‹ Ser I. Méditations sur la religion chrétienneChapitre 45 sur 64 · I. Évang. selon saint Luc, chap. n , vers. 33, 40-52. (YY · texte numérisé non relu

I. Évang. selon saint Luc, chap. n , vers. 33, 40-52. (YY

toutes ces choses dans son cœur. » Profonde et touchante parole , où se révèle la mystérieuse complication de la nature humaine ! L'homme ne se résigne pas à se renfermer dans les limites et les lois actuelles du monde fini ; il aspire ailleurs; et pourtant, quand il est appelé à s'élever au-dessus de l'ordre présent et calculable de la nature, il s'étonne, il hésite, il ne sait s'il doit croire à ce surnaturel qu'il invoquait naguère et qu'il ne cessera pas d'invoquer, car, ainsi que Marie, il en conserve l'instinct dans son cœur.

Aujourd'hui, comme il y a dix-neuf siècles, c'est avec ces dispositions contradictoires de l'homme que Jésus -Christ est appelé à traiter; il est en présence de cette soif, de cette espérance du surnaturel dont l'âme humaine est possédée, et aussi en présence de toutes les objections, de tous les doutes que le surnaturel soulève dans l'esprit humain. Il faut qu'il satisfasse à l'espé-

rance et qu'il surmonte le doute. L'Évangile ouvre l'histoire de cette lutte solennelle qui a fait et qui agite encore le monde chrétien.

.1° JÉSLS-GHRIST ET SES APÔTRES.

Dès qu'il entre dans sa mission active, Jésus veut et prend des disciples, des apôtres. Il sait la puissance d'une association fondée sur la foi et l'amour. Il sait aussi que la foi et l'amour sont des vertus rares autant qu'efficaces. Il ne cherche point le nombre. Il s'entoure de quelques croyants choisis, et il vit, avec eux, dans une complète et constante intimité.

Dans cette intimité, Jésus-Christ déclare son autorité primitive et suprême: « Ce n'est pas vous

JÉSUS-CHRIST SELON L'ÉVANGILE. m

qui m'avez choisi, clit-il à ses apôtres, mais c'est moi qui vous ai choisis et qui vous ai établis, afin que vous alliez et que vous portiez du fruit1. » Mais à côté de l'autorité du maître se placent aussitôt sa tendresse confiante et le soin qu'il prend lui-même de la dignité de ses disciples: « Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait ce que son maître fait; mais je vous ai appelés mes amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j'ai entendu cle mon Père2. »

Jésus-Christ témoigne, en toute occasion, à ses apôtres la confiance qu'il leur porte et la situation supérieure dans laquelle il les a placés. Ils s'étonnent quelquefois cle son langage, surtout des nombreuses paraboles dans lesquelles, en parlant à la multitude assemblée, il enferme ses préceptes : « Pourquoi leur parles-tu par des similitudes? — Il répondit et leur dit : Parce qu'il

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