I. « Effrenata multido servîenthim » (Olim, t. II, p
plaçant toujours plus loin du théâtre des labeurs et des vicissitudes de leurs vilains, avaient perdu davantage et perdaient de plus en plus le sentiment de Téquité, celui même du pur intérêt économique. Pour ne parler que des agents deperception,deces servientesde tout rang, de ces détenteurs des meneurs offices, presque tous les documents sur lesquels repose rhistoire locale ont pour occasion les excès, les plaintes ou les tumultes dont ils étaient les auteurs ou la cause. Ce sont leurs abus que la Noblesse, et l'Eglise en tant que revêtue des privilèges nobles, ont cruellement expiés à la fin du dernier siècle.
Au reste, l'érudition ne trouve nulle part autant de redites qu'en ce qui a trait à l'exaction seigneuriale. On a cité souvent les sombres tableaux qu'en fait la Chronique du Prieur du Vigeois^ et ceux que trace si éloquemment la Lettre de Pierre de Versailles à Jean Jouvenel *; reproductions malheureusement trop légitimées du texte célèbre de Salvien. Les capitulaires de 801 et 854, tous les préambules des chartes communales et coutumières, le Roman de Rou, les Doléances des vilains de Verson dont M. Delisle a édité le texte dans les notes de son histoire des