‹ Serfs et vilains au moyen âgeChapitre 88 sur 115 · I. — Mainmortes · texte numérisé non relu

I. — Mainmortes

La déshérence hors de l'indivision familiale constitue l'attribut capital de cette conduction. On s'est trompé à son sujet en ne faisant pas attention que ce n'était point là un mode distinctif de condition civile et sociale, mais un mode économique, appliqué à l'état libre aussi bien qu'au sen^age '.Ce qui, joint à la déshérence, constitue le servage, c'est le droit de suite sur la personne en vertu de la filiation ou de faits spéciaux. Ici, la déshérence a probablement donné occasion aux termes par lesquels on désigne ces tenures et leurs tenanciers; la main était incapable de transmettre, et dès lors comme morte, tant le droit de disposer constituait juridiquement, avec la liberté de domicile, la qualité de libre. Or, dans les mainmortes vilaines il n'y a plus que les obligations convenues qui ont pour origine et pour fin la culture du tènement, obligations pouvant cesser à la volonté du tenancier suivant des règles de déguerpissement fixées par avance ^

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