OPÉRATIONS PRÉLIMINAIRES
morphose est également retirée. On s'assure qu'aucune coque n'est salie à l'intérieur, auquel cas le cocon taché serait remplacé par un autre. Le poids des coques nettes
p donne p, d'où le rapport r =: — , ou richesse soyeuse.
Le poids p (poids des coques) reste invariable ; mais le poids P (poids des cocons) varie avec l'âge de la chrysalide.
Les différents lots expérimentés ne sont pas forcément du même âge. il faut dès lors calculer ce que seraient les poids P à une date où les lots soient exactement comparables. M. Coutagne a choisi le septième jour avant l'éclosion des papillons, et il admet que les chrysalides perdent chaque jour 0,75 p. 100 de leur poids. On note donc la date de l'expérience et la date de la sortie des papillons pour chaque lot.
Supposons, par exemple, que l'on veuille comparer la richesse soyeuse des deux lots A et B :.
100 cocons du lot A pesés le 3 juillet donnent
P = 254 grammes et p = 40 grammes, 1''= ô^, ^15,7.
La sortie des papillons a eu lieu le 18 juillet. Le 11 juillet, sept jours avant l'éclosion, soit huit jours après la pesée, P se réduira à 239.
Et r corrigé =^ = 16,7.
100 cocons du lot B pesés ce même 3 juillet donnent
P=215etp = 33, r=^= 15,4.
Mais la sortie des papillons a eu lieu le 9 juillet. Il faut ramener P à ce qu'il aurait été le 2 juillet, soit 216 grammes
et r corrigée ^ = 15,2.
Les deux lots A et B, de richesse en soie presque égale le jour de la détermination 15,7 et 15,4, sont en réalité très différents: 16,7 et 15,2. Le jour de la détermination, ils n'étaient pas comparables.
252 LE CHAINAGE.
Comme le fait d'ailleurs remarqué M. Coutagne, la richesse en soie ainsi déterminée ne donne pas la valeur absolue du rendement en soie grège qui seule intéresse le fîlateur. Ce rendement dépend aussi de la structure des cocons, qui donneront plus ou moins de frisons, suivant la finesse des fils de soie et la façon dont ils ont été répartis par le ver ; il dépend également de la proportion plus ou moins grande de grès, de la façon dont ils seront filés (habileté de l'ouvrière, perfectionnement du matériel .de filature, etc.). Mais toutes ces choses égales d'ailleurs, il est certain que les cocons donneront un rendement d'autant plus grand que le rapport r (richesse en soie) sera lui-même plus élevé. C'est pour cela que nous disons que l'on peut connaître approximativement la valeur commerciale du produit par la détermination de sa richesse en soie.
D'ailleurs les praticiens un peu expérimentés peuvent se rendre compte, par l'examen attentif des cocons, de leur aptitude à dévider et des déchets plus ou moins considérables qu'ils donneront.
Triage des cocons admis au grainage. — Loi^sque les lots sont définitivement admis au grainage, un second triage est utile. Les cocons sont pour cela étendus sur des tables, et des ouvrières bien habituées à ce travail écartent les faibles, les fondus, les satinés, les safranés, les mal conformés, en un mot tous ceux qui s'éloignent notablement du type désiré et qui ont pu échapper au premier triage chez l'éducateur. La proportion de ces écarts donne une nouvelle indication sur la valeur du lot.
Destination des lots. — L'étude des diverses notes prises, soit en cours d'éducation, soit après la réception des cocons, permet de classer les lots par ordre de mérite. On donne à chacun un numéro ou une lettre pour les distinguer, et cette notation les suivra dans toutes les opérations. Les reproducteurs seront choisis uniquement parmi les lots irréprochables à tous les points
GRAINAGE INDUSTRIEL. 253
de vue. Nous décrirons plus loin les opérations de reproduction, nous occupant tout d'abord du grainage inductriel.
m. — GRAINAGE INDUSTRIEL.
Disposition des cocons. — Après le triage, les cocons doivent être placés de façon à ce que la sortie des papillons se fasse dans de bonnes conditions et que leur ramassage soit facile. Ils sont généralement disposés en filanes. Pour cela, Touvrière enfde les cocons en chapelet en les piquant au milieu de leur longueur et ayant soin de ne pas faire pénétrer Faiguille profondément afin de ne pas blesser la chrysalide.
Les cocons sont accouplés deux à deux dans la même position parallèle. Pour avoir les filanes régulières, on a eu soin de couper les lils de même longueur. Lorsqu'il ne reste plus que 15 à 20 centimètres de fil, on cesse l'enfilage, et cette extrémité libre permet de lier deux filanes ensemble. Une bonne ouvrière enfile de 1 à 2 kilogrammes par heure, suivant que le nombre des cocons au kilogramme varie de 400 à 800. Toutes les filanes sont suspendues dans la salle de grainage. Un intervalle suffisant est laissé entre chaque lot pour éviter les mélanges (fig. 37). La salle de grainage doit être bien aérée et les cocons à l'abri du soleil.
