I. Chap.XXVII, art
l68 LES SERFS
Si les manières d'être du servage gardèrent ainsi, jusqu'à une époque récente, une partie de leur empire en France, dès la seconde moitié du xv^ siècle date la perte de toute importance pour lui, en tant que condition d'une classe de personnes. D'une part l'esprit juridique, de l'autre le cours des besoins, firent poursuivre alors de réprobation ce qui subsista de la servitude personnelle. Les juristes ne cessèrent d'en appeler la destruction, les décisions judiciaires de la prononcer. Les États généraux successivement demandèrent que cette condition cessât d'exister. Dans aucun des domaines de Tétat social les personnes -ne furent plus catégorisées en libres et en serfs, -Dans le domaine des labeurs matériels en particulier, il n'y eut plus que des libres, des couchants et levants. Ce sont les « vilains ». Leurs engagements individuels permettent de distinguer entre eux des états différents, de définir en eux des espèces; mais la qualité d'individus juridiquement libres est désormais d'essence et imperdable, chez toute personne en France.
Ce qu'avaient été les vilains en tant que contemporains des serfs, ce qu'ils étaient devenus quand la condition servile se confondit dans la leur, nous avons maintenant à l'exposer