FF
Moyenne
Moyenne
générale
(les cocons
du lot.
de choix.
Différences
Lot GG — (7)...
— D de 1892(5)...
J - lO)...
— L — (îi)...
« On voit que dans quatre cas seulement, sur vingt, il est arrivé que la richesse en soie moyenne des cocons de choix a été supérieure à la richesse en soie moyenne du lot.
« Ce résultat, assez paradoxal au premier abord, est cependant facile à expliquer. Le toucher et la vue renseignent assez exactement sur la régularité et la dureté des coques, caractères dont dépend bien, il est vrai, le rendement tn grège, mais nullement sur le poids relatif de ces coques, c'est-à-dire sur lu richesse en soie, caractère qui est un facteur bien autrement important de ce même rendement en grège. Un cocon mâle dont la coque pèsera 26 centigrammes, par exemple, mais sera très sen'ée, très curieuse, suivant l'expression des filateurs, semblera plus riche en soie, à la vue et au toucher, qu'un autre cocon mâle, dont la coque, à tissus moins serrés, pèsera au contraire 35 centigrammes et aura par conséquent un tiers de soie de plus en valeur absolue. Deux cocons, à coque de texture et de poids identiques, pourront avoir des chrysalides de poids très différents, et, dans ce cas encore, la main étant inapte à apprécier des différences de poids de quelques centigrammes, on ne pourra choisir celui des deux cocons qui aura le plus de soie, en valeur relative.
« En 1888, mon lot A a été formé par 58 cocons, minutieusement choisis un à un sur 200 jolis cocons, qui euxmêmes avaient été choisis avec grand soin sur plusieurs
276 LE GRAINA6E.
milliers, dans une chambrée de demi-once. Tous ces 58 cocons très durs, très fins, très réguliers, semblaient également bons, également riches en soie : mais la balance mit en évidence des différences considérables, qu'on n'eut jamais soupçonnées sans son aide; la richesse en soie variait de 13,9 à 18,4 p. 100 chez les mâles, et de 11,2 à 15,4 p. 100 pour les femelles. On voit donc, par cet autre exemple précis, que, s'il est possible de sélectionner, à la vue et au toucher, les cocons qui donneront de faibles déchets en filature, il est impossible de sélectionner, par le simple examen, ceux qui ont une richesse en soie plus forte, c'est-à-^dire ceux qui ont été tissés par des vers ayant proportionnellement de plus grosses glandes soyeuses.
« Le conseil donné par le congrès de Montpellier, en 1874, de choisir les cocons destinés au grainage parmi ceux qui sont le mieux conformés et les plus riches en soie, avait surtout pour but, semble-t-il, de blâmer les auteurs qui, comme Boissier de Sauvages, le D^ Gapra, et d'autres encore, recommandent de tirer la semence des cocons faibles dits peaux, A cet égard, le conseil était bon et pouvait être suivi. Mais, en ce qui concerne la sélection des plus riches en soie, il en est tout autrement, et le conseil formulé n'a pas été et ne pouvait pas être suivi, faute de l'indication d'un procédé permettant d'effectuer réellement cette sélection. Les membres du congrès de Montpellier ont certainement partagé Terreur si répandue que je viens de signaler et ont cru qu'il était possible de choisir, au doigt et à l'œil, les cocons les plus riches en soie. En fait, personne, avant 1888, et avant moi, n'a pratiqué, à ma connaissance du moins, cette sélection ; et c'est là une remarque très importante- Si, en effet, cette sélection avait été déjà pratiquée depuis de longues années, du fait incontestable que les cocons récoltés de nos jours ne donnent pas en filature des rendements en grège sensiblement différents de ceux
qu'on obtenait il y a dix ou vingt ans, on pourrait très légitimement conclure que cette sélection est pratiquement inefficace. Mais, au contraire, cette sélection n'ayant jamais été pratiquée, on ne peut rien préjuger de défavorable à son égard, et on peut espérer que cette nouvelle méthode, qui a été si féconde eh heureux résultats dans rindustrie de la betterave sucrièi^e, pourra pareillement rendre les plus grands services en sériciculture (1). »
M. Coutagne a recherché Taugmentation progressive de la richesse en soie obtenue dans sa race jaune Défends, pendant dix années de sélections successives (2) . Voici les chiffres des variations de la richesse en soie moyenne :
Gomme on le voit, Tamélioration progressive a été considérable.
11 est à remarquer que les deux diminutions de richesse soyeuse en 1891 et en 1896 proviennent de ce que les années précédentes (1890 et 1895) M. Coutagne avait introduit par des croisements un sang nouveau de race non améliorée afin d'augmenter la vigueur de sa race jaune Défends. Mais, fait curieux, les années suivantes (1892 et 1897), la richesse en soie se relève brusquement pour atteindre le même chiffre qu'elle aurait eu si les sélections avaient été continuées sans faire de croisement avec une race non améliorée.