Cette disposition est favorable à l'aération égale de tous les cocons et à la sortie facile des papillons, mais exige beaucoup de main-d'œuvre. Les cocons une fois enfilés ne peuvent plus être utilisés par la filature à cause du perçage de la coque par l'aiguille. Il ne faut enfiler un lot que si tous les examens sont terminés et ont permis définitivement de l'admettre au papillonnage. D'autre part, il est pratiquement difficile d'agir ainsi, parce que plusieurs lots examinés peuvent avoir la sortie des papillons simultanée, et il y aurait encombrement dans l'atelier.
P. Vieil. — SéHciculture, i5
LE GRAINAGE.
Une autre disposition est celle des lyres. Ces appareils sont tout simplement des cadres de bois traversés dans un seul sens par des ficelles équidislantes et tendues d'un cùté à l'autre. Les cocons sont introduits un
Fig. 37. — Cocons en filanes dans une salle de grainage, d'après photograpliie.
à un entre les deux ficelles dont la tension les maintient par le milieu. Il va de soi que les cocons doivent être réguliers dans la même ligne, sans quoi les gros seraient écrasés et les petits ne tiendraient pas.
Pour débarrasser une lyre, on détend tout le système des ficelles et les cocons tombent, lis n'ont subi aucune
GRAINAGE INDUSTRIEL. 255
avarie, et, s'ils sont rejetés du grainage, ils seront acceptés par la lilature.
Ces lyres constituent un matériel assez coûteux ; mais le ramassage des papillons y est commode et rapide, l'ouvrière ayant les deux mains libres, tandis qu'avec le système précédent elle est obligée de maintenir avec une main la fîlane sur laquelle elle ramasse les papillons.
Par économie et dans le cas où la main-d'œuvre est rare, on peut simplement étendre un rang de cocons sur des claies superposées. Ils sont recouverts d'un papier percé comme celui qui a servi pour les délitages après la quatrième mue; les papillons, en sortant des cocons, passent par les trous et viennent s'accoupler sur le papier.
La sortie des papillons s'effectue moins bien que dans les systèmes précédents; de plus, il y a perle de graines, parce que quelques papillons pondent, contre les cocons sous le papier, et il est difficile de recueillir cette graine.
Le même inconvénient se présentait dans un système primitivement employé, qui était de ramasser simplement les papillons sur les cocons étendus sw^ les claies.
IUmassage des papillons. — Les papillons sortent d'ordinaire le matin entre cinq et sept heures ; les mâles recherchent immédiatement les femelles et s'accouplent. A ce moment, les papillons doivent être examinés et l'aspect de l'ensemble dans chaque lot noté par le graineur. Vers huit heures, la sortie est terminée, les ouvrières commencent à ramasser les couples en saisissant à la fois le mâle et la femelle par les ailes pour éviter de les désaccoupler.
Les couples sont disposés en bon ordre sur des cartons (fig. 38) ou des cadres formés par un châssis en bois de 40 à 50 centimètres de côté et sur lesquels on a cloué une toile Celle disposition facilite l'axamen attentif des papillons et permet au graineur d'éliminer rapidement tous les sujets défectueux. S'il remarque des papillons charboneux, il doit sans retard les examiner au microscope.
LE GRAINAGE.
Dans le cas où il trouverait des corpuscules, il ferait un nouvel examen du lot et le rejetterait ou mettrait tous les papillons en cellules si le pourcentage de corpusculeux est élevé.
Les sujets non accouplés qui restent sur les filanes
Fig. 38. —Ouvrières avec cartons garnis de couples de papillons, d'après photographie.
sont réunis sur des cadres et disposés comme les précédents à mesure que l'accouplement a lieu.
S'il y a excès de femelles, on fait resservir des mâles conservés de la veille. 11 est prudent à cet effet de garder chaque soir quelques mâles en réserve. Pour les
GRAINAGE INDUSTRIEL. 257
conserver, on les loge dans des boites spéciales et dans un lieu obscur et frais, afin qu'ils ne s'abîment pas trop en agitant les ailes.
S'il y a excès de mâles, on les garde pour le lendemain.
Il est à remarquer que, lorsque Téclosion débute dans un loi, il y a excès de mâles et qu'à la fin il y a excès de femelles.
Quelquefois, et surtout par de chaudes journées, la sortie n'a pas lieu exclusivement le matin; quelques papillons sortent plus tard ; il est bon de faire chaque soir une revue ppur les ramasser.
Après la vérification, les cadres de papillons accouplés sont placés lot par lot sur des étagères dans une partie sombre de la salle.
Désaccouplement ET PONTE. — Après quatre ou cinq heures, l'accouplement a suffisamment duré. Tous les cadres sont alors repris, et on sépare avec soin les mâles des femelles. Celles-ci sont posées sur des toiles suspendues verticalement ou un peu inclinées, et les mâles sont jetés. Les femelles pondent rapidement si la température est élevée ; dans le cas contraire, la ponte est lente et incomplète. Aussi, dans les régions où la température est susceptible de s'abaisser, il est bon de pouvoir chauffer les salles de ponte.
