CHAPITRE Y
CONSTANTINE
Constantine est une citadelle naturelle, aussi n’est-il pas surprenant que les premiers habitants de l’Afrique aient songé à s’en faire un refuge ; on fait remonter son origine à Afrikieh, un contemporain des rois pasteurs de l’Egypte. Cirta fut la capitale du royaume numide de Syphax et joua un rôle important dans les guerres de Jugurtha; c’est dans ses murs que la fille d’Asdrubal, Sophonisbe, s’empoisonna pour que Massinissa, son mari, ne la livrât pas à Scipion, épisode qui a fourni à Voltaire le sujet d’une de ses plus assommantes tragédies. Sous la domination romaine l’importance de la ville augmenta encore ; détruite par les Vandales, elle fut relevée par Constantin qui lui donna son nom. Occupée par les Arabes qui l’appelèrent Belad el Haoua, cité de l’air elle fut, après une tentative malheureuse faite en 1836, emportée l’année suivante par le géné-
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rai Valée, après un assaut terrible et une lutte effroyable de maisons à maisons.
Constantine est bâtie sur un rocher qui ne se rattache à la terre que par un isthme étroit. Le Rummel a sur deux côtés creusé à la ville un fossé à pic de 150 mètres de profondeur, aussi Constantine apparait-elle d'une manière impressionnante avec ses maisons jaunes en amphithéâtre sur le plateau incliné dont les pentes se perdent dans la fissure du Rummel, mais dès ce premier coup d’œil, on voit que la civilisation européenne a déjà transformé la vieille cité numide.
La gare est en face de la ville, séparée d’elle par le Rummel que franchit un large pont en fer de 127 mètres de longueur, le pont d’El- Kantara. Il remplace celui qui s’écroula en 1857 et s’appuie sur les piles du pont que les Romains avaient jeté au même endroit, mais beaucoup plus bas, au point où les deux lèvres du ravin se resserrent.
Du pont d’El-Kantara, le spectacle est grandiose sur l’abîme ouvert à vos pieds. Tout au fond, le Rummel bouillonne. De chaque côté, les rochers tombent à pic, surplombant parfois, et laissant à peine quelques buissons s’accrocher dans leurs anfractuosités.
Le site ressemble à celui de Ronda dans les montagnes grenadines, mais la fissure au fond de laquelle coule le Rummel est autrement
étroite que la gorge du Guadalevin et dans un concours Gonstantine emporterait le prix.
Le pont traversé, vous êtes dans la ville. Lors de la conquête française, les rues de Constantine formaient « un réseau inextricable dont le « nœud était auprès de la porte du pont. Les « autres rues, dit un récit du temps, pour la « plupart perpendiculaires à l’artère principale « qui suit la crête du terrain sur lequel la ville « est assise, sont en pente rapide ; elles se joi- « gnent et se séparent, se perdent et se retrou- « vent et semblent disposées exprès pour faire « le désespoir de celui qui est obligé de les « parcourir. » Les vainqueurs se hâtèrent de percer des trouées dans ce dédale si favorable aux insurrections, et une large rue, la rue Nationale, joignit le pont d’El-Kantara à la place de Nemours. Cette place est aussi nommée place de la Brèche, parce qu’elle occupe l’emplacement où dans le rempart aujourd’hui démoli fut ouverte la brèche par laquelle le 30 octobre 1837 nos soldats pénétrèrent dans la ville.
La rue Nationale, qui offre une superbe échappée sur le gouffre du Rummel, est la rue élégante de Gonstantine. Bordée de magasins et de cafés, elle concentre la plus grande partie de l’activité commerciale de la ville, mais aucun monument ne l’embellit car je n’appelle pas monument la pauvre et neuve façade de la grande mosquée.
