‹ Serfs et vilains au moyen âgeChapitre 38 sur 115 · LOIS DE FAMILLE ET DE POSSESSION IO · texte numérisé non relu

LOIS DE FAMILLE ET DE POSSESSION IO

La communauté se manifesta et fut régie par un chef (major, maître de communauté, chef du chanteau'). Il lui fut donné peut-être par le seigneur à l'origine; peut-être aussi Ta-t-elle toujours choisi, comme le faisaient encore les communautés du Nivernais au temps de Coquille. Non seulement ce chef la représentait vis-à-vis de la seigneurie et des tiers, il la dirigeait aussi comme le père conduit sa famille. Les coutumiers du xvi^ siècle le font assister pour cela, en tout ce qui n'est pas du domaine masculin, par une femme nommée de la même manière que lui, mais hors de sa puissance maritale ou de son autorité d'ascendant direct. Q^ie le régime des communautés de cette époque fût tout à fait le régime primitif, c'est improbable. Jusqu'à 1789, les éléments sociaux ont été modifiés par diminution d'étroitesse, plutôt que par changement dans les principes. Entre autres exemples, le personnel du servage s'est amoindri sans que les théories sur sa condition vissent rien enlever à leur absolu. Néanmoins on ne saurait prendre qu'avec mesure, comme indication de ce qui existait au moyen âge, des tableaux faits longtemps après, tels que ceux de Coquille sur les associations que formaient en son temps les serfs ou les bordiers, bourdeliers du Nivernais. Ces hordiers n'étaient plus serfs, mais vilains. Il y a donc lieu de penser que la communauté, quand elle s'installa dans les manses de la

IIO LES SERFS

villaj reçut pour chef le vïllicus ou major chargé antérieurement de diriger la culture de cette villa et d'en percevoir les revenus pour le maître. Que, par imitation, ensuite, elle-même Tait institué, rien en cela que de probable.

. Les documents manquent, pour une opinion formelle. Toutefois, on rencontre dans les textes deux ordres de inajor\ l'un bien évidemment le fonctionnaire du seigneur, son intendant, l'autre qui est beaucoup moins sous sa dépendance.

Parmi les derniers, on peut citer le major désigné au chapitre XXXVI du Capitulaire De Vïllis, et ceux tantôt serfs, tantôt colons, tantôt affranchis, tantôt simples mainmortables qui, dans le Polyptique (ïlrminon^ ou dans le Statut de Corbie^, figurent et répondent pour l'ensemble de la villa. La majorissa se trouve dans la Lex salicaK Au Cartulaire de Saint Père de Chartres, elle se présente avec des fonctions tout à fait analogues à celle de notre maîtresse de communauté au temps de Coquille ^. Des populations comme les slaves russes, dont l'état social représentait assez bien, encore récemment, celui du moyen âge féodal, faisaient régir leurs communautés familiales par un Père et une Mère électifs ; ce mode

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