Dès que la ponte est terminée, les femelles peuvent être jetées. Quelques-unes de chaque lot prises au hasard sont conservées dans de petits sachets afin d'être examinées plus tard au microscope et fournir ainsi une nouvelle preuve de la pureté du lot.
Le corps du papillon mort, comme toutes les substances animales, constitue un excellent engrais.
Quelques sériciculteurs, pour économiser la maind'œuvre, ne font pas le désaccouplemenl et placent directement les sujets accouplés sur les toiles. Dans ce cas, ils restent indéfiniment accouplés; bon nombre de femelles ne peuvent effectuer leur ponte complète ; quel-
258 LE GRAINAGB.
ques-unes même meurent avant de Tavoir commencée. Même dans le grainage industriel, on est parfois dans Tobligation de faire pondre les femelles sur cellules. Quelques clients exigent la graine pondue isolément avec le papillon à l'appui, afin de contrôler eux-mêmes Fabsence de corpuscules. Le graineur en ce cas opère en plaçant chaque femelle sur un petit morceau de toile dans l'angle duquel le papillon est replié après la ponte. Cent cellules bien garnies donnent 40 à 45 grammes de graines.
Définition. — On emploie en sériciculture le mot croisement pour désigner l'union sexuelle de deux individus de types différents, ou même simplement de provenances différentes, sans se préoccuper de savoir si les sujets accouplés sont ou ne sont pas de même espèce, de même race ou de même variété.
En accouplant, par exemple, une femelle de race chinoise à cocons blancs avec un mâle de race jaune Var, on fait un croisement. En accouplant un sujet de race jaune Var provenant d'une chambrée élevée dans les Alpes avec un autre sujet de même race provenant d'une chambrée élevée dans une autre région (Var ou Pyrénées, par exemple), on dit encore que l'on a fait un croisement. Dans ce dernier cas, on dit couramment que c'est un croisement de milieux.
Pour tout croisement il faut indiquer l'origine des sujets accouplés. Pour abréger les notations, au lieu d'écrire : croisement provenant de l'accouplement d'une femelle A avec un mâle B, on inscrit : A X B. Inversement B X A désignera le croisement d'une femelle B avec un mâle A.
But des croisements. — Le croisement a pour but d'obtenir un produit réunissant les qualités des deux sujets accouplés, à l'exclusion de leurs défauts.
CHOISKMKNTS. 2oQ
Par exemple, dans la race chinoise à cocons jaune-or, les vers sont petits, résistant à la flacherie, à évolutions rapides (l'éducation est terminée en vingt-cinq ou vingthuit jours) ; les cocons assez riches en soie sont d'un dévidage facile, donnant peu de déchets, mais sont très légers (6 à 800 au kilogramme), de sorte que le rendement pour l'éducateur est par trop réduit.
La race jaune Var, au conti*aire, est une race à gros vers, à évolutions plutôt lentes, par suite sensibles à la flacherie ; les cocons sont lourds, de dévidage peu facile et donnant des déchets.
Le croisement Chinois X Var ou Var X Chinois donne un produit à vers moyens, à évolution suffisamment rapide pour résister à la flacherie, même dans des régions chaudes et humides. La grosseur des cocons est intermédiaire. Leur dévidage ne laisse rien à désirer, et les déchets sont de peu d'importance.
Différents caractères que peuvent présenter les produits d'un croisement. — Les choses ne se passent pas toujours comme dans le cas que nous venons de signaler. Le sériciculteur qui veut tenter des croisements nouveaux doit se rendre compte des résultats produits avant de multiplier industriellement les graines de ces croisements.
Les très nombreux cas qui peuvent se présenter ont été énoncés avec exemples et développements à l'appui par Georges Coutagne (1).
Voici l'énoncé des propositions résultant des différents cas étudiés par lui et tout d'abord la déflnition des termes qu'il emploie :
« Soit un caractère a présentant deux modes distincts (/i et a^; a étant par exemple la couleur du cocon, a^ sera le symbole représentatif des individus à cocons jaunes et
(1) G. Coutagne, Recherches expérimentales sur Vkér édile chez les vers à soie^ chap. v : Contnbutions à Vétude expérimentale des croisements.
260 LE GRAINAGE.
ttj celui des individus à cocons blancs. Dans les produits du croisement d'un individu a^ avec un individu «j, la variabilité du caractère a, considérée chez les sujets d'une même génération, pourra présenter trois dispositions : alliage homogène, mélange hétèrogève et liquation.