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C’est sur la place de Nemours que sont le théâtre, le marché et les principaux hôtels ; c’est le point le plus animé de Constantine et il en deviendra bientôt le centre car des travaux considérables sont en cours d'exécution pour raser la butte du Coudiat Aty où pendant le siège étaient établies nos batteries et pour, avec ses déblais, élargir l’isthme qui rejoint la ville à la terre.
Nul doute qu’une nouvelle ville ne s’éditie rapidement vis-à-vis de l’ancienne sur les terrains aplanis du Coudiat Aty.
En attendant, l’isthme, déjà beaucoup élargi, est planté de jolis squares dont l’un renferme la statue du maréchal Yalée, le vainqueur de Constantine et l’autre un certain nombre de fragments romains, seuls souvenirs que Cirta ait conservés de ses anciens maîtres.
Les monuments de Constantine sont peu nombreux ; le théâtre et la préfecture ne valent pas plus qu’une citation, et des églises deux seulement, l’une musulmane, l’autre chrétienne, méritent une visite.
La première est la mosquée de Salah-Bey, restaurée depuis l’occupation française ; on verra avec plaisir ses colonnes de marbre et son coquet mimbar ciselé par des esclaves italiens. La cathédrale est aussi une mosquée à peine transformée qui a gardé ses arcades mauresques aux stucs ivoirés, ses murs lambrissés
de faïences et jusqu'à son mihrab brodé d’inscriptions coraniques, dans lequel un Sacré Cœur de la place Saint-Sulpice montre son viscère sanglant sur une robe bleue semée d’étoiles.
Est-ce là de la bonne politique ? Si les indigènes sont aussi religieux qu'on le prétend, cette substitution opérée par le vainqueur doit les blesser cruellement. Il eût été facile de construire une église chrétienne et de laisser la mosquée à Mahomet.
Le seul édifice vraiment curieux de la ville est le palais d’Hadj-Ahmed, le dernier bey. Ce palais est moderne et n’a été construit que lorsque, délivré par la prise d'Alger du contrôle du dey son suzerain, Hadj -Ahmed put sans contrainte se livrer à ses fantaisies. C’était un effroyable bandit que ce dernier potentat turc. Il égorgea, mutila, massacra je ne sais combien de ses sujets et de ses femmes. Il fit clouer la main de l’une d'elles à l'arbre où elle avait cueilli une orange ; une autre qui avait mal parlé de lui eut les lèvres cousues et fut enterrée vive. Exécré de tous pour sa férocité, il redoubla de cruauté afin d'épouvanter les mécontents. Sa mère elle-même ne fut pas à l’abri de ses soupçons. On pense bien qu'un tel homme ne se gêna guère pour prendre où bon lui sembla le terrain et les matériaux de son palais. Les plus riches indigènes durent céder leurs
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faïences, leurs colonnes, leurs portes sculptées et qui hésitait était jeté en prison s’il n’était pas mis à mort.
Ce palais, fruit de tant d’exactions, ne fut terminé qu’en 1835, deux ans avant l’entrée des Français.
Gomme à l’Alhambra, ce modèle de tous les palais arabes, chaque cour, chaque patio pour me servir du terme espagnol, forme avec les bâtiments qui l’entourent un ensemble complet.
De gracieuses galeries superposées permettaient aux trois cent quatre-vingt-dix femmes légitimes et illégitimes du bey de venir respirer l’air du soir et d’assister aux fêtes que leur donnait leur maître.
Ces cours, plantées d’orangers, de grenadiers, de myrtes, parfumées de fleurs, sont tout à fait charmantes et rien n’est plus joli que les galeries dallées de marbre blanc qui les entourent. Des colonnes de toutes sortes, les unes cannelées, les autres lisses, les unes torses, les autres carrées, en soutiennent les arceaux légers et sveltes, et sous les plafonds aux solives peintes s’ouvrent les portes finement menuisées qui conduisaient aux appartements.
Ce palais, aujourd’hui occupé par divers services militaires, est bien supérieur au Dar-el- Bey de Tunis, et la salle du trône comme le salon du premier étage peuvent être cités parmi
les œuvres les plus exquises et les plus élégantes de Fart arabe.
