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LE GRA1NAGE

de Tété jusqu'au commencement du printemps. 11 ne faut pas oublier que Tembryon est apte à se développer sous l'influence de la chaleur dès qu'il a subi l'action du froid pendant quelque temps.

Pour les régions lointaines et toutes les fois que le destinataire peut faire hiverner et conserver la graine dans de bonnