SCÈNE II PLANTKOSE, AGATHE, SÉRAPHINE, LE BARON
SÉRAPHINE, à Agathe*.
Je vous entends de ma chambre, et vous semblez fort émue... que se passe-t-il donc?
PLANTROSE.
Rien, madame, qui réclame votre présence...
Ah ! c'est vous, monsieur... je vous croyais dans les coulisses de l'Opéra.
Mouvement d'Agathe, qui regarde Plantrôse. AGATHE.
Pourquoi dans les coulisses de l'Opéra, ma mère ?
Le baron s'assied sur le canapé.
Voire mari, ma fille, saura mieux que moi vous ex|)liquer ce qu'il y faisait hier au soir aux pieds de mademoiselle Georgette.
AGATHE
Ah!
• Agathe, Plantrôse, Séraphine, le l)aron.
PLANT ROSE, à part.
Jalouse... très-bion I (llaut, froidement, en redescendant.) C'est
exact,., je suis ravi, madame, que vous preniez les devants ; car ceci me met fort cà l'aise. Monsieur le baron, j'ai le regret de vous annoncer que je ne vais plus avoir le bonheur de demeurer sous le même toil que vous !
Par exemple !
PLANTROSE.
Je quitte votre liôtcl à l'instant, pour aller loger rue Lepellelier, 22, près de l'Opdra !
AGATHE
Oh ! monsieur !
SÉRAPIIINE.
En vérité, on se demande si Ton rêve, à entendre des choses si étranges !
PLANTROSE, prenant son chapeau qu'il n posé en entrant sur le guéridon.
Moins étranges, madame, que celles auxquelles votre pruderie me condamne !
SÉRAPMINE.
C'est bi n le langage, en effet, d'un homme tout à la matière.
PLANTROSE, tranquillement.
Je suis tout à la matière !
SÉRAPIIINE.
El il faut avoir des appétits bien charnels...
PLANTROSE.
J'ai des appétits excessivement charnels!
Ah ! ma fille ! quel mari vous avez là !
PLANTROSE.
Pardon ! rectifions !.,. Quel mari elle n'a pas là !