« Il y a alliage homogène des modes a, et a^ lorsque tous les sujets sont d'uh nouveau mode a^ intermédiaire entre a, et «2 ; nous dirons aussi que les deux caractères a, et a^ sont fnndus, qu'il y a fusion de ces deux caractères chez tous les individus considérés,
« U y a mélange hétérogène des deux modes a ^ et a,, ou encore variation diffuse {variation désordonnée de Naudin), lorsque les différents sujets sont, quelques-uns a, , quelques-uns a2, et tous les autres de différents modes intermédiaires entre a, et (la- Dans ce cas, il n'y a fusion complète de deux caractères, sans prédominance de l'un ou de l'autre, que chez un petit nombre des individus consi' dérés,
« Enfin, il y a liquation des deux caractères a^ et a, lorsque ces deux caractères se répartissent ditaxiquement entre tous les sujets de la génération considérée : les uns sont a^, les autres sont a,, sans aucun intermédiaire entre ces modes ; en d'autres termes, il n'y a fusion des deux caractères chez aucun des individus considérés.
« A. Le croisement d'un sujet a^ avec un sujet fr^ donne parfois, à la première génération, un alliage homogène entre les deux caractères a^ et aa*
« R. Loi'sque le croisement d'un sujet dj avec un sujet «2 adonné, à la première génération, un alliage homogène des deux caractères à^ et a,, l'union de deux de ces sujets de première génération à caractères fondus donne parfois (peut-être faudrait-il dire : le plus souvent, ou même : toujours ?), dans les générations suivantes, un mélange hétérogène des deux caractères dj et Oj.
« C. Lorsque le croisement d'un sujet Oj avec un sujet a^ a donné à la première génération un alliage homogène
des deux caractères dj et «j» puis à la seconde génération . un mélange hétérogène, est-il possible de former une race homogène à caractères a^ et a^ fondus, en sélectionnant à chaque génération les sujets présentant eux-mêmes les caractères a, et a^ fondus? »
Monsieur Coutagne a donné la forme interi»ogative à cette proposition, parce que le nombre des faits certains ne lui paraissait pas suffisant pour répondre affirmativement à la question posée. Les races obtenues depuis lors par cette méthode, aussi bien en Italie qu'en France, sont si bien fixées qu'il est permis de dire qu'on peut, le plus souvent, former une race à caractères a, et o, fondus par des sélections successives.
« D. Le croisement d'un sujet Oj avec un sujet ag donne parfois une liquation par parties égales des deux caractères a, et a.2.
« E, Le croisement d'un sujet a^ avec un sujet ag donne parfois une génération de sujets tous a^ sans que le caractère w, de l'un des parents semble avoir influé en rien sur la première génération.
« F. Lorsque le croisement d'un sujet a, avec un sujet ûj a donné une première génération de sujets tousa,, il arrive parfois que le caractère a, reparaît dans la génération suivante issue de deux sujets a, de la première génération.
« G. Lorsque le croisement d'un sujet a^ avecun sujet eia A donné une liquation par parties égales des deux caractères «1 et «2» les générations suivantes présentent également de nouvelles liquations enti'e ces deux caractères, sans qu'il semble possible de réaliser leur fusion chez aucun individu. »
Pratiquement, le croisement, pour que ses produits soient utilisables, doit donner satisfaction au filateur et à l'éducateur; il faut donc que l'alliage soit homogène, vers d'évolutions égales, cocons de formes semblables et de couleur uniforme. (Proposition A ci-dessus.)
iD.
262 LE GRAINAGE.
Lorsque les sujets accouplés proviennent de cocons de formes ou de couleurs différentes, le produit obtenu, quoique bien homogène, doit être livré à la filature, car sa descendance donnerait des cocons en mélange hétérogène. (Proposition B ci-dessus.)
11 ne faudrait pas croire que le croisement entre deux sujets de races différentes, mais présentant toutes deux un même caractère, donnerait fatalement un produit présentant uniformément ce même caractère.
Pour la couleur des cocons, par exemple, nous avons observé les faits suivants :
Le croisement entre sujets de deux races différentes, toutes deux à cocons jaunes, peut donner parfois naissance à des sujets, les uns à cocons jaunes, les autres à cocons blancs.
En accouplant des papillons de race indigène à cocons jaunes avec des papillons d'une autre race à cocons jaunes (cette race était la descendance fixée pendant plusieurs générations d'un croisement entre japonais blancs et jaunes indigènes), nous avons obtenu des vers donnant des cocons jaunes et des cocons blancs, ces derniers dans la proportion d'un quart environ. Il est à remarquer que la race descendant du croisement japonais blanc et indigène jaune, reproduite pure, ne donnait jamais de cocons blancs dans sa descendance. C'est le fait du croisement, qui a fait réapparaître le caractère à cocons blancs existant à l'état latent.
De même le croisement de deux races à cocons blancs peut donner dans sa génération immédiate une proportion de cocons jaunes.
