‹ SérénusChapitre 27 sur 30 · LES FUNÉRAILLES DE FIRDOUSI · texte numérisé non relu

LES FUNÉRAILLES DE FIRDOUSI

Elle s'asseyait sur une chaise au chevet du mort etj tout en cousant des vêtements de pauvre, elle chantonnait, pour ne pas s'endormir, les petites chansons de Firdousi :

Nous achèterons de bien belles choses En nous promenant le long des faubourgs. Les bluets sont bleus, les roses sont roses, ie< bluets sont bleus, j'aime mes amours;

Ou bien :

Danseï, les petites jilles, Toutes en rond !

Et pendant qu'elle chantait à mi-voix, Firdousi semblait sourire dans sa barbe tressée.

La troisième nuit, Zétulbé amena avec elle sa petite sœur, une enfant de deux ans qui s'appelait Krika.

Quand la petite Krika vit le corps de Firdousi

lOO CONTES D AUTREFOIS ET DAUJOURDHUI

drapé d'or, les bras garrottés de bracelets et le visage teint de henné et d'antimoine^ elle dit d'un air d'extase :

— Oh!

Elle ajouta :

— Joli!

— Baise-le, dit Zétulbé.

— Veux bien, dit Krika.

Et cette fois, Firdousi, qui depuis deux semaines s'ennuyait dans son éternité, parut s'amuser tout à fait.

Cependant, le crime étrange de la rue des Palétuviers continuait d'occuper les imaginations. A chaque instant, on annonçait que le meurtrier avait été découvert. Et la foule, dans sa curiosité stupide, se pressait nuit et jour devant la maison du crime.

Quant aux députés des provinces, en attendant les obsèques de Firdousi, ils s'étaient répandus dans les tavernes et dans les lieux de plaisir. Ils se faisaient ramasser dans les carrefours par les gens du guet, et ils avaient complètement oublié pourquoi ils étaient venus.

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