Cf. Renauldon, p
qu'eut, pour les vilains du moyen âge, un crédit ainsi constitué. On voit cependant, par le grand nombre de contrats ou de litiges qu'il occasionne, par la législation si déplorablement mobile et peu honnête relative aux prêts juifs, que tout difficile et onéreux qu'il dût être, ce crédit ne fut pas moins très recherché. On ne poiivait pas n'en avoir point besoin, en effet. La preuve, c'est qu'à côté de ces emprunts vicieux l'histoire retrouve les traces d'institutions locales attestant que la notion des avantages du prêt à l'œuvre rurale n'était pas inconnue. Telle était l'espèce de caisse du fief de Saint-Marcouf, en Normandie, fondée sur la capitalisation annuelle d'une part fixe des revenus agraires. Sur ce capital accru sans cesse, elle ouvrait, pour un intérêt uniforme, un compte aux tenanciers'. En tous cas ne faut-il pas douter que si la nécessité du prêt à intérêt fut assez ressentie, au moyen âge, pour qu'on s'y exposât avec si peu de sécurité et qu'on le payât si cher, les emprunteurs ne se soient bien trouvés, souvent, de s'abriter sous la proscription dont l'Église et la jurisprudence ne cessèrent guère de le frapper de concert.
I. M. Delisle, dans son chap. du Crédit y a amplement fait connaître cette institution d'après un acte de 1226 qui la supprime. L'argent était prêté à 33 0/0 aux tenanciers. On trouve là une des applications probablement les premières du système de crédit seigneurial, mis en pratique de nos jours en Allemagne et en Ecosse.