En accouplant des papillons Bagdad à cocons blancs avec des papillons chinois à cocons blancs, nous avons obtenu des cocons les uns blancs, les autres jaunes, ces derniers dans la proportion d'un quart environ. Le même résultat a été donné par les croisements entre
Bagdad à cocons blancs et japonais à coconsfiîiB»i€S^-(^fr''
On pourrait peut-être déduire de ces faits que les races chinoises et japonaises à cocons blancs ont été obtenues par des sélections successives dans la descendance de cas d'albinisme apparus spontanément parmi les cocons jaunes de ces races. Le caractère cocons jaunes serait à l'état latent dans ces races où le caractère cocom blancs paraissait parfaitement fixé, et Teffet du croisement a fait réapparaître le caractère primitif cocons jaunes.
Quajat a constaté des cas analogues : « Le croisement -entre deux races blanches, l'une étrangère, l'autre indigène, donne pour résultats des cocons jaunes pour la plupart (2). » La grande proportion de cocons jaunes constatée dans ces cas vient peut-être de ce que les deux races croisées étaient issues Tune et l'autre de races primitivement à cocons jaunes.
11 résulte de tout ce qui précède que le sériciculteurgraineur, avant de livrer à sa clientèle les produits de croisement qu'il a jugé opportun de faire, entre races différentes, doit s'assurer, par des essais préalables, du résultat donné. 11 doit renouveler, chaque année, le croisement et ne jamais mettre au grainage le produit d'un croisement, fût-il bien homogène, à moins d'être assuré par ses expériences que la descendance donnera un produit homogène.
L'expérience a démontré que le croisement de deux races à vigueur égale a toujours pour effet d'augmenter la vigueur et la robusticité des produits.
Par exemple deux lots A et B de races différentes, à vigueur identique, ou de même race, mais élevés dans
(i) Dans les deux cas, le caractère, graines non adhérentes, propre aux Bagdad, se rencontrait aussi bien chez des papillons issus de cocons jaunes que chez d'autres issus de cocons blancs.
(2) Verson et Quajat, p. 366.
2d4 LB GRAINAGE.
des milieux difTérents, peuvent donner lieu aux combinaisons suivantes :
AXB, BXA, AXA, BxB.
A condition que les deux éducations A et B soient également bien réussies, le produit des croisements A X B et B X A sera beaucoup plus vigoureux et plus robuste que le produit de A X A ou de B X B.
Aussi nous conseillons vivement cette pratique de croisement de A X B ou B X A entre mêmes races ou entre races très similaires, dans le seul but d'augmenter la vigueur. 11 faudra pour cela placer des éducations dans des régions différentes et que les éclosions concordent (i).
Méthodes de croisements.
Pour croiser entre eux les sujets de deux lots A et B, il faut naturellement que la sortie des papillons ait lieu simultanément dans les deux lots et que les femelles n'aient subi l'approche d'aucun mâle de leur propre lot.
Lorsqu'il s'agit d'effectuer une grande quantité de croisements, que les cocons dont on dispose sont en abondance et que le personnel peut y suffire, le plus simple est de faire ramasser de très bonne heure les papillons au fur et à mesure de leur sortie. Les mâles sont mis d'une part sur des cadres, les femelles sur d'autres, cela distinctement pour chacun des lots de races indigènes que l'on va croiser. Les couples qui se seraient formés avant ou pendant le ramassage sont laissés sur les filanes et ramassés plus tard et donnent des graines de race pure.
Pour les races chinoises, japonaises et analogues, on ne peut opérer ainsi. Les papillons sortent de très bonne heure et souvent dans la nuit. Les sujets accouplés seraient
H) Il est bien évident que dans ce cas on peut mettre au grainage le produit de tels croisements.
en trop grand nombre et leurs graines inutilisables faute de débouchés. Les cocons sont placés dans des casiers spéciaux, chaque cocon étant parfaitement isolé du voisin (fig. 39). Le matin on découvre les casiers ; les papillons éclos sont enlevés et placés, les mâles ensemble et les femelles réunies également d'un autre côté.
Fig. 39. — Casier pour croisements.
Lorsque le ramassage est terminé, on a donc les mâles et les femelles de chaque lot bien séparés.
S'il s'agit de croiser entre eux deux lots A et B, les quatre catégories sont : mâles A, mâles B, femelles A et femelles B.
Pour la combinaison A X B, on prend les femelles de A, et on les place 50 par 50 sur les cadres. Les mâles de B sont mis avec ces femelles en nombre égal. L'accouplement se fait immédiatement ; les couples sont disposés comme après le ramassage habituel, les sujets défectueux éliminés et les cadres portés dans la salle d'accouplement avec la notation A X B.
Pour le croisement inverse Bx A, on prend de même les femelles de B et les mâles de A.
Le désaccouplement a lieu au bout de quatre ou cinq heures, tout comme pour le grainage industriel d'un lot
266 LE GRAINâGE.
ordinaire. Les femelles sont placées sur toile ou en cellules selon le désir de Facheteur.
