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Plaie du cuir chevelu avec projectile inclus au niveau de la
‘région occipitale gauche.
Intervention. — Débridement. Excision du trajet et extrac-
: tion du projectile.
Pas de lésions osseuses. Suture.
29 août. — Malgré cette blessure insignifiante et cette opé-
ration minime la température monte à 4o°8, aussi fait-on
Sauter un point de suture qui donne issue à du pus.
30 août. — 40°6-4008. On enlève tous les points desuture.
Visage vultueux. Sueurs abondantes. Aucun symptôme tho-
.racique ni abdominal mais deux selles diarrhéiques.
En présence de ces symptômes on pratique une hémocul-
ture et l'examen du pus au niveau de la plaie : streptocoque.
1e" septembre. — La température qui était descendue la veille remonte à 4r degrés. Le blessé a des sueurs abon-
dantes. Le pouls est à 110, bien frappé. Le visage est vul-
‘tueux. Aucun signe de localisation viscérale. En présence
de la gravité de cet état général avec septicémie on pratique
un abcès terébentine tea maccaleire au niveau de la face
externe de la cuisse gauche.
. Du 3 au 11 septembre. — Oscillations thermiques de 38 à
-Go degrés. Rougeur et empâtement de la nuque du côté
gauche consécutifs à une réaction ganglionnaire puis diminution de cet empâtement. La petite plaie du cuir chevelu
continue à suppurer. Re
Dix centimètres cubes d’électrargol quotidiens pendant
cette période.
Du 12 au 24 septembre. — Sérothérapie antistreptococcique. Pendant cette période le blessé reçoit 200 centimètres cubes de sérum sous-cutané. Malgré cette thérapeutique Ja température monte tous les soirs aux environs de 39 degrés. Aucun signe de localisation, ‘empâtement de la cuisse au niveau de l’abcès térébenthiné mais pas de fluctuation.
Amaigrissement notable.
La peau sèche desquame abondamment. Pommettes rouges . Œdème fugace au niveau de la partie inférieure du bras gauche. \
Deux hémocullures pratiquées le 20 et le 26 septembre
sont négatives.
27 septembre. — La petite plaie du cuir chevelu ne se cicatrise pas, légère sécrétion à ce niveau. L’os paraît légèrement nécrosé dans le fond de la plaie. Trépanation comme une pièce de 2 francs. Légère ostéite de la table externe. Table-
interne normale. Aucune lésion dure-mérienne.
1*, 2, 3 octobre. — Injections quotidiennes de 4o centimètres cubes desérum antistreptococcique suivies d’une violente réaction sérique qui fait suspendre ce traitement. La température vespérale monte tous les soirs entre 39 et
4o degrés et descend le matin à 37 degrés.
4 octobre. — On incise l’abcès térébenthiné, vaste collection
intra-musculaire au niveau de la face externe de la cuisse
gauche. Streptocoque pur au niveau de cette première localisation.
Cet abcès de fixation est donc la première localisation de cette septicémie streptococcique, les œdèmes constatés au niveau du bras droit et du cou ayant été fugaces et n'ayant pas abouti à la suppuration.
12 octobre. — Ouverture d’un abcès rétro-mastoïidien gauche où l'on constate par l'examen direct et l’ensemencement du streptocoque pur.
Mais l'état général devient de plus en plus grave.
La pâleur s’accentue, les yeux se creusent, l'amaigrissement est très marqué, malgré une alimentation abondante, légère torpeur.
La température atteint ou dépasse 39 degrés tous les soirs.
L’abcès cuisse gauche suppure toujours et nécessite une contre-incision postérieure.
Aussi renonçant aux injections de sérum antistreptococcique en raison des réactions sériques, on pratique du 12 au 29 octobre, dix injections de 10 centimètres cubes de peptone selon la méthode préconisée par Nolf. Aucun abaissement thermique notable. Etat général grave mais stationnaire.
26 octobre. — Hémoculture négative.
27 octobre. — Incision de deux noupeaux abcès au niveau des aisselles à droite et à gauche. De nouveau l'examen démontre la présence de streptocoque à l'état pur.
