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II. — OPÉRATIONS PRÉLIMINAIRES

Choix des lots. — Dès la montée, on doit éliminer les éducations ayant présenté quelque défaut grave ou des symptômes de maladie.

La pébrine ne peut être reconnue par le simple examen des vers; quelques sujets peuvent être atteints sans présenter les taches révélatrices, si surtout la contagion a été tardive. Quelques sujets tachés peuvent échapper à la vue s'ils sont rares dans une chambrée de quelque importance.

« Mais, pour être fixé d'une façon précise et certaine sur le nombre des sujets corpusculeux du lot de cocons, il faut étudier tout entier un échantillon de ce lot, choisi de la manière suivante : trois ou quatre jours avant qu'on dérame les cocons, on prélève çà et là, tant parmi les premiers montés que parmi les derniers, quelques centaines de cocons, par exemple 500 pour un lot de 40 kilogrammes ; cet échantillon est porté dans une étuve ou une chambre chaude, où l'on maintient jour et nuit une température de 30 à 35° C. et une assez forte humidité ; on accélère ainsi la formation des papillons. Pendant ce temps, les cocons du lot ne sont qu'à 20 ou 25<> G., et souvent même, pendant la

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nuit, à des iempépatures moindres ; on aura donc tout le temps de les étouffer, si le lot est rebuté, ou de les mettre ea fUane dans le cas contraire.

« De deux jours en deux jours, on prend une dizaine de chrysalides de Téchantillon, et on y recherche les corpuscules à Taide du microscope. Si Ton en aperçoit dans les huit ou vingt premiers jours, ne fût-ce qu'en nombre très faible, on peut être sûr que la proportion des papillons corpusculeux sera considérable. Quand les chrysalides sont mûres, ce qu'on reconnaît aisément à ce que les yeux deviennent noirs et les œufs plus durs à écraser sous le pilon, et aussi à ce que quelques-unes sortent à l'état de papillon, on procède à l'examen définitif. On écrase un à un les papillons sortis et les chrysalides qui restent, et on y recherche les corpuscules; le tant pour 100 qu'on trouve ainsi ne diffère pas de celui qui existera dans le lot tout entier (1). »

Si donc cet examen n'a révélé aucun sujet corpusculeux, le lot n'en contiendra pas, ou du moins en proportion tout à fait négligeable. S'il a révélé plus de 1 à 2 p. 100 de sujets corpusculeux, le lot ne devra être admis que pour le faire grainer en cellules.

Réception des cocons. — Les cocons destinés au grainage sont déramés seulement douze jours après la montée des derniers vers, de façon à ce que les chrysalides soient toutes bien formées. L'éducateur subit de ce fait une perte de poids largement compensée par le prix plus élevé qu'il retire de ses cocons. Les cocons doubles, les faibles et ceux des vers derniers montés sont mis à part par l'éducateur. Le transport s'efrectue,comme nous l'avons dit, dans des corbeilles fournies le plus souvent par le graineur.

Les cocons sont pesés dès l'arrivée ; leur poids, comparé à celui des graines distribuées, établit le rendement qui

(i) E. Maillot, Leçons sur le ver à soie du mûrier ^ p. 250.

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est noté et contribue au classement du lot. La proportion des doubles, faibles, fondus, difformes, etc., est également notée.

On étend immédiatement les cocons sur de grandes claies aménagées dans une salle, de façon que tous soient bien aérés et à Tabri des rayons du soleil. Ceux des vers derniers montés sont placés sur une claie spéciale, ou encore mieux portés à Fétouffoir avec les faibles et fondus.

Les doubles peuvent être utilisés pour le grainage, cette particularité n'étant pas héréditaire ; mais il faut les mettre à part, car leur coque étant très résistante, les papillons sortent souvent abîmés et défectueux. Il est intéressant de constater que les deux vers enfermés ensemble dans le même cocon sont presque toujours l'un mâle et l'autre femelle.

il est bien évident que l'on ne doit pas conserver pour les élevages de reproduction la graine pondue par des papillons sortis de cocons doubles, la valeur individuelle des sujets ne pouvant être constatée. 11 en est de même pour les derniers montés, si leur bonne apparence les a fait conserver, car il est à craindre que leur manque de vigueur soit transmise héréditairement.

EXAMEN DES COCONS ET CHRYSALIDES. — LcS COCOUS pCUVeut

séjourner quelques jours sur les claies, puisque, à la température ordinaire, il faut vingt et un jours à la chrysalide pour se transformer en papillon. En attendant le résultat de l'examen microscopique de l'échantillon qui est en chambre chaude, le lot est examiné attentivement, et toutes les observations relatives à la forme des cocons, à leur régularité, à leurs dimensions, à leur couleur, à la finesse de leur grain, etc., sont notées soigneusement.

On prend ensuite 100 ou 200 cocons, suivant l'importance du lot, pour en extraire les chrysalides et se rendre compte s'il n'y a pas de fondus. L'extraction de la chrysalide s'opère en fendant délicatement le cocon dans sa

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longueur au moyen d'un canif ou en enlevant le sommet aveo des ciseaux. Le nombre des fondus, des chrysalides mortes ou défectueuses, comparé au chiffre des cocons ouverts, fournit un pourcentage qui est presque exactement le même que celui du lot, si les cocons ont été pris au hasard.

11 est bon de noter également le nombre de cocons au kilogramme.

Détermination de la richesse en soie. — En somme, c'est pour en retirer la soie que l'on récolte des cocons. H est utile, pour connaître approximativement la valeur commerciale du produit obtenu, de déterminer la richesse en soie. Nous transcrirons la définition de ce terme telle qu'elle est donnée par M. Georges Coutagne, inventeur de la méthode :

« J'appelle Hchesse en soie d'un individu le rapport r du poids p de la coque au poids P du cocon ; et richesse en soie moyenne d'un lot de plusieurs cocons, le rapport du poids total des coques au poids total des cocons. Ce rapport étant variable d'un jour à l'autre, par suite de la respiration et de la transpiration de la chrysalide, il va de soi que toute détermination de ce rapport n'aura de valeur que loreque, en même temps, on connaîtra, avec une certaine exactitude, l'âge de la chrysalide, c'est-àdire le nombre de jours écoulés depuis la montée, ou à écouler encore jusqu'à l'éclosion du papillon, afin que dans toute comparaison avec d'autres individus ou d'autres lots on puisse éliminer, par des corrections convenables, l'influence de ce facteur accessoire (1). »

Pour déterminer la richesse en soie moyenne d'un lot, on pèse très exactement 30, 50 ou 400 cocons, suivant l'importance du lot, ce qui donne le poids P. On ouvre tous ces cocons de façon à en extraire les chrysalides. La peau abandonnée par le ver au moment de sa méta-

(1) G. Coutagne, p. 28.

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