I. — LA PÉBRINE
Caractères extérieurs de la maladie. — C'est à partir de 1849, commenous l'avons vu dans la partie historique, que le terrible fléau commença à faire des ravages. Les éducateurs les plus habiles voyaient périr leurs chambrées malgré les soins les plus assidus. Quelquefois une quantité considérable de graines n'éclosaient pas, ou bien les jeunes vers mouraient dans les premiers jours de leur vie ; mais le plus souvent Féclosion était bonne, et ce n'était que plus tard, et peu à peu, que la maladie exerçait ses ravages. A chaque âge, on voyait des vers languissants, prenant peu de nourriture, restant plus petits que les autres et franchissant difficilement les mues ; il en résultait une grande irrégularité dans l'éducation.
Un grand nombre de ces vers succombaient; leurs cadavres se desséchaient et se mélangeaient aux litières ; le magnanier voyait de jour en jour diminuer le nonxbre de ses vers. Quelquefois même les symptômes de la maladie ne se manifestaient qu'après la troisième ou même la quatrième mue, ce qui était une cruelle déception pour l'éducateur, qui avait conservé jusque-là de belles espérances.
Le plus souvent, à la surface de la peau des vers malades, on remarque des taches noires disséminées irrégulièrement (fig. 18), ce qui a fait donner à la maladie le nom de p^6rme (1). 11 ne faut pas confondis ces
(1) Du mot provençal pé6re, poivre, parce que les vers paraissaient comme saupoudrés de poivre.
i32 MALADIES DES VERS A SOIE.
taches avec les cicatrices des blessures que se font mutuellement les vers avec Tongle terminal des pattes antérieures.
Lorsque la maladie a été contractée assez tard, le ver arrive à faire son cocon, à se transformer en chrysalide et même en papillon. Parfois alors la chrysalide pré-