‹ SéricicultureChapitre 47 sur 89 · GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS

sorte de panacée universelle. Dans telle région, les cocons blancs sont préférés; dans d'autres, les jaunes; ailleurs les croisements chinois ou japonais réussissent seuls. Sur tel marché, les gros cocons ont plus de valeur que les petits ou inversement. Le graineur doit donc étudier les races ou variétés qui conviennent le mieux à chacune des régions qu'il dessert et s'appliquer à les améliorer.

La France envoie des graines dans presque tout le monde séricicole; les graineurs doivent s'efforcer de maintenir et développer ces débouchés par la supériorité de leurs produits. Ils sont d'ailleurs favorisés par une situation unique : climat, qualité de la feuille, isolement et subdivision des éducations.

L'industrie du grainage a deux buts :

1° Produire la graine destinée à la vente et dont les cocons iront à la filature. Elle est dénommée grainti industrielle ;

2° Sélectionner les reproducteurs destinés à perpétuer l'espèce et dont la graine est dite de reproduction.

Régions de grainage. — Sont propres au grainage toutes les régions où les conditions climatériques, la qualité de la feuille, le bon soin des éleveurs sont une garantie de succès. En l'état, l'industrie du grainage est localisée dans diverses parties des départements du Var, Hautes et Basses-Alpes, Pyrénées-Orientales, Gard, Bouches-du- Rhône et Vaucluse, où les chambrées sont isolées et de peu d'importance.

La graine doit provenir d'individus sains (exempts de pébrine). ils le seront certainement s'ils proviennent eux-mêmes d'une graine exempte de corpuscules et s'ils n'ont été contaminés pendant leur vie par aucun germe de maladie. Le seul moyen de s'assurer de cet état sain des reproducteurs est leur mise en cellules et l'examen microscopique.

Les prix de vente relativement peu élevés ne permettent pas de faire toute la graine cellulairement. Pour

246 LE GRAINAGE.

fabriquer la graine industrielle plus économiquement qu'en cellules, les graine urs ont dû chercher les régions où les vers avaient le moins de chance d'être contaminés et ont choisi les parties des départements citées plus haut, qui sont des régions montagneuses, de petite culture et où les magnaneries sont situées dans des fermes très distantes les unes des autres. Ces petites éducations sont toutes réservées au grainage, faites avec des graines de reproduction, par conséquent sûrement indemnes.

D'autres régions, les Cévennes notamment, fournissent des cocons de très bonne qualité; bon nombre de magnaniers pourraient élever de petites quantités avec tous les soins requis; mais les éducations y sont nombreuses et très voisines, de sorte que la chambrée de grainage risquera fort d'être contaminée par les poussières des éducations industrielles qui l'entourent. L'infection de ces dernières n'excède souvent pas le 2 ou 3 p. 100, ce qui ne compromet pas la réussite, mais suffit à propager le mal.

Éducations en vue du grainage. — Le sériciculteurgraineur ne peut élever lui-même tous les vers nécessaires à la production des cocons dont il a besoin, surtout si l'écoulement de ses graines est de quelque importance. 11 a recours aux petits magnaniers et place ses graines dans des régions différentes par le climat, de façon à ce que les cocons n'arrivent pas tous à la fois. La sortie des papillons se trouve ainsi échelonnée. Les éducateurs reçoivent gratuitement la graine, s'engagent à l'élever à l'exclusion de toute autre et avec tous les soins voulus. Le graineur a seul le droit de visiter l'éducation ; ses instructions doivent être scrupuleusement suivies. Le contrat stipule que les cocons seront tous livrés au graineur moyennant un prix convenu d'avance ou une prime sur les cours de la filature.

Les soins à donner sont ceux indiqués plus haut pour

OPÉRATIONS PRÉLIMliNAIRES. 247

les éducations en général (Voir IV® partie), en observant très rigoureusement Tespacement ainsi que l'aération, particulièrement après la montée.

Le graineur ne saurait apporter trop d'attention pendant les visites fréquentes qu'il doit faire à ses éducations. Il doit noter exactement les dates de l'éclosion de chaque mue, de la montée et toutes les particularités remarquées. L'examen comparatif de ces différentes notes lui permettra de se rendre compte de la valeur de chacune des variétés qu'il fait élever et aussi de classer les éducations par ordre de mérite.

Page 1