Au rez-de-chaussée, les galeries de la première cour offrent l’exemple d’un art tout différent.
Elles sont décorées de fresques représentant ou plutôt voulant représenter diverses villes.
Impossible de rien voir de plus enfantin: ce sont des citadelles étranges, rouges, bleues, jaunes, laissant passer aux embrasures de leurs sept ou huit étages des canons gigantesques et fantastiques, des drapeaux où la ville entière pourrait s’ensevelir, de minuscules jardins où volent des oiseaux plus gros que les maisons, une mer vert-pomme où nagent des choses qui à volonté peuvent être des têtards, des vaisseaux, des grenouilles ou des chaloupes; toute l’œuvre enfin est d’une fantaisie qui recule les limites connues.
D’après une tradition, ces fresques ont été peintes par un esclave chrétien, un cordonnier à qui, sous peine de vingt-cinq coups de fouet, le terrible bey ordonna de décorer la galerie.
« Le malheureux se mit à brosser sur les « murs des images représentant des arbres, des « bateaux, des canons, comme en ferait un « enfant à l’école quant il dessine des bons- « hommes.il enlumina tout cela à sa manière « et il attendit la visite du maître dans une
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« anxiété horrible, s’attendant à ce qu’il dou- « blerait la dose des coups de fouet pour le « punir de s’être permis une aussi mauvaise « plaisanterie. Le maître parut émerveillé, des « encouragements furent donnés à l’artiste « qui termina son œuvre et reçut pour prix la < liberté
« On ajoute que le bey disait à ses familiers : « Ce chien de chrétien voulait me tromper, mais «je savais bien, moi, que tous les Français « savaient peindre. »
Eh bien ! le bey avait raison. Par quel miracle, je ne sais, mais ces fresques puériles aux couleurs heurtées sont d’un joli effet décoratif et j’en connais plus d’une à Paris, chef-d’œuvre au dire des connaisseurs, auxquelles en mon for intérieur je préfère les barbouillages du brave cordonnier.
En somme, à l’exception de ce palais, il n’y a pas de monuments à Gonstantine et on y chercherait en vain les « ruines antiques très « précieuses » signalées par Bouillet dans son dictionnaire de géographie.
La gloire de la ville, c’est son extraordinaire situation, c’est la gorge grandiose du Rummel. Un sentier long de près de trois kilomètres, dit « chemin des touristes », souvent suspendu au roc par des crampons comme dans certaines gorges de Suisse, permet de la parcourir en son entier, depuis le pont du Diable auprès de
la place de Nemours jusqu'au débouché dans la plaine au-dessous de la Kasba.
Le parcours est merveilleux, inoubliable. D’abord c’est la pointe de Sidi-Rached hérissée encore de fortifications antiques, puis subitement le ravin se rétrécit et au loin vous apercevez l’arche d’El-Kantara.
A gauche, près d’un pont naturel, au fond de l’abîme, au milieu de cascades, des piscines romaines. Vous suivez le Rummel et de plus en plus les bords du précipice s’élèvent et se rapprochent en surplombant parfois de plus de dix mètres sur votre tête.
Les rochers se dressent sombres, abrupts, formidables et à peine, le cou tordu, pouvez-vous découvrir au sommet quelques maisons de la ville penchées sur le bord du gouffre où tournoient des corbeaux et des vautours. « Partout « les corbeaux fientent sur les gens ; à Constance tine, les gens fientent sur les corbeaux. » Le dicton est trivial, mais rigoureusement exact.
Sous le pont d’El-Kantara, aérien et léger, où les hommes et les voitures qui passent semblent si petits, points noirs sur le ciel, vous franchissez les restes de l’arche romaine, dont les piliers massifs se confondent avec le roc, puis soudain plus rien, le torrent s’est englouti sous terre. Un escalier creusé dans l’intérieur du rocher vous permet de le retrouver vingt mètres plus bas et alors le spectacle devient féerie.