(1) G. Coutagne, p. 29.
(2) Voir G. Coutagne, planche V.
P. Vieil — Sénciculture.
278 LE GRAIITAGE.
Longévité.
Quelques sériciculteurs ont songé à étudier la durée de la vie des paptilons de façon à ne conserver comme reproducteurs que ceux qui sont vivants au bout d'un certain nombre de jours. Us estiment que ceux qui meurent promptement sont atteints de quelque affection parasitaire ou manquent de vigueur.
Pour faire ces études, on place les papillons dans des petits sacs en tarlatane ou sur des cellules plates posées sur une planchette, mais recouvertes chacune d'un petit cône en zinc, de façon à ce que les papillons ne puissent ni se mélanger, ni s'en aller.
Les pontes de chaque jour sont isolées les unes des autres, et la date est soigneusement notée. Un certain nombre de jours après la ponte, on élimine les cellules dont les papillons sont morts.
Laurent de L'Arbousset conseille d'examiner les papillons dans des cellules douze jours après leur naissance, pour les races indigènes.
On ne saurait donner une règle générale, la durée de la vie des papillons variant considérablement suivant leur taille et la température. Un papillon de petite taille qui meurt le septième ou le huitième jour après sa naissance peut être un aussi bon reproducteur qu'un au Ire de grosse race qui meurt le douzième jour. Par une série de journées chaudes, les papillons meurent rapidement ; survienne une période de temps frais, les papillons vivront plus longtemps.
11 ne faut donc pas exagérer l'importance des études de longévité. Il est très difficile d'entourer ces observations de toutes les conditions désirables dans un grainage industriel.
Il est bien évident que l'on doit rejeter la ponte de papillons morts peu de jours après leur naissance et
dans lesquels on reconnaît des symptômes de maladies. Mais, en admettant que la température soit assez constante pour que tous les sujets observés soient comparables, y aura-t-il une bien grande différence, au point de vue de la valeur, entre les pontes de sujets morts le neuvième jour et celles de ceux qui mourront le onzième, si la vérification a lieu le dixième jour? Les sujets morts le neuvième jour seront-ils de moins bons reproducteurs que les sujets qui mourront le quinzième et même le vingtième jour? Pour notre part, nous croyons exactement le contraire. Ces sujets vivant très longtemps sont des individus à évolutions lentes et gorgés de réserves.
A notre avis, il serait bon d'examiner au bout d'un certain nombre de jours l'état des papillons reproducteurs, qu'ils soient morts ou vivants. Au simple aspect, on reconnaît, avec un peu d'habitude, ceux qui sont atteints de flacherie ou de grasserie ; leur corps, généralement mou, entre rapidement en décomposition. Ceux dont l'abdomen est parfaitement vidé et le corps desséché étaient sûrement plus sains, et leur ponte sera conservée.
Dans ces études de longévité, il faut examiner les deux reproducteurs, la santé du mâle ayant également de l'influence sur la valeur des produits. On est obligé alors de subir les inconvénients de l'accouplement illimité, la séparation des deux sujets entraînant de trop grandes complications.
Examen des cellules.
Il est important de suivre avec attention les pontes des papillons reproducteurs. Les femelles qui n'effectuent pas leur ponte tout de suite, d'une façon complète et sans interruption, doivent être éliminées. Les œufs pondus en dernier lieu donnent naissance à des
280 LE GRAINAGB.
sujets moins vigoureux que les plumiers pondus; il serait bon de pouvoir les séparer ; mais à la pratique cela est bien difficile.
Quelques jours après la ponte, les cellules sont prises une à une afin d'examiner si les graines sont toutes fécondées. 11 n'y a pas à hésiter pour rejeter les pontes pré^ sentant encore la couleur jaune; mais parfois certaines graines, bien qu'ayant pris une couleur brune, sont reconnues défectueuses en les examinant de très près; on remarque que la coque est vide, desséchée et recoquillée sur elle-même. De telles pontes proviennent de papillons malades. Les pontes peu abondantes seront également éliminées.
On a cherché à étudier les différences résultant de la disposition de la ponte et savoir, par exemple, si celles qui sont étalées en demi-cercle et bien uniformément donnaient des sujets plus vigoureux que les graines disséminées. Rien de précis n'a pu être établi. On conservera pour la reproduction toutes les pontes qui ne laissent rien à désirer, sans s'inquiéter de la disposition des graines.
EstivatioD.
Après ce triage, les graines n'ont plus à subir pour le moment de manipulation ; elles doivent être placées pour l'estivation.
