‹ Ser I. Méditations sur la religion chrétienneChapitre 35 sur 64 · Rois, liv. I, chap. iv, vers. 29 et 24. 25. (KK · texte numérisé non relu

Rois, liv. I, chap. iv, vers. 29 et 24. 25. (KK

devint un moraliste sceptique, observateur profond, mais dégoûté, de la nature et de la destinée humaines. Et le royaume ne survécut pas au roi; le peuple s'amollit et se corrompit comme le souverain; Salomon à peine mort, sa monarchie se divisa en deux royaumes rivaux et bientôt ennemis, en proie tantôt à la tyrannie, tantôt à l'anarchie, et presque toujours à la guerre. Ce n'était pas, comme jadis, une mauvaise phase passagère dans l'histoire du peuple hébreu ; c'était sa décadence qui commençait, une décadence sans retour.

Que deviendra, dans cette décadence, la loi révélée à Moïse sur le Sinaï? Est-elle destinée à tomber avec la monarchie de Salomon, ou à languir et à dépérir au milieu des luttes et des désastres de Juda et d'Israël? Tout au contraire : la foi et la loi religieuse des Hébreux non-seulement se perpétueront, mais se relèveront dans cette époque de ruine politique. Les desseins de Dieu sont au-dessus du sort des États, et les instru-

DIEU SELON LA BIBLE

ments ne leur manquent jamais : à travers les violences des rois et les défaillances du peuple, les prophètes d'Israël maintiendront l'ancienne alliance, et prépareront l'avènement de l'alliance nouvelle qui fera, du Dieu d'Israël, le Dieu du genre humain.

li° DIEU ET LES PROPHÈTES.

Un publiciste célèbre, libre penseur, et qui appartient à l'école radicale , un peu même à l'école positiviste, M. John Stuart Mill, a dit tout récemment, dans son ouvrage sur le gouvernement : « La hiérarchie égyptienne et le despotisme paternel de la Chine étaient des instruments très-propres à porter ces nations au degré de civilisation qu'elles ont atteint. Mais une fois arrivées à ce point, elles y ont fait une halte permanente , faute de liberté intellectuelle et de

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développement individuel , double condition de progrès interdite à ces peuples par les institutions mêmes qui avaient dominé leur carrière; et comme ces institutions n'ont pas disparu pour faire place à d'autres, tout progrès ultérieur a été arrêté. Un autre peuple d'Orient, bien petit et bien insignifiant à côté de ces deux-là, les Juifs, offre un exemple tout contraire. Les Juifs aussi avaient une monarchie absolue et une hiérarchie, et leurs institutions étaient d'origine sacerdotale comme celle des Hindous. Et ces institutions firent, pour eux, ce qu'elles firent pour d'autres races en Orient ; elles leur donnèrent l'ordre, l'activité industrielle et une vie nationale. Mais ni les rois ni les prêtres des Juifs n'ont exercé sur eux, comme il est arrivé chez les autres peuples d'Orient, une domination exclusive. La religion hébraïque, qui autorisait des hommes de génie et d'un grand caractère religieux à être regardés et à se regarder eux-mêmes comme

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