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Aucune gorge suisse, pas même les plus célèbres, Trient, Pfæffers, Meiringen, ne peut montrer ces trois ponts successifs, arches naturelles démesurées, énormes, dont les tabliers laissent tomber des cascades, arcs de triomphe colossaux tels que l'homme n'en a jamais rêvés. Au sortir de la dernière voûte, à l'angle nord de la ville, tout au faîte de rochers plus hauts, plus verticaux que jamais, vous entrevoyez les murs de la Kasba.
Le roc forme là une muraille absolument droite de cent cinquante mètres. C'est cependant par là que les derniers défenseurs de la ville et un grand nombre de femmes et d'enfants terrifiés, affolés, tentèrent d’échapper aux soldats qui, croyaient-ils, allaient les massacrer.
Les cordes se brisèrent et les fugitifs allèrent s'entasser au fond de l'abîme dans une bouillie sanglante, aux pieds des vainqueurs impuissants à les secourir et frémissants d’horreur.
Après la pointe de la Kasba, les rochers se desserrent, le défilé s’ouvre, et le Rummel se précipite dans la plaine. Ce sont les cascades des moulins Lavie, le plus souvent insignifiantes, mais le 16 mars, grossi par les pluies tombées les jours précédents, le Rummel roulait un volume d'eau très suffisant, non seulement pour entraîner les immondices dont l’odeur gâte ordinairement l'admiration des touristes, mais
encore pour former une belle nappe d'eau bondissante.
En revenant par le même chemin pour l’admirer encore une fois, nous remarquons sous le pont d’El-Kantara une plaque de marbre avec cette inscription en lettres d'or : « Frédéric « Rémès à Émile Loubet, président de la Répu- « blique française pour perpétuer son voyage « en Algérie et son passage dans ces gorges « célèbres, accompagné de Maruéj ouïs, ministre « des Travaux publics, le 24 avril 1903. »
Ainsi, de tant de héros, de tant de rois, de tant de personnages fameux qui depuis deux mille ans ont traversé ces gorges les seuls dont la présence sera « perpétuée » seront le président de la République et le sieur Maruéj ouïs ! — Qui mieux est, ces deux illustrations ne sont même pas descendues ici, la plaque ment ; l’ingénieur Rémès escomptait une visite qui n’a pas eu lieu ; ni Loubet ni Maruéjouls, ô désespoir ! ne sont venus! Espérons pour M. Rémès que la croix à laquelle lui donnaient un incontestable droit de si belles lettres d'or, ne lui a pourtant pas fait défaut !
Bien que le dédale des rues arabes de Constantine ait été coupé par de larges voies, il en reste encore des lambeaux intéressants. Celui qui descend de la place de Nemours jusqu’à la pointe de Sidi-Rached d’où jadis on précipitait dans le Rummel les femmes adultères est très
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curieux surtout le soir, et, dit un guide local, « l’étranger aurait tort de s’arrêter aux côtés « répugnants des tableaux extrêmement pitto- « resques déroulés sous ses yeux. »
Il est de fait que ces rues escarpées dont l’une est à juste titre nommée rue de l’Échelle, ces ruelles qui se croisent et s’entremêlent ne sont pas précisément recommandables le soir aux promenades des jeunes filles ; la débauche indigène s’y étale avec cette naïve liberté qui nous étonne. L’Arabe n’a pas sur ce point, sur aucun du reste, les mêmes idées que nous et tel homme grave à barbe grise ne se gênera nullement pour aller devant tous à ces faciles conquêtes.
Inutile de dire que les jeunes gens se gênent encore moins, aussi y a-t-il foule devant les maisons dont les portes ouvertes laissent voir les beautés tentatrices et les fenêtres grillées derrière lesquelles les Phrynés indigènes dévoilent leurs charmes, et nombre d’amateurs franchissent les seuils hospitaliers.