Les cellules, dans chaque lot, sont comptées, réunies par paquets de vingt-cinq ou cinquante, sans les entasser les unes contre les autres, et suspendues dans une salle bien aérée. La période estivale doit durer vingt jours au moins (voir chapitre i«', II* partie). Les œufs respirent activement, surtout pendant les premiers jours de cette période ; il leur faut beaucoup d'air et une température de 25° C. environ. 11 sera simplement nécessaire de visiter les cellules de temps en temps pour s'as-
surer que les anthrènes et dermestes (1) ne causent pas de ravages.
Examen microscopique.
Vers le milieu du mois de septembre, Testivation a duré suffisamment. On peut dès lors commencer l'examen microscopique individuel des reproducteurs en vue d'éliminer tous les sujets corpusculeux. Les cellules sont reprises une à une; le papillon est broyé dans un petit mortier avec quelques gouttes d'eau. La bouillie ainsi obtenue est examinée au microscope. Si la goutte placée sur la lamelle ne présente aucun corpuscule, la cellule correspondante pourra être conservée sans crainte. Lorsqu'un sujet est corpusculeux, le champ du microscope présente l'aspect de la figure 45 ; les corpuscules abondent ordinairement, à moins que la préparation soit tix)p diluée. Si on n'aperçoit qu'un très petit nombre de corpuscules, il y a lieu de procéder à un deuxième examen pour être assuré que ces quelques corpuscules proviennent bien du sujet examiné. Après l'examen d'un papillon corpusculeux, il faut laver parfaitement le mortier et le pilon qui ont servi à le broyer; un lavage sommaire pourrait laisser subsister quelques corpuscules qui induiraient en erreur dans l'examen suivant.
Lorsque les papillons ne sont pas parfaitement desséchés, et surtout quand on examine les chrysalides, l'abondance des matières grasses peut empêcher de distinguer très nettement les corpuscules; on emploie dans ce cas quelques gouttes d'une solution de potasse au lieu d'eau pure pour préparer la bouillie.
Les cellules dont les papillons sont reconnus corpusculeux doivent être immédiatement brûlées afin d'éviter tout mélange.
(1) Voir G. GuÉNAux, Entomologie et parasitologie agricoles, p. 44i-445 (Encyclopédie agricole).
282 LE GRAINAGE.
Nous croyons utile de rappeler ici que l'examen microscopique de papillons morts ne saurait révéler une autre maladie que la pébrine. Les ferments, vibrions, kystes, etc., qui apparaissent dans les champs du microscope, proviennent uniquement de la décomposition du corps des papillons conservés dans de mauvaises conditions.
Les cellules reconnues saines sont replacées en paquets et par lots comme auparavant. Le lavage et la conservation de ces graines se pratiquent de la même façon que pour celles sur toiles, dont il va être question.
Les toiles sur lesquelles ont été recueillies les graines industrielles sont suffisamment espacées pour que l'air circule librement entre elles. La salle de ponte où elles se trouvent est assez chaude et ventilée pour que les graines y séjournent pendant toute la période estivale. 11 faut surveiller que les rats et les dermestes n'occassionnent pas de dégâts.
Pendant l'estivation, le graineur s'occupe de la vente de ses cocons percés. Les filanes sont maintenant très légères, puisque les papillons sont sortis des cocons et que ces derniers ont eu tout le temps de sécher. Les cocons percés sont vendus pour être cardés, à des prix variant chaque année. On les a payés 6 à 8 francs ces dernières années. 5 à 6 kilogrammes de cocons frais donnent en moyenne i kilogramme de cocons percés.
Lavage des graines. — Dès que l'estivation a été suffisante, on peut procéder au lavage des toiles et des cellules, de façon à recueillir les graines et pouvoir les transporter et emmagasiner commodément. L'eau a la propriété de dissoudre le vernis gommeux, qui faitadhérer les graines contre les toiles et les cellules. Le lavage a aussi pour but
de débarrasser les graines de toute impureté à l'extérieur, telle que déjections, débris de papillons, poussières, etc.— Les toiles et cellules sont plongées dans un baquet plein d'eau et y séjournent quelques instants. L'eau ne doit pas être trop froide ; il suffit pour cela de la laisser, avant l'opération, prendre la température de la salle. Si le lavage est fait en hiver, il faut éviter d'employer de l'eau chaude, circonstance qui pourrait amener un commencement d'évolution de l'embryon.
Le raclage des toiles pour en détacher les graines se fait au moyen d'un couteau à lame de bois. Les graines sont alors lavées à grande eau dans le baquet; les impuretés et la plupart des graines non fécondées surnagent et sont entraînées avec l'eau du lavage, tandis que les bonnes graines restent au fond du récipient.