La première de ces méthodes laisse à désirer en ce sens que l'accouplement se produit trop fréquemment avant que les ouvrières aient pu ramasser les papillons isolément et que quelques femelles ont pu être fécondées •par un mâle qui les a ensuite abandonnées. Pour opérer plus sûrement, il convient de séparer les sexes avant la sortie du papillon. L'aspect du cocon ne peut suffire à faire la distinction ; le poids seul peut donner une indication plus précise. Dans un lot donné, les cocons femelles sont plus lourds que les mâles, et la séparation s'effectue par le pesage individuel.
Le poids moyen des cocons est d'abord établi par le nombre au kilogramme. Supposons 500 cocons au kilogramme, le poids moyen est de 2 grammes ; tout cocon qui excédera ce poids donnera presque sûrement naissance à un papillon femelle ; ceux qui pèseront moins seront aussi sûrement sujets mâles. Le doute ne subsistera que pour ceux dont le poids sera exactement de 2 grammes. Ces derniers seront mis à part.
Plusieurs modèles de balance permettent d'effectuer rapidement cette séparation des cocons mâles et femelles. La plus simple est une petite balance à plateaux très sensible. Sur l'un des plateaux, on place des poids marqués correspondant au poids moyen des cocons à séparer. Sur l'autre plateau, les cocons sont mis un à un ; ceux qui font pencher le fléau de la balance sont femelles; les plus légers sont des mâles et ceux qui laissent la balance en équilibre sont douteux. *
Quelques sériciculteurs font usage d'une balance à cadran fort simple. Un fléau porte un petit panier en laiton dans lequel on place le cocon. Une aiguille se meut sur un cadran gradué et indique en centigrammes le poids du cocon. Le cadran est percé de trous destinés à recevoir de petites chevilles. L'ensemble est supporté par
un socle. Lorsque la balance est au repos elle socle horizontal, Faiguille doit marquer o sur le cadran ; des vis de réglage permettent de placer le socle horizontalement et d'amener Taiguille à sa position de o. Pour séparer les cocons, dont le poids moyen est de 2 grammes par exemple, on introduit une cheville en face de la division 199 et une autre en face de la division 201. L'aiguille placée entre les deux chevilles oscillera entre elles. Le cocon posé sur le panier sera dans la catégorie des mâles si l'aiguille n'abandonne pas la cheville 199, douteux si l'aiguille oscille autour de la division 200 et femelle si elle atteint la cheville 201 .
Une autre balance dite de Bergame a l'avantage d'opérer automatiquement. Le fléau maintenu horizontal à l'état de repos est muni d'un curseur à sa partie gauche ; à l'autre extrémité, un petit panier est destiné à recevoir le cocon. Un déclanchement à pédale rend sa liberté au fléau. On règle le curseur de façon à ce qu'il fasse équilibre au poids moyen des cocons à séparer. Un cocon étant placé sur le panier, si on agit sur le déclanchement, le fléau s'inclinera à droite ou à gauche suivant le poids du cocon. Les mâles tombent à gauche et les femelles à droite. La balance étant folle n'accuse pas les douteux.
Choix des cocons de reproduction.
Le graineur doit apporter les plus grands soins à la préparation de sa graine de reproduction, puisqu'elle est destinée à perpétuer les meilleurs variétés et donner l'année suivante les cocons nécessaires à la production de la graine industrielle. Le choix des cocons reproducteurs doit se faire dans les meilleurs lots par un triage très sévère. Sont seuls à conserver les cocons parfaits en tous points: forme, couleur, finesse du grain, etc. C'est à
268 LB GRAINAGB.
ce momenl qu'il y a lieu de faire également la sélection au point de vue de la richesse en soie par le procédé Coutagne. Ce procédé consiste à choisir parmi les sujets présentant par ailleurs les conditions requises ceux qui sont le plus riches en soie, c'est-à-dire dont le rapport ^=5 est le plus élevé. La détermination de p et P
ne peut se faire que par la pesée individuelle des cocons et des coques.
Balance a peser les cocons et les cooues. — Georges Coutagne a fait construire une balance permettant de
faire rapidement un r-..., grand nombre de pe-
I "**--... sées(i).
^ V--.. : 6 « Pour la détermina-
/ jç • .... « . tion des poids P etp, je
'me suis servi, jusqu'en 1895, d'un simple trébuchet sensible au centigramme à partir de 1896 ; j'ai employé une M*îr. balance spéciale, sorte F'g- *0. de peson très sensible,
qui permet d'affectuer les pesées au centigramme près avec une beaucoup plus grande rapidité. Le principe de cette balance est le suivant :
« Soient M et M -f- m (fig. 40), les deux poids appliqués aux extrémités A et B d'un fléau AB de poids (i, dont le centre de gravité G est situé au-dessous du centre Ode suspension, lui-même placé exactement surla ligne AB. Dans ce cas, l'angle «, dont le fléau aura tourné lorsqu'il se sera mis en équilibre, est défini par la relation :
tang. a=m^^.
(1) G. Coutagne, p. 8.
