Pratica foreiis., tit. XXV
CONDUCTIONS DIVERSES 265
et Fontanon, en annotant Mazuer, dit que c'est conforme à la jurisprudence générale.
Le bail à rente rappelle l'hostise par les circonstances où il fut formé: Celle-ci vehâit principalement du seigneur qui, n'ayant ni exploitation domaniale ni serfs, attirait sur ses tèneraents les cultivateurs de ses voisins; le bail à rente s'accorda parfaitement aux intérêts de ce seigneur quand l'hostise devint impraticable, et il fut pour le patrimoine, fief ou autre, le premier moyen de mettre en valeur les terres dont la situation ou la nature avait empêché qu'on ne le fît avec les moyens ordinaires du domaine. On a été trompé semble-t-il par une ressemblance tout extérieure, quand on y a vu une extension de la censive* devenue propriété dans la main du preneur par un progrès de celui-ci vers la libération de sa tenure'. Le progrès que le bail à rente atteste est un progrès général, progrès accompli bien plus hors de la censive que dans cette tenure. La censive avait toute sa force quand les baillées à rente se formèrent. Celles-ci supposent des vilains indépendants, des manouvriers assez fiers et assez sûrs de leur liberté pour ne la point vouloir amoindrir, assez confiants aussi dans les résultats de leur travail pour désirer d'en profiter seuls malgré toutes les chances défavorables dans lesquelles la propriété peut être jetée.