Un séjour Iprolongé de plusieurs heures ne porte pas préjudice] à la bonne conservation des graines. Elles peuvent sans danger même être plongées dans d'autres liquides. Quelques sériciculteurs les immergent dans le vin rouge pourleur donner une teinte uniforme; d'autres dans l'eau salée pour éliminer plus facilement les non fécondées. Ces pratiques, sans être nuisibles, n'ont pas grande utilité.
Lorsque les graines sont parfaitement lavées, on les étend en couches minces sur des toiles placées sur des claies dans une salle fortement ventilée. On les remue fréquemment de façon à ce que toutes sèchent également. On reconnaît au toucher que leur état de siccité est suffisant : elles n'adhèrent pas entre elles et coulent au maniement, comme le sable sec. Elles sont alors recueillies et placées pour l'hivernation.
HivERNATioN. — Une période de froid est nécessaire à la graine pour obtenir une bonne éclosion et des vers vigoureux. M. Duclaux a démontré qu'une température voisine de zéro était celle qui lui convenait le mieux. A cette température, les graines peuvent être con-
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servées plusieurs mois sans exiger aucun soin particulier. Il suffît qu'elles soient convenablement aérées, étendues en couches de faible épaisseur, dans une atmosphère suffisamment sèche et à Tabri des rongeurs.
On peut, pour faire hiverner les graines, les transporter à une altitude élevée. Une chambre froide a été aménagée àNotre-Dame-des-Neiges, dans rArdèche;bon nombi^e de sériciculteurs y transportent leurs graines. De telles chambres peuvent être installées dans toute station élevée. Ces installations ont l'inconvénient d'être peu accessibles pendant l'hiver, et l'état hygrométrique ne peut y être facilement réglé.
Il existe plusieurs types de chambres d'hivernation où le froid est produit artificiellement.
Susani a aménagé, en 1858, dans son établissement séricicole d'Albiate, dans la province de Brianze, une grande sallepourThivernation des graines. Cette chambre est formée par de doubles murs distants de 15 centimètres. L'air circule dans cet intervalle ; le plafond en fer et briques est recouvert d'une forte épaisseur de matières isolantes, telles que paille, sciure de bois, sable, poudre de liège, etc. Un liquide (solution concentrée de chlorure de magnésium) refroidi à — 50<» C. circule dans une série de tubes qui traversent la salle dans le sens vertical. Le liquide est refroidi par une machine frigorifique et refoulé dans les tubes par une pompe. L'air est maintenu sec dans la chambre par des caisses de chaux vive et se renouvelle par les fissures des portes et fenêtres ; en cas d'insuffisance, on ouvi^ les fenêtres avant le lever du soleil. Une installation de ce genre est très coûteuse comme construction, fonctionnement et entretien des appareils ; elle ne peut convenir que pour hiverner des quantités très importantes de graines (100 000 onces au moins).
Les caisses glacières conviennent mieux à la petite et à la moyenne industrie. Celle d'Orlandi se compose d'une
caisse à doubles parois dont rintervalle est garni de matières isolantes : le centre de la caisse est occupé par un i^ervoir d'eau avec serpentin dans lequel circule un mélange réfrigérant. Deux tubulures, Tune traversant le fond de la caisse, l'autre les parois latérales, assurent la circulation de l'air dans l'intérieur de la caisse. Les graines sont disposées sur des châssis en canevas fin placés en étagères dans tout l'espace libre . L'air arrivant de l'extérieur est à une tempéi-ature trop élevée, et, pour peu que l'aéi^ation soit vive, il n'a pas le temps de se refroidir assez avant de sortir par la tubulure inférieure, et les graines ne se trouvent pas à une température suffisament basse.
X>a chambre froide construite par Verson obvie à cet inconvénient. Elle se compose également d'une caisse à doubles parois ; mais le réfrigérant, au lieu d'occuper le centre de l'appareil, est placé dans un compartiment situé sous le couvercle. Il se compose tout simplement d'un récipient plein de glace. L'air, avant de pénétrer dans l'intérieur de la caisse, est obligé de circuler sur la glace, puis s'introduit dans la caisse par la partie supérieure et s'échappe par une ouverture ménagée dans le fond. Sur un des côtés est pratiquée une porte vitrée qui permet de lire la température sur le thermomètre intérieur. Os modifications et perfectionnements de la glacière Orlandi permettent à l'air d'arriver sur les graines à une température constante et sensiblement voisine de zéro. En outre, les graines peuvent y être conservées après la période d'hivernation en cessant de mettre de la glace dans le réservoir.
Après l'hivernation et jusqu'au moment de la mise en incubation, il faut garder les graines à une température de 6 à IQo C.
Expédition des graines. — Pour expédier les graines de vers à soie, le moment le plus propice est celui où leur sensibilité est la moindre, ce qui se produit depuis la fin