A chaque pas dans les cafés derrière les portières à demi soulevées, au milieu de la fumée des pipes, devant les indigènes subitement tirés de leur rêve perpétuel, les musettes pleurent, les tambours battent, les femmes chantent, les darboukas résonnent, les rires éclatent, tandis que lentement à travers la foule bruyante et excitée, monte et descend interminablement
l’impassible patrouille des turcos qui, fusil à l’épaule, baïonnette au canon, veillent au « bon ordre » et à la police de la rue.
Tout cela forme pour employer l’expression du guide, « des tableaux extrêmement pittoresques » mais d’un pittoresque hasardé et très spécial.
Le jour, ces rues reprennent un aspect paisible et il n’est pas jusqu’à ces fenêtres garnies de barreaux, ces vasistas grillés, qui n’aient un air presque honnête.
Les autres rues indigènes de Constantine renferment des souks qui ne peuvent être comparés à ceux de Tunis etL... revient bredouille de sa chasse perpétuelle aux bijoux, mais nous voyons avec plaisir que là, comme en Tunisie, les Arabes ont conservé la recette de l’excellent kaoua.
Pourquoi n’en trouve-t-on pas à Paris? Qu’un cafetier des boulevards engage un Arabe expert, que du dehors on le voie faire sa petite cuisine, chauffer ses minuscules casseroles de cuivre dans la cendre brûlante, et je me trompe fort si beaucoup de Parisiens ne préféreront pas à leur eau brune le succulent kaoua turc ; j’en connais plusieurs qui n’hésiteraient pas. Mais le kaoua ne souffre pas la médiocrité et il exige un café de premier choix qui n’ait pas subi les manutentions stupides de nos épiciers et perdu tout son arôme dans le brûlage en plein air.
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Non loin d'un rocher où furent torturés je ne sais plus quels saints et que pour cela on nomme le rocher des Martyrs, au pied de l'immense talus que les wagons viennent incessamment augmenter avec les déblais du Coudiat Aty, de misérables bédouins, les Ramessès, sont depuis un temps immémorial établis dans des baraques sans nom. C’est la rue de Lappe et la Butte-aux Cailles constantinoises, le coin des ferrailleurs et des chiffonniers, et pour savoir à quel point peuvent être répugnants et saïes un être humain et son habitation il faut avoir vu le village desRamessès.
M. Baraudon, il y a une dizaine d’années, en traçait une esquisse peu flattée, mais exacte. « C’est, dit-il, moins une agglomération d’êtres « humains que de bêtes innomées, quelque « chose d’informe, de sale et par dessus tout « de puant, une vaste ordure s’étalant libre- « ment au grand soleil d’Afrique. Les cabanes « alignées sur plusieurs rangs sont faites en « pierrailles sèches ou en planches mal jointes « que recouvrent des écorces d’arbres et des « morceaux de fer blanc sur lesquels, par « crainte du vent, on a placé de grosses pierres. « Des linges souillés comme s'ils avaient servi « à panser des ulcères sèchent au-dessus et « plus loin, attachés ensemble à une corde, des « chevaux, des ânes, des chameaux mangent « une herbe qui est un véritable fumier. »
Ce hameau va disparaître sous le remblai ; le plus enragé amateur de couleur locale ne saurait lui donner un regret.
Les environs de Gonstantine sont montagneux et des boulevards qui montent à la Kasba on voit toute une région bouleversée, dominée à l'ouest par quelques sommets dont le plus élevé le Msid-Aïcha atteint près de quinze cents mètres.
Toutes ces montagnes rugueuses sont semées de ruines romaines, creusées de grottes et fendues de gorges qui rappellent celles du Rummel, mais à moins de faire comme un jeune homme qui venu, me disait-il, en Algérie pour quinze jours y resta huit mois, force nous est bien de modérer nos désirs.