les livres pour juger les monumens des siècles passés. 11 faut dire plus : il faut fouiller la terre qui a porté le peuple que vous voulez connaître, et c’est en comparant les monumens, sur le sol même, que votre esprit sera à l’abri de toutes les fausses théories et de tous les préjugés qui inondent le monde savant.
« Un voyageur de beaucoup d’esprit et de talens qui a publié des lettres sur la Morée , et un grand
nombre d’autres voyageurs qui n’ont pas la meme supériorité, trouvent extraordinaire que les constructions modernes de l’Orient soient absolument semblables a celles de Pompeï. Avec un peu de reflexicn , cette ressemblance paraîtrait toute naturelle. Tous les arts nous viennent de l’Orient; c est ce qu’on ne saurait trop répéter aux liommes qui ont le désir d etudier et de s’éclairer. Dans l’Orient, depuis le Bas-Empire, tout est resté stationnaire; la civilisation s’est portée dans le Nord où elle a donné un nouveau caractère à ses mouvemens et a sa littérature. La Fiance fait son possible pour arrêter l’expression de la société chrétienne : le temps nous prouvera si le génie des Grecs peut refleurir vers le Nord, ou si les enfans du Nord établiront leur littérature. Quant aux arts, ils ont élevé des temples dignes d’être mis en parallèle avec ce que l’antiquité a construit de plus admirable. J’oserai dire que, pour empêcher une littérature de s’élever, il ne faudrait rien moins que la chute du christianisme.
« Mais sous les portiques de l’académie, à Pom-
péï, au pied de la tribune, occupons-nous des Romains.
* Les fouilles se continuent avec persévérance et avec beaucoup d’ordre et de soins : on vient de dé
NOTES
couvrir un nouveau quartier et des thermes superbes. Dans une des salles , j’ai particulièrement remarqué trois sièges en bronze, d’une forme tout à fait inconnue, et delà plus belle conservation; sur l’un des deux était placé le squelette d’une femme dont les bras et le col étaient couverts de bijoux; en outre, des bracelets d’or, dont la forme est déjà connue ; j’ai détaché un collier qui est vraiment d’un travail miraculeux; je vous assure que nos bijoutiers les plus experts ne pourraient rien faire de plus précieux ni d’un meilleur goût. On y trouve l’industrie des bijoux mauresques que j avais examinés à Grenade, et les mêmes dessins qui ornent les parures des femmes maures et des juives de Tétuan sur la cote d’Afrique. Les bracelets, formant un seul anneau , sont particulièrement d’une ressemblance si parfaite, qu’on les croirait travaillés par le même artiste.
« La principale salle de ces thermes est couverte d’orneinens délicieux, et l’entablement est soutenu par un nombre infini de petites ligures ronde-bosses d’un caractère très original.
u II est difficile de peindre le charme que l’on éprouve à toucher ces objets sur les lieux mêmes où ils ont reposé tant de siècles, et avant que le prestige en
tu
NOTES
soit tout à fait détruit. Une
des croisées était couverte
de très belles vitres que Ton vient de faire remettre au musée de Naples. Tous les bijoux ont été portes chez le Roi ; sous peu de jours, ils seront l’objet d une ex-
position publique.
« Le nombre des ouvrages sur Pompéï est très considérable, et une académie tout entière écrit encore chaque jour sur ce sujet. Les Français, qui ont laisse partout des souvenirs , ont aussi la gloire d avoir travaillé sur cette vieille lave du Vésuve , et leurs travaux sont les plus estimes
« L’académie d’Herculanum a publié quelques volumes ; Piranesi a donné quelques feuilles detachees ; Dancora a présenté des recherches remplies d’erudition ; les Anglais, du temps dVlamilton, et surtout notre abbé de Saint-Non, ont fait des dessins et des relations curieuses; mais l’ouvrage le plus satisfaisant, sous tous les rapports, est celui de M. Mazoïs, un de nos architectes les plus distingués, et les articles de M. le comte de Clarac, témoin des fouilles faites en
* O ii montre aussi a dôme les
travaux des Français an
Forum.