REPROOrCTION. 269
dans laquelle /z=OB=OA etd = OG. La tangente de l'angle « peut donc servir à mesurer le poids m.
« J'ai réalisé pratiqueraent ces conditions de la manière suivante. Un fléau AB, en acier, porte en B un petit panier en aluminium qui reçoit le cocon ou la coque qu'il sagit de peser (fig.4i). Une aiguille en aluminium OR, fixée normalement au fléau, se déplace devant un arc gradué UV. Pour la graduation de cet arc, une droite U'V, tangente au milieu W de l'arc UV, a été divisée en 100 parties égales, et chacun de ces points de division équidistants a été réuni au centre de l'arc par des droites, qui ont O
recoupé l'arc UV en ^ '
des points de plus en plus serrés, à mesure qu'on s'écarte de part u^'*
et d'autre du milieu W ..•' ^^..^^
de l'arc, et qui cons- ^''''
tituént dès lors pré- Fig. 41.
cisément la graduation proportionnelle à tengente a qu'il fallait réaliser.
« L'arc UV ainsi divisé ne porte aucun chiffre gravé. En effet, pour que les pesées soient rapides et exactes, la sensibilité de la balance doit être telle qu'à un centigramme corresponde un déplacement de l'extrémité R de l'aiguille de 2 à 3 millimètres, lorsqu'on opère du moins dans le voisinage de la position verticale de l'aiguille. Il en résulte que la balance une fois réglée, par exemple, pour peser comparativement les cocons mâles d'un lot déterminé, doit être réglée à nouveau pour peser les cocons femelles de ce même lot, ou même pour peser les cocons mâles de tout autre lot dont le poids moyen P s'écarte notablement du poids moyen P du premier lot. En d'autres termes, à chaque réglage successif de la balance, il faut inscrire à l'encre, sur l'arc UV, les chiffres nécessaires.
270 LE GRAINâGE.
« Quant au réglage, voici comment il s'effectue. On détermine au préalable, avec une balance ordinaire, le poids moyen des cocons (ou des coques) que Ton se propose de peser comparativement.
« Supposons que ce poids moyen soit 200 centigrammes. On inscrit à Tencre, sur Tare UV, le nombre 200 au point W, puis ceux 210, 220, 230, 240 et 250 à gauche, et ceux 190, 180, 170, 160, 150 à droite. Ceci fait, il s'agit d'obliger la balance à se conformer, dans ses mouvements sous l'influence du poids des divers cocons, à cette graduation préalablement fîxée. Deux opérations sont nécessaires à cet effet.
« 1* On place dans le panier en aluminium, en poids marqués, le poids moyen des cocons à peser, soit 200 centigrammes dans l'exemple choisi ci-dessus. Le fléau prend aussitôt une position inclinée quelconque, mais qu'on ramène peu à peu à l'horizontalité (c'est-à-dire à la verticalité de l'aiguille OR) en déplaçant, à la main, un petit écrou taraudé en cuivre sur l'extrémité A convenablement filetée du fléau. Dès lors la balance marquera bien 200 centigrammes lorqu'on lui donnera à peser un cocon de 200 centigrammes.
« 2° Si on ajoute alors, en poids marqués, 40 centigrammes, dans le panier, qui portera dès lors 240 centigrammes, l'aiguille OR s'arrêtera, à gauche de l'arc UV, en un point quelconque, par exemple à celui marqué 225.
« Mais on ramènera l'aiguille en face de la division 240, en déplaçant, à la main, un second petit écrou taraudé en cuivre, placé dans le prolongement de l'aiguille OR, au-dessus du fléau, ce qui a pour effet de déplacer le centre de gravité G du fléau (fig. 40). En effet la formule précédemment donnée pour tgx montre qu'en diminuant d, distance du centre de gravité G au centre de suspension 0, on augmente a. Aussitôt que l'aiguille OR marque bien 240 lorsque le panier porte bien 240 centigrammes en poids marqués, la balance est réglée pour
peser des cocons entre 150 et 250 centigrammes, au centigramme près.
« On opérerait absolument de même si on voulait peser des cocons allant de 160 à 260, ou de 170 à 270, et ainsi de suite. Pour les coques, la balance est réglée de la même façon; mais il faut changer Técrou mobile du bras A du fléau, et le remplacer par un autre bien plus léger. L'arc UV^ est alors gradué pour des poids variant de à 50, ou de 40 à 60, ou de 20 à 70, et ainsi de suite.
« La balance que je viens de décrire a été établie, sur mes indications, en 1895, par feu Trenta, constructeur d'instruments de précision à Lyon. De nombreux tâtonnements ont été nécessaires avant d'avoir réalisé un outil simple, suffisamment sensible, et suffisamment rapide, c'est-à-dire à oscillations s'éteignant rapidement. Cette balance, dont on voit deux spécimens sur la table (1), est construite actuellement par M. L. Collot, à Paris. Elle permet d'effectuer, par heure, de 100 à 150 pesées de cocons, ou de coques, au centigramme près, et cela entre les mains des simples ouvrières microscopistes dans les ateliers de grainage, c'est-à-dire entre les mains de toute ouvrière déjà quelque peu familiarisée avec le maniement des outils délicats (2). »
Manière d'opérer. — Les balances étant convenablement graduées et les cocons mâles et femelles séparés, les cocons à peser sont placés l'un après l'autre dans le petit panier en aluminium ; l'aiguille indique le poids
(1) Voir G. COUTAGNE, pi. III.
