‹ SérénusChapitre 14 sur 30 · PAUVRE AME I · texte numérisé non relu

PAUVRE AME I

Elle comprit que c'était fini.

Elle possédait en Sologne un vieux petit château : elle s'y réfugia.

Là elle vécut un an parmi la mélancolie des bois de sapins, des bruyères violettes et des étangs immobiles où saignent les couchers de soleil. Elle vécut dans les pratiques d'une dévotion mécanique et minutieuse, dans l'égrènement endormeur des rosaires, les yeux secs, froide et sans pensée. Ou plutôt elle mourut jour par jour, dune maladie de foie qu'avaient subitement aggravée ses dernières émotions.

Quand elle se vit proche de sa fin, elle pria la sœur qui la gardait d'écrire au Père Montarcy qu'elle allait mourir.

Et elle mourut en effet le lendemain

La réponse du Père arriva trop tard. EUe manquait de simplicité, mais non peut-être de sincérité :

«Mère! mère! mère! j'accours!... Tout est oublié ! ah ! j'ai bien pleuré devant Dieu, etc. . . »

Elle était signée : « Votre fieu. »

La religieuse qui reçut cette lettre crut pouvoir la décacheter, et la bonne fille en fut un peu surprise et scandalisée.

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