NOTES
1823. Aussi, leur souvenir est-il gravé dans la mémoire des gardiens de Pompeï, et les noms de nos artistes et de nos savans français y sont prononcés avec ceux des artistes grecs et des poètes romains qui ornèrent ou habitèrent Pompéï, et honorèrent les beaux siècles de TAusonie.
« Pompéï a passé vingt siècles dans les entrailles de la terre; les nations ont passé sur son soi; ses monumens sont restés debout, et tous ses ornemens intacts. Un contemporain d Auguste, s’il revenait, pourrait dire : « Salut, ô ma patrie! ma demeure est la seule « sur la terre qui ait conservé sa forme et jusqu’aux « moindres objets de mes affections. Voici ma couche
« voici mes auteurs favoris. Mes peintures sont encore « aussi fraîches qu’au jour où un artiste ingénieux en « orna ma demeure. Parcourons la ville , allons au « theatre; je reconnais la place ou, pour la première
« fois , j applaudis aux belles scènes de Térence et « d’Euripide.
«Rome n’est qu’un vaste musée; Pompéï est une « o îiticjuite vivante . Je n ai plus qu7un désir a former,
« c’est d’être un jour ici votre Cieercne le vais au
« temple solliciter cette faveur des Dieux.
« Pompéï, 1 6 novembre. »
NOTES
Semblable aux feux mourans , aux clartés infidèles , etc.
LES MOCOLONI.
Le poète fait ici allusion a un des jeux les plus curieux du mardi-gras de Rome, les mocoloni ou mocoleth (petites bougies), qu’ on pourrait définir : le combat des éteignoirs et des lumières. Chacun, ce jour-la, doit s’armer d’un mocolo , et s’efforcer de le tenir allumé le plus long -temps possible,, malgré l’active guerre que lui déclare une multitude d’éteignoirs dirigés contre la mèche tremblante. Les gens en voiture et les gens à pied ont tous leurs mocoloni : les uns traversent rapidement la rue, et croient avoir esquivé l’instrument de ténèbres qui les attendait au passage ; mais un arlequin ou quelque autre masque s’est élancé derrière le carrosse, et, au premier détour, il atteint les mocoloni triomphans; d’autres, placés aux fenêtres ou aux balcons, élèvent et agitent avec des ciis de bravo leurs bougies, dont la flamme rouge et bleue
brille fièrement dans les hautes régions de 1 air ; mais
l’éteignoir inexorable parvient jusqu’à elle au bout
NOTES
d’une longue perche, ou descend tout à coup, suspendu à une ficelle, des croisées de l’étage supérieur. Les applaudissemens bruyans de la foule éclatent alors de toutes parts. On ne respecte ni le rang , ni le costume , ni l’équipage : le mocolo du grand seigneur comme celui du pauvre est éteint et rallumé pour être éteint de nouveau. Les accidens joyeux de cette illumination générale durent jusqu’au coup de cloche de Y Angélus . Alors toutes les lumières disparaissent à la fois : on dirait, pour emprunter à un sujet sérieux une comparaison un peu bouffonne, que soudain s’est abaissé sur Rome illuminée ce vaste éteignoîr dont l’anglais Dryden , qui descendait quelquefois aux concetti italiens, arme la main de l’Eternel dans ces vers de l’incendie de Londres:
An hollow crystal pyramid he takes ,
Of it a broad extinguisher lie makes,
And hoods the fiâmes..
(. Annus mirabilis .)