(2) Brandi, professeur spécial d'agriculture à Manosque (Bouches-du-Rhône)» a construit une balance basée sur le môme principe que celle de Coutagne. L'arc a un nombre de graduations beaucoup plus considérable, ce qui dispense do changer les chiffres sur le cadran et le réglage de la balance pour des cocons de poids moyens différents. La sensibilité de cette balance est moindre que celle de Coutagne et la lecture des poids plus diffîcile.
272 LE GRAINAGE.
que Ton inscrit sur un jeton ; ce jeton est placé à côte du cocon dans une case d'un casier spécial divisé en vingt compartiments.
Après cette pesée des cocons, une ouvrière extrait les chrysalides une à une en fendant le cocon et replace chaque chrysalide à côté de sa coque dans la case où est le jeton correspondant. Les coques sont reprises une à une et pesées à une balance convenablement graduée. Le poids est inscrit sur le jeton à la suite de celui du cocon. Sur chaque jeton se trouve donc inscrits les poids P et p, qui permettent de calculer le rapport r (richesse en soie). Il n'y a pas lieu de faire de correction, puisque le jour de la pesée les cocons d'un lot sont sensiblement du même âge, par suite comparables. Un barème établi à cet eflTet permet de trouver rapidement le rapport r pour les valeurs P et p.
Ce n'est qu'après un certain nombre d'opérations que Ton peut fixer la valeur de r au-dessus de laquelle les reproducteurs seront choisis ; il importe de ne pas fixer une valeur trop élevée pour ne pas garder uniquement des sujets exceptionnels. Le rapport r est toujours plus élevé pour les mâles que pour les femelles.
Les cocons choisis sont immédiatement mis en fîlanes ; l'ouvrière a soin de rejoindre avec l'aiguille les deux lèvres de la fente du cocon. En enfilant séparément les mâles et les femelles, il est commode d'opérer des croisements. Tout papillon défectueux doit être éliminé. On procède pour tout le reste comme d'habitude ; les pontes doivent être effectuées en cellules.
Nécessité de la sélection a la balance. — « La pesée individuelle des cocons et des coques donne en toute rigueur la richesse en soie de tous les sujets examinés, et c'est là le procédé que j'ai imaginé et employé pendant dix années consécutives pour obtenir des reproducteurs d'élite, de plus en plus améliorés d'une année à l'autre, comme nous le verrons tout à l'heure. Mais ce procédé
est long et pénible ; ne pourrait-on pas choisir, dans un lot de cocons, plus rapidement que par les pesées individuelles de tous les cocons et de toutes les coques, un groupe de cocons, sinon les plus riches en soie en toute rigueur, du moins plus riches que la moyenne du lot, en sorte que ce petit groupe de cocons de choix étant seul conservé pour la reproduction, il s'ensuivrait une véritable sélection ?
« Il semble bien au premier abord qu'une telle sélection puisse être réalisée par le simple examen attentif des cocons, l'œil montrant d'une part la constitution du grain du cocon, et le doigt permettant, d'autre part^ d'apprécier la dureté de la coque. C'est une idée assez répandue parmi les graineurs, qui s'imaginent de bonne foi pouvoir, de la sorte, distinguer, dans un lot de cocons, ceux qui sont les plus riches en soie. Je citerai seulement, comme preuve à l'appui, le témoignage de J. Raulin, qui, dans sa note de juillet 1893, exprimait l'opinion que, dès 1871, la sélection au point de vue de la richesse en soie fut pratiquée, soit dans ses propres grainages de Pont-Gisquet, de 1871 à 1876, parce qu'il sélectionnait « les cocons d'après leur forme, leur couleur, la résistance de la coque, soit dans les grainages des sériciculteurs qui suivirent les préceptes formulés par le congrès de Montpellier, 1874. Ce congrès avait recommandé de choisir les cocons destinés au grainage parmi ceux qui sont les mieux conformés et les plus riches en soie, ces conditions étant des indices de vigueur ; et Raulin ajoutait à ce propos : « Mais qu'importe la raison d'être de ce conseil ? Le but pratique de la sélection au point de vue de l'industrie était atteint, si toutefois l'hérédité joue un rôle dans la richesse en soie des cocons. »
« J'avoue que moi-même, au début de mes recherches, en 1888, 1889 et 1890, je partageais également ces illusions. Avant de chercher, avec la balance, les meilleurs sujets d'un lot, je commençais toujours par choisir, au