PRONOSTIC
Les infections générales, d’origine auriculaire, eurent et ont encore un renom de haute gravité. Cependant, de plus en plus, des observations heureuses voient le jour. Est-ce à dire que leur sévérité va diminuant? Vraisemblablement, non, mais la thérapeutique des affections auriculaires paraît aujour-
d’hui plus rationnelle.
Avant l’ère chirurgicale, on considérait la septicémie otogène comme à peu près fatale « la mort était la règle, la guérison l’exception » ( G. LAURENS). Or, les récentes statistiques donnent des chiffres relativement favorables : FRASER, en 1924, annonce 64,3 % de guérisons; SEIFERTH, sur 98 cas traités entre 1929 et 1935, donne 67 * de guérisons.
Peu d’éléments permettent d’apprécier quelle sera l’évolution d’une infection otitique. Certains cependant méritent considération :
a) Les facteurs d'âge et de terrain ont leur impor-
tance. La septicémie otogène est plus grave chez l’en-
fant et chez l’adolescent que chez l’adulte et les sujets ; âgés. Ce sont les premiers qui paient le plus lourd tribut aux maladies éruptives. Il ne faut pas oublier que, dans bien des cas, l’otite, point de départ de la septicémie, reconnaît pour cause une maladie contagieuse éruptive ou non, maladie trop souvent aner- ‘io gisante, Qu’une infection générale se développe chez È de tels sujets, elle va acquérir d’emblée une haute gravité. De même, la septicémie sera particulièrement
Le redoutable chez les sujets à foie ou reins déficients.
b) La variété du germe découvert à l’hémoculture
pourrait fournir un élément de pronostic : on connaît
la classique gravité des septicémies à streptocoque C2 hémolytique. Cependant, parmi les nombreux cas de guérison publiés depuis une vingtaine d’années, on découvre qu'il s'agissait presque toujours de septicémies dues au streptocoque hémolvytique. Est-ce l’argument de fréquence ou l’heureux effet de la thérapeutique qui expliquent ce fait? Il semble bien que lon possède dans l’association de la sérothérapie au traitement chirurgical une arme efficace contre le strep-
tocoque.
Le staphylocoque annonce une infection sévère. Jadis, on considérait les septicémies staphylococciques
comme plus bénignes qu’elles ne sont considérées
actuellement, à la suite de travaux récents (mortalité, 90 %). Cependant, les statistiques récentes sur les septicémies staphylococciques portent sur l’ensemble de ces septicémies, quel que soit leur point de départ. Et l’on sait que la notion du point d’inoculation joue son rôle dans l’appréciation de la gravité de ces formes. Une septicémie staphylococeique d’origine auriculaire apparaît beaucoup moins grave qu’une septicémie à forme érysipélatoïde, par exemple. Néanmoins, il faut toujours redouter la possibilité de formes prolongées et l’éventualité de foyers récidivants
et d'évolution interminable.
Il semble que les complications des affections auriculaires à pneumobacilles de FRIEDLANDER s’avèrent moins graves que celles qui ont le streptocoque comme agent causal, ainsi que l’ont signalé AuBin, Mourox- GUET et STELLA, en ce qui concerne les méningites tout
au moins.
Les septicémies dues à une association aéro-anaérobie sont considérées comme étant d’une extrême gravité. Cependant, GRIVOT, CAUSSE et HILAIRE ont publié une observation de septicémie à spirilles et
anaérobies associés, d'évolution bénigne.
c) On a tenté d’évaluer comme élément de pro-
nostic, la quantité de germes contenus dans 1 cm3 de
sang. Cette méthode donne des résultats très incons-
tants.
d) La localisation du foyer de thrombo-phlébite, son extension possible, sont aussi un élément de pronostic. On conçoit qu’une extension de la thrombose au sinus caverneux, par exemple, modifie considéra-
blement le pronostic.
e) Mais l’un des meilleurs arguments du pronostic reste l’allure évolutive de la septicémie. Les formes ataxo-adynamiques sont graves : la partie semble presque perdue d’avance. Au contraire, l'existence d’une collection suppurée à distance indique par elle-même une certaine résistance vitale. Le foyer secondaire semble constituer un véritable abcès de fixation spontané. Il faut le craindre aussi, car il peut être la source de nouveaux ensemencements. La cause auriculaire étant supprimée, il peut continuer à évoluer pour son propre compte et le pronostic, dès lors, est étroite-
ment lié à la localisation secondaire.
f) Ces localisations métastatiques représentent, selon leur nombre, selon leur type, des facteurs de gravité très dissemblables. De pronostic très sombre, lorsqu'elles atteignent les organes profonds, elles ont
une signification moins redoutable quand elles tou-
chent les séreuses pleurales ou articulaires et qu’elles “#0
provoquent des suppurations.
: 2 À - : - . : A È *3 g) Enfin, rappelons les classiques symptômes de. .2$ mauvais pronostic au cours de l’évolution d’un état 28) hope: È à — l’hyperpyrexie prolongée, ll persistance d’un «2 état typhoïde ou ataxo-adynamique, # : TN — l’hypothermie terminale des formes prolongées, RE. » Da L # = Ft = — l'accélération du pouls et les phénomènes de ÿ collapsus, | à — l'apparition d’un syndrome hémorragique.
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