‹ Sept semaines en Tunisie et en AlgérieChapitre 10 sur 14 · L AURES · texte numérisé non relu

L AURES

le village noir d’El-Kantara à l’ombre des murs à demi effondrés, nous prenions le kaoua au milieu d’indigènes accroupis et silencieux.

A l’hôtel Bertrand, nous disons adieu à Ali qui regagne Biskra par le chemin de fer, non sans avoir auparavant essuyé une verte semonce de L. « Gomment ! sur le salaire convenu avec « les muletiers il retenait plus du tiers ! A quel « titre ? Lui qui exécrait les Juifs, il était plus « rapace qu’eux. Vite ! qu’il aille restituer cette « commission; nous le payons, il n’a rien à « prélever sur le salaire des muletiers », bref la scène de Tozeur recommencée.

Si la semonce ne gênait guère Ali dont la peau bronzée ne rougissait pas pour si peu, la restitution lui déplaisait fort et L... fut impuissant à l’obtenir. « Ça se fait comme ça », répétait le brave Ali, et il aurait pu ajouter : aussi bien en France que dans l’Aurès. N’avait-il pas eu la peine de nous « indiquer » muletiers et mulets ? Cela ne valait-il pas le tiers des 3 fr. 50 que par jour nous coûtaient l’homme et la bête ? C’est le commerce et il fallait être bien jeune pour s’en indigner, inutilement du reste.

Page 1