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Partie antérieure du corps de ver malade couvert

de taches de pébrine.

Taches au début. Taches prononcées.

sente une teinte noire à l'emplacement des ailes, et les papillons naissent avec les ailes recoquillées, et le duvet qui recouvre leur corps est teinté de noir, ce qui fait donner à ces papillons le nom de charbonneux.

Véritable indice de lx maladie. — Si tous les sujets qui présentent ces caractères extérieurs sont malades, un grand nombre peuvent l'être tout en ayant une apparence saine, et Pasteur a établi que tous les vers d'une chambrée pouvaient être atteints sans qu'aucun d'entre eux Taccuse extérieurement par la présence des taches à la surface de la peau.

Guérin Menneville, dès 1849, observa dans le sang des vers à soie des petits corpuscules brillants, tous identiques, de forme ovale, doués d'un mouvement spécial et à contour bien accusé, leur dimension, suivant le plus grand axe, étant de 2 à 3 millièmes de millimètres. De Filippi découvrit des corpuscules non seulement dans le sang du ver, mais dans tous les organes de la larve et du papillon. «Seulement, dit-il, c'est un produit morbide « chez la larve et un produit normal et œmtant chez le papillon. » Cette dernière opinion, qui fut partagée long-

LA PÉBRINE. in

temps parles naturalistes italiens, est absolument fausse-

Leydig reconnut la présence des mêmes corpuscules, ou autres très analogues dans le corps de plusieurs insectes et crustacés tels que : le coccus de la cochenille, les araignées, les écrevisses, etc. Ce savant, dont Balbiani a fait connaître les opinions en France, considère ces corpuscules comme des parasites et range ces organismes dans le genre Psorospermie, section des Microsporidies.

Cornalia constata que le sang des papillons malades (charbonneux, à ailes recoquillées, à abdomen gonflé) contenait des corpuscules en abondance ; mais il ne dit pas que c'est là un signe de la maladie.

Le D"^ Osimo de Padoue découvrit la présence des corpuscules dans les œufs, et le D"^ Carlo Vitadini reconnut que la proportion des œufs corpuscuieux augmentait à mesure que l'on approchait de l'époque de l'éclosion, et il proposa d'examiner les graines au microscope pour distinguer les bonnes des mauvaises. Il émit même l'opinion qu'il serait bon d'examiner non seulement les graines, mais aussi les chrysalides.

Pasteur démontra d'une façon irréfutable et définitive que la présence des corpuscules était le véritable indice et la cause de la maladie régnante. Voici les conclusions de sa note présentée le 26 juin 1865 au Comice agricole d'Alais et au mois de septembre de la même année à l'Académie des sciences :

« 1° On avait tort de chercher exclusivement le signe du mal, le corpuscule, dans les œufs ou dans les vers ; les uns et les autres pouvaient porter en eux le germe de la maladie, sans offrir de corpuscules distincts et visibles au microscope ;

« 2° Le mal se développait surtout dans les chrysalides et les papillons ; c'était là qu'il fallait le rechercher de préférence ;

« 3°. 11 devait y avoir un moyen infaillible de se procu- P. Vieil. — Sériciculture. 8

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rer une graine saine, en ayant recours à des papillons exempts de corpuscules (i). »

Recherche des corpuscules. — Leur développement. — Lorsqu'un sujet est fortement atteint de la pébrine, tous ses organes sont envahis par les corpuscules :

Les glandes soyeuses ;

Les ganglions nerveux ;

Les déjections des papillons ;

La graine, etc.

Il n'est pas nécessaire, pour rechercher les corpuscules dans un individu, de le disséquer et de placer tel ou tel tissu sous le microscope. 11 suffit de broyer dans un mortier avec quelques gouttes d'eau le corps à examiner, de placer une goutte de la bouillie obtenue sur une lamelle de verre et de la porter sous l'objectif du microscope. Si l'animal examiné est corpusculeux,le champ du microscope présentera un aspect analogue à celui de la figure 19.

Généralement ces corpuscules seront tous semblables les uns aux autres, ovoïdes et brillants et à contours bien délimités ; ce sont ceux que Pasteur appelle corpuscules adultes ou corpuscules vieux.

Si on examine des vei*s ou des chrysalides jeunes, on pourra rencontrer des corpuscules pyriformes à simple ou double membrane, avec ou sans granulins à Tintérieur. Ces granulins s'échapperont du corpuscule et donneront naissance à leur tour à un nouveau corpuscule ; ils sont donc de véritables organes reproducteurs.

On pourra rencontrer aussi des corpuscules de forme ordinaire, mais dont les extrémités présentent des sortes de vacuoles. Des cellules rondes se multipliant par segmentation et contenant des granulins entourent ces corpuscules. Quelquefois, à l'intérieur de ces cellules, on constatera la présence de corpuscules ovoïdes de dimen-

(1) Pasteur, Études sur la maladie des vers à soie, p. 55.

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sions ordinaires, mais à contour à peine accusé. Tels sont les différents aspects sous lesquels se rencontrent les corpuscules en voie de développement.

On voit plus rarement des amas de corpuscules de

Fig. 19. — Aspect du champ du microscope dans Texamen d'un ver très corpusculeux (d'après Pasteur).

forme ovale plus allongés et moins distincts que les corpuscules adultes. Us se multiplient par segmentation transversale. Lorsqu'on rencontre cette forme de multiplication différente de celle par granulins, le nombre de ces corpuscules en voie de division par scission est très considérable, et celui des corpuscules pâles et pyriformes.

quieux se multiplient par granulins, est au contraire très restreint.

