PROS
2° Signes généraux. — Nous ne reviendrons pas sur la valeur séméiologique des signes généraux (fièvre, frissons, altération de l’état général) : envisagés plus
haut au chapitre clinique.
3° Hémoculture. — C’est le test biologique de la septicémie; l’examen direct du sang sur lame ne
donne que rarement des résultats positifs.
La technique de l’hémoculture n'offre ici rien de
particulier.
Le prélèvement doit être fait au moment d’un accès fébrile. Dans le choix du milieu il faut penser à la
possibilité de germes anaérobies.
L’hémoculiure ne donne pas toujours un résultat positif, alors même que le tableau clinique ne laisse aucun doute sur l’existence d’une septicémie. De plus, il n’est pas rare de voir une hémoculture négative s’intercaler dans une série d’hémocultures positives. Parfois, l’hémoculture renouvelée à plusieurs reprises
reste constamment négative.
On s’est demandé si ces résultats négatifs n’étaient pas dus à des causes évitables. FRIEDMANN pense que les microbes émis par le foyer peuvent être rapidement lysés et ne parvenir qu’en petit nombre ou ne pas parvenir du tout, jusqu'aux vaisseaux périphéri-
ques où l’on prélève habituellement le sang. D’où
Era
l’idée de faire ce prélèvement le plus près possible de la source microbienne. Il fut possible à cet auteur, au cours de septicémies amygdaliennes de déceler des microbes dans la veine faciale, alors que le sang jugu-
laire se montrait stérile.
D’autres auteurs ont signalé des cas analogues en ce qui concerne les septicémies otogènes : le sang prélevé au pli du coude restait stérile tandis que le sang du sinus latéral cultivait. On peut, il est vrai, élever des doutes sur la possibilité de prélever du sang au niveau du sinus latéral dans des conditions d’aseptie rigoureuse. [l ne paraît pas impossible cependant de se mettre à l’abri de toute critique, si l’on aborde le sinus en zone saine. Néanmoins, le problème reste digne d’intérêt; étant donné la difficulté qu’il y a parfois, en cas d’otite double, à déterminer le côté respensable de la septicémie; l’hémoculture comparative pratiquée sur le sang provenant des deux sinus latéraux serait d’un secours précieux. Elle éviterait, en particulier, l’erreur qui consiste à lier la jugulaire du côté opposé au foyer responsable, rendant ulté-
rieurement impossible la ligature du côté malade.