‹ Serfs et vilains au moyen âgeChapitre 55 sur 115 · I. OUm, t. II, p. 74, les Hommes de Pierrefonds · texte numérisé non relu

I. OUm, t. II, p. 74, les Hommes de Pierrefonds

mariages, après s'être amoindries faute de production. La recherche de l'individualité civile, de la responsabilité de soi, devint aussi ardente qu'autrefois celle de l'état serf et de l'indivision. Entre le xiv« et le xvi^ siècle, la pauvreté des lieux mainmortables est reconnue par une multitude de titres, dans toutes les provinces de la France ; elle est attestée par leur texte, prise pour cause ou pour prétexte de l'affranchissement.

Tous les intérêts se trouvant ainsi d'accord, la condition vilaine envahit l'ancienne surface du servage. Les populations qui l'avaient rejetée ou refusée la rendirent nécessaire, avant même que l'on fût porté à l'établir ou qu'on le crût utile. Les héritiers des seigneuries qui s'étaient associées autrefois par les parcours et les parées pour se garantir contre la fuite des serfs, pour se rendre le servage fructueux par des mariages combinés, luttèrent d'offres libérales, on dirait d'embauchage, mettant la liberté au rabais afin de retenir, de ramener ou d'attirer sur leurs terres les serfs qui les avaient laissées ou désertées : « Attendmtes utilitatem nostram et emeftdationem c( villcB nostrx », est comme la devise de la plupart des actes d'affranchissements ruraux de cette époque. En 1347, l'archevêque de Besançon, libérant sa seigneurie (poostey) de Gy et Bucey, disait contre le servage : « Cils de morte-main négligent « de travailler en disant qu'ils travaillent pour

« autrui, et par cette cause ils gastent le lour et « ne leur chaut que lour demeurait; et se ils (c étoient certains que demouroient à lours pro- « chains ils le travailleroient et acquerroient de « -grand cuer...; le leu affranchi, li voisins, li pro- « chains et li loingtains a plus grand saultez de « cuer et de cors pour lour et pour lours hoirs « attrairont a Gy pour cause de la franchise et c( de la fôurteresse... et lours fils et lours filles et ce lours parents marieront, ce que ils ne vouloient « devant pour la main-morte...; les terres à préce sent vaquants et noii cultivées. se planteroient « et édifiroient por qoy li droits dou seignour « seroient crehuy et multipliez...'». En 1424, Philippe le Bon reprend le même thème en Bourgogne : ce ... Les hommes mainmortables de <c condition serve des villes de notre terre, cha- « tellenie et seigneurie de Faucogney, nous ayant « par plus d'une fois fait exposer la grande dimi- « nution et le petit nombre de peuple estant de c< présent ésdite ville - qu'anciennement soûlait « estre bien peuplée, et aussi la grande désolation « en quoi est et vient de jour en jour notre dite c< terre pour cause de ladite main-morte, pour ce occasion de laquelle plusieurs habitants des- « dites villes s'en sont allés demorer et marier « leurs enfants autre part en lieu franc, et n'y

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