Moyen de prévenir la pèbrine. — A la suite de travaux mémorables, de longues et patientes recherches, Pasteur indiqua une méthode infaillible pour produire des graines saines. 11 faut pour cela prendre les graines provenant de sujets exempts de corpuscules et éviter la contagion en cours d'éducation.

Nous ne pouvons relater ici dans tous leurs détails les nombreuses expériencees de cet illustre savant; nous allons donner seulement les principales conclusions que ses recherches lui ont permis de formuler :

1° La pébrine est éminemment contagieuse. — Pasteur, après avoir écrasé un ver corpûsculeux, enduisit des feuilles de mûrier avec le liquide obtenu et les fit consommer à des vers. Tous contractèrent la maladie et donnèrent des papillons corpûsculeux, tandis que les vers témoins qui avaient absorbé des feuilles enduites d'une bouillie non corpusculeuse donnèrent des papillons parfaitement sains.

En piquant des vers avec une aiguille préalablement trempée dans une bouillie corpusculeuse. Pasteur obtint des papillons corpûsculeux, mais ils ne le furent pas tous.

« La contagion par piqûres infectées a donc lieu, mais ■elle est moins sûre que par le canal intestinal, ce à quoi il fallait s'attendre, parce que le sang qui sort de la blesssure ne laisse pas toujours pénétrer les corpuscules que l'on cherche à inoculer (1). » C'est sans doute à cette particularité qu'il faut attribuer les insuccès de contagion par piqûre qu'ont récemment constatés plusieurs auteurs qui n'admettent pas que la contagion soit possible autrement que par le tube digestif.

Si on examine les poussières d'une magnanerie où

(1) Pasteur, Traité sur la maladie des vers à soie, 1870, p. 131.

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l'éducation a été décimée par la pébrine, on trouve une quantité énorme de corpuscules mélangés aux spores de moisissure qui se sont développées dans les litières. Si ces poussières sont apportées par le vent sur les feuilles de mûrier ou dans une magnanerie voisine, la contagion a lieu. Il est, à plus forte raison, dangereux de laisser ensemble des vers sains et des vers malades dans le même locaL

Mais la contagion ne peut en aucun cas détruire Véducation industrielle d'une graine issue de papillons sains. Si surtout la contagion est tardive, tous les vers arriveront à faire leurs cocons; mais les papillons seront corpusculeux. Cela résulte de la lenteur du premier développement des corpuscules et de la résistance à la mort qu'offrent les vers envahis par le parasite. Il n'y aura donc lieu de s'inquiéter de l'isolement parfait des éducations que lorsque les cocons seront destinés au grainage.

2° Les corpuscules vieux et secs sont des organismes caducs, incapables de se reproduire, — Si la pébrine était la seule maladie à redouter, on pourrait se dispenser de désinfecter tous les ans les magnaneries et le matériel, même dans le cas où l'éducation aurait été décimée l'année précédente.

Les débris corpusculeux de papillons morts depuis un an, les corpuscules recouvrant les graines, etc., ne peuvent transmettre la pébrine. Pasteur a constaté en effet que, six semaines après la mort de l'animal corpusculeux, les corpuscules que contient son cadavre sont incapables de se reproduire et par suite de contaminer d'autres sujets.

3° Dans les éducations atteintes de pébrine^ il est possible de trouver des sujets ne présentant aucun corpuscule.

Les graines pondues par une femelle exempte de co}puscvles, même après accouplement avec un mâle très corpusculeux, ne peuvent, dans aucun cas, donner à Véclosion un seul ver atteint de pébrine, — Il suffira donc, après l'accou-

plement, de faire pondre les femelles isolément sur des petits morceaux de toile suspendus par des fils et bien isolés. Après la ponte, on replie la femelle dans un coin (fig. 20). On emploie également de petits sachets en tarlatane ou en papier, dans lesquels la femelle est

Fig. 20. — Cellule après la ponte (la femelle est repliée dans un coin) (d'après Pasteur).

enfermée pour faire sa ponte. Ces toiles et sachets portent le nom de cellules, d'où le nom de grainage cellulaire donné à la méthode Pasteur. Les femelles sont examinées plus tard une à une; les corpuscules, s'ils existent, seront alors bien apparents sous leur forme adulte. On rejettera et brûlera toutes les graines provenant de

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sujets corpusculeux pour ne conserver que celles provenant d'individus sains. Telle est la méthode que Pasteur a indiquée pour obtenir des graines exemptes de pébrine, et il a pu affirmer que, si tout le monde appliquait sa méthode de sélection, cette terrible maladie était destinée à disparaître au bout de peu d'années.

4<» Lorsque les papillons sont corpusculeux, les œufs qui en proviennent peuvent ne pas être tous corpusculeux, — Cette découverte de Pasteur a eu une très grande importance pour la conservation de certaines races indigènes. A ce moment-là, en effet, il était très difficile de rencontrer dans la plupart des éducations de nos anciennes races un seul sujet non corpusculeux. Pour perpétuer une race. Pasteur imagina d'élever les vers isolément, c'est-à-dire de placer chaque ver dans une case spéciale pour éviter la contagion ; ceux qui n'avaient aucun germe de la maladie à leur naissance donnèrent des papillons non corpusculeux, qui furent conservés pour la reproduction.

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