« 11 prend une pyramide creuse de cristal, en fait un large e'teignoir, et encapuchonné les flammes. »
NOTES
NOTE XIII
L'Espagne qui préféré au plus beau de ses droits , etc,
Qn feint quelquefois de ne passe souvenir que, d après les anciennes institutions du pays, la Liberté avait obtenu droit de cité dans la monarchie espagnole , bien avant que l’Angleterre fut elle-même parvenue a marcher dans les voies du gouvernement représentatif. Le despotisme de Charles-Quint et le fanatisme de l’inquisition dénaturèrent les vrais principes du gouvernement d’Espagne. En 1807, ce fut cependant cette liberté redevenue si malheureuse depuis , qui fatigua Napoléon par sa résistance; ce fut elle qui régénéra le courage castillan, et réveilla le Gid dans son monument oublié. Il est permis à un Français de regretter que, dans cette guerre mémorable, la valeur de nos soldats ait été appelée à justifier une politique injuste par des triomphes bientôt suivis de revers , lorsque le cri de l’Espagne mourant pour son indépendance eut averti l’Europe. Ce sentiment de regret avait inspiré à M. Delavigne un poëme qui ne sera jamais publie. Nous nous félicitons d’en avoir obtenu un fragment qui nous semble de nature a balancer ce que cette
NOTES
quatrième Messénienne peut, contenir d’un peu sévère pour l’Espagne actuelle.
Dans le morne sommeil d’une fièvre accablante , S’il rêve qu’un poignard se lève sur son sein , Voyez ce moribond, fort de son épouvante,
Pâle et les bras tendus pour saisir l’assassin , S’élancer frissonnant de sa couche brûlante : Ainsi la faible Espagne , à ses derniers momens , Secouant le sommeil d’une longue agonie ,
Pour écraser la tyrannie S’arracha de ses fondemens.
Le Cid! voilà le Cid, dont l’ombre désolée, Brisant son mausolée ,
Parait, le glaive en main, la douleur sur le front; Il frémit , le héros, de colère et de honte,
NOTES
Comme au jour où cherchant le comte Il perdit sa maîtresse et vengea son affront,
« Arrière , cria-t-il, guerriers dont la vaillance « Sous tant de cieux divers vengea l’honneur français « Arrière , par pitié pour trente ans de succès !
« Par respect pour ta gloire, arrière, noble France!
« Ils m’entendent du moins : je les ai vus frémir « Ces drapeaux mutiles et fiers de leurs blessuies.
« Ils empruntent des vents une voix pour gémir ,
« Et semblent murmurer de sinistres augures.
« Au récit des revers qui vous sont préparés,
« Baissez vos fers sanglans, étendards intrépides!
« O vainqueurs de Valmy, pleurez!
« Pleurez, vainqueurs des Pyramides!
« Du ciel vomissant les feux,
« Le plus brûlant des mois accourt et
vous dévore :
NOTES
« C’est peu : de notre sang des vengeurs vont éclore.
« Semblables à leurs aïeux « Dont les bras victorieux « Ont brisé dans Burgos les bannières du Maure.
g Des montagnes d’Urgel aux murs de l’Alhambra , g Pélage a réveillé nos tribus assoupies ; g Du guérillas fuyant le plomb vous atteindra , g Son stylet dans la main , le meurtre vous suivra g Sur la crête des Asturies , g Dans les gorges de la Sierra
g Ils ne sont plus ces jours où, vous prenant pour gui< g Les arts, d’un héroïque essor, g Suivaient en combattant dans des déserts arides g Les pas de Sultan juste et de Sultan bras d’or. *
* Surnoms donnes par les Arabes à Desaix et a Kleber.
NOTES
At, \JXs
« Ils ne sont plus ces jours de liberté, de gloire,
« Jours sauveurs , et par vous à jamais consacrés « Où la France abreuvait ses sillons altérés « Du sang dont Kellermann arrosait sa victoire.
« Infortunés débris de tant d'exploits passés ,
« Vous allez perdre dans nos sables « Les derniers lambeaux vénérables « Que le boulet vous a laissés.
« Arrière, étendards intrépides....
« Mais non, la charge sonne et vous obéirez :
« O vainqueurs de Valmy, pleurez!
« Pleurez, vainqueurs des Pyramides! »
NOTES
DE LA
CINQUIÈME MESSÉNIENNE
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DE LA
CINQUIÈME MESSÉNIENNE
NOTE PREMIÈRE