I. Le Statut est dans Giraud, Hist* du droit français, t. IL
Guienne ', le grand nombre d'actes d'affranchissement enfin qui se rencontre dans l'histoire du Languedoc aux xn^ et xiii^ siècles, fournissent en cela les documents les plus affirmatifs ^
duand la communauté familiale devint le mode habituel d'existence des serfs, il y avait donc partout des personnes que leur condition civile et économique rendait parfaitement reconnaissables comme serfs, entre le petit nombre de libres que le temps comportait. Les maîtres avaient fait deux parts de leurs possessions : l'une, où ils résidaient ; l'autre, composée de leurs villœ. L'exploitation s'était divisée d'abord ainsi : dans les villœ, des serfs se trouvaient établis sous la conduite ou la responsabilité d'un intendant (villicus, major); là, chaque famille ou chaque individu en âge de faire famille était attaché juridiquement, à toujours, à une culture plus ou moins étendue, et ils s'y renouvelaient d'eux-mêmes comme le cheptel. Sur le domaine formant la résidence se trouvaient aussi, adhéraient (prœdiis adhœrebanf) des serfs dont le travail et le croît s'effectuaient autour d'elle. Un premier progrés avait procuré aux serfs certaines latitudes, un degré de responsabilité personnelle sous la condition que chaque
1. Manuscrit de fVolfenbuttel, édit. Delpit, 110843, 497, 501.
2. Voir la grande Histoire de D, Vaissctte, édit. du Mège, notamment le liv. XXVI, p. 97 ; et Mlle de Lézardière, Théorie, etc.. Preuves du t. III, p. 457.