‹ SérénusChapitre 2 sur 30 · LES SCRUPULES DE TIMOTHÉE · texte numérisé non relu

LES SCRUPULES DE TIMOTHÉE

(^^^^iMOTHÉE passa trois heures sur le

fc"' rTîJl manuscrit de Sérénus. Le commeni^c^^j^ cément était d une écriture assez nette. Mais Timothée ne savait que le latin du peuple 5

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et la langue savante du jeune patricien lui échappait en bien des endroits. La dernière partie était peu lisible 5 et même il se trouvait que les passages où Sérénus affirmait clairement son incrédulité étaient presque indéchiffrables. Par hasard ces mots : Le préire limoihée... était austère, désintéressé, se lisaient facilement j et la fin de la phrase n'était qu hiéroglyphes.

Le vieux prêtre en restait donc aux soupçons sur le cas de Sérénus et sur sa fin païenne. Il aurait pu confier le manuscrit à un lecteur plus habile; mais, s'il désirait le mot de l'énigme, il ne craignait pas moins le scandale de la découverte. Puis, si Sérénus n'était pas mort pour le Christ, c'était à cause du Christ qu'il avait été condamné. Et peut-être avait-il eu, au moment d'expirer, une illumination subite, un éclair de

Alors Timothée songea à brûler le mystérieux écrit. Mais un scrupule, un respect de la mort le retint. Il s'agenouilla et pria quelque temps, et, ayant remis le parchemin dans son étui, il retourna au tombeau de la voie Ardéatine.

Il glissa le petit rouleau sous la tunique de Sérénus et dit tout haut :

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— Que son crime ou sa justification demeure avec lui! Son écrit le jugera. Dieu qui sondez les reins et les cœurs, je recommande mon frère à votre miséricorde.

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