‹ Serfs et vilains au moyen âgeChapitre 27 sur 115 · I. Ord. de 1180, 1183, etc. « décoravimus numereUbertatis · texte numérisé non relu

I. Ord. de 1180, 1183, etc. « décoravimus numereUbertatis

féodalité se constitua, elle fut exposée aux luttes, à la guerre : il lui fallut une discipline étroite et une organisation économique stricte. Elle ne se fût pas sentie assez sûre, avec la hiérarchie indécise et le statut personnel mal délimité des derniers temps de l'administration carolingienne. Cette administration et ce statut laissaient arriver tacitement les classes asservies jusqu'aux attributs civils, presque aux privilèges des libres. Le régime seigneurial dut en conséquence associer à ce que la tradition gauloise, qu'il faisait revivre à beaucoup d'égards, comportait de servitude, tout ce que ses idées, ses nécessités sociales, ses sentiments lui permirent d'emprunter à la législation du Bas-Empire. Elle se créa le droit personnel absolu dont elle avait besoin ; elle donna ainsi naissance à un servage dont celui du moyen âge ne retint que peu de traits.

Des textes anciens se plaignent de ce que le droit servile de l'antiquité ait été ainsi ramené, tandis que les conceptions étaient déjà différentes '. Et de fait, ce qui s'était produit n'eût guère mieux valu que l'esclavage, si le principe caractéristique de l'Occident, le sentiment de la personnalité individuelle ne se fût pas réservé sa place au moyen du régime familial, et si d'ailleurs, dans la

I . Entre autres les Préambules des coutumes du monastère de la Réole, no 977, dans D. Labbe, nova. Biblioth, Manuscript, II, p. 744. — Cf. Histoire du droit jfrançais, de M. Giraud, t. II.

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