‹ Septicémies au cours de l'évolution des blessures de guerreChapitre 20 sur 35 · OBSERVATION XI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XI

Plaie de la fesse droite par éclat d'obus. — Poussée thermique cinq jours après la blessure. — Fièpre durant quatre jours. — Septicémie à tétragène.

B..., sergent.

Blessé le 4 novembre. Opéré le 5 novembre, à 4 heures du matin.

Plaie de la fesse droite par éclat d’obus.

Excision. Extraction de l'éclat à 5 centimètres dans le | grand fessier. Fils d'attente.

Le soir de l’opération, la température ne monte qu’à 38 degrés. Le lendemain, 6 novembre, apyrexie complète,

Aussi, malgré la présence de quelques caillots, fait-on une

suture retardée, facilitée d’ailleurs par la présence de fils d'attente.

7, 8 et 9 novembre. — Température normale.

10 novembre. — 39 degrés matin et soir. Plaie suppure. Un examen direct du pus prélevé à travers les points de suture montre de nombreux cocci prenant le Gram, quelques courtes chaînettes.

11 novembre. — La température monte encore, on désunit

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la plaie!et on pratique une hémoculture. Nouvel examen du pus de la plaie. Bon état général, pas de frissons.

Examen de laboratoire.— L'examen direct du pus montre de nombreux polynucléaires altérés, quelques rares phagocytes. Rares diplocoques prenant le Gram, quelques tétrades aucune chaînette, aucun bacille. ;

Sur gélose ordinaire l'ensemencement donne des colonies blanchâtres, épaisses, formées de cocci isolés et de cocci en tétrades. Ces colonies, conservées ultérieurement, ne montrent après quinze jours aucune pigmentation.

Des repiquages sur gélatine, prennent la disposition en

clou, disque blanc à la surface, filet dans la profondeur et se

58: — montrent formés de cocci prenant le Gram. Après quinze jours la gélatine n’est pas liquéfiée.

Sur bouillon cocci isolés et tétrades.

En anaérobie, gélose Veillon profonde, gros bâtonnet, non complètement déterminé, probablement perfringens.

‘ L'hémoculture faite le 11 novembre se montre positive. Cocci et tétrades prenant le Gram. |

: Des repiquages sur bouillon et gélose présentent les mêmes caractères de culture que le microbe de la plaie : formation en tétrades.

La culture sur gélose pousse en clou et celle-ci n’est pas

liquéfiée.

En résumé, septicémie à tétragène. Le microbe de l’hémoculture présentait les mêmes caractères que celui isolé de la plaie.

12 et 13 novembre. — La température reste élevée avec une légère tendance à décroître sur les jours précédents. Le 114 novembre, elle est redevenue normale. Cependant la plaie reste longtemps suppurante, petits abcès au niveau des points de suture et légères élévations thermiques.

Le blessé est évacué, le 15 décembre, complètement guéri.

En résumé, plaie musculaire des plus simples de la fesse, largement excisée el projectile extrait. Suture secondaire le lendemain de l'intervention. Mal- -gré ces conditions opératoires heureuses, le blessé -a présenté une élévation thermique du cinquième au dixième jour avec septicémie à tétragène.

Septicémies à staphylocoque

Sur l’ensemble des hémocultures pratiquées par nous, nous avons trouvé cinq fois des hémocultures positives dues au staphylocoque. |

Dans 3 cas une seule hémoculture a été faite, aussi

ne tiendrons-nous pas comme valables.ces observa- «tions, sachant comme il faut être circonspect dans l’appréciation du rôle pathogène du staphylocoque,

Les deux observations suivantes sont dues à du staphylocoque blanc qui futindiscutablement l’agent de ces septicémies mortelles, Nous l'avons trouvé, en effet, non seulement plusieurs fois dans le sang, mais il pullulait au niveau des plaies et fut la cause de complications métastatiques.

Isolés du sang, de la plaie, des abcès, aucun de ces staphylocoques ne présenta de pigmentation dans les cultures. Cette absence de pigmentation venait peut-être des milieux employés, pourtant courants, ou de la rigueur de la température nocturne, peu clémente pour les laboraloires en cam-

pagne.

. Néanmoins et malgré le scepticisme que méritent les cas de septicémies à staphylocoques blancs, ces deux observations nous paraissent à l’abri de toute critique bactériologique.

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