Rien à noterau niveau du cœur mais au niveau de la base du poumon droit: diminution de la respiration, abolition des vibrations vocales, submatité. Ni égophonie, ni pecto-
riloquie. Plusieurs ponctions exploratrices restent négatives
Ars e
et l'examen radioscopique montre une diminution de l'expansion respiratoire de ce côté, cul-de-sac droit immobile, irrégularité de la voûte diaphragmatique à droite, légère obscurité pulmonaire à la base. Le foie ne déborde pas les fausses côtes.
Malgré ces abcès multiples l’état général s'améliore un peu vers la fin d'octobre, c’est-à-dire deux mois après la blessure et la température ne dépasse plus 39 degrés. La plaie du cuir chevelu se cicatrise complètement.
Du 30 octobre au 18 novembre on pratique tous les deux jours des injections d’aulo-vaccin streptococcique chauffé à 6o degrés.
Les forces augmentent, le malade engraisse et se trouve vers le 25 novembre complètement transformé. Néanmoins la température n’est pas devenue apyrétique, montant le soir à 38 degrés et si l’état général est bien meilleur le blessé ne semble pas complètement guéri, Il présente toujours de la submatité et de la diminution de la respiration à la base droite.
Fin décembre, apyrexie presque complète ; néanmoins de temps à autre la température monte à 38 degrés le soir. Le blessé est en convalescence, se lève et les symptômes observés au niveau de la base droite s’atténuent de plus en plus.
Le blessé est évacué fin janvier, ayant encore présenté
quelques poussées thermiques durant ce dernier mois.
Observations bactériologiques
Hémoculture du 30 août : Streptocoque.
Examen du pus de la plaie le 30 août. — Chaïnettes de
streptocoques et cocci prenant le Gram. En cultures :
; 40e nombreuses colonies de streptocoque, quelques colonies de staphylocoque.
Conclusions —Infectionlocalestreptococcique, septicémie streptococcique.
Hémocultures, 20 et 26 septembre: négatives.
Examen de l'abcès térébenthiné le 4 octobre. — Streptocoque pur à l'examen direct et en cultures.
Examen de l'abcès rétro-mastoïdien le 12 octobre. — Streptocoque pur, | ; : 5 Examen de l'abcès de l'aisselle le 27 octobre. — Strepto-
coque pur.
.. Plusieurs points nous paraissent particulièrement intéressants dans cette observation et nous aurons l’occasion d'y revenir dans les autres chapitres. Nous n'avons jamais observé une septicémie aussi brutale à la suite d’une plaie aussi bénigne d’ordipaire dans une région particulièrement tolérante. La longue évolution pyohémique débuta par un abcès térébenthiné, première localisation de celte septicémie. La réaction ganglionnaire arrêtée les premiers jours eut une reprise nette à la septième semaine et se termina par la suppuration. Cicatrisation tardive de la plaie au deuxième mois.
La convalescence fut extrêmement longue et au cinquième mois le blessé présentait encore de petites
poussées thermiques.
sm Ho =
Septicémies à pneumobacille de Friedlander
Nous avons eu l’occasion d'observer trois cas de septicémies à pneumobacille de Friedlander.
Ces trois observations datent de l’été ou du début de l’automme alors que les plaies étaient presque toutes infectées par le pneumobacille.
Dans deux cas (obs. VIII et IX) il s’est agi de blessures multiples par éclats d’obus. Le blessé de l’observation VII avec un état général très grave présentait des plaies de la cuisse de mauvais aspect, des plaies de la fesse avec fracture du sacrum. Le blessé de l'observation VIIL avait par contre un état général bon mais était criblé d'éclat d'obus.
L'observation IX au contraire a trait à un blessé par balle avec séton du mollet. :
Toutes ces septicémies se sont caractérisées par leur évolution rapide et leur guérison. Le blessé si grave de l’observation VIII parut hors de danger au bout de quatre jours.
Le blessé de l'observation IX a présenté, le lendemain de son opération, une poussée thermique à 39°5, puis chute de la température en lysis'et retour à la normale au bout de trois jours. Evolution des plaies tout à fait normale. |
Dans lobservation X, plaie suppurante du mollet gauche par balle, élévation thermique durant une dizaine de jours pendant laquelle nous décelons le pneumobacille de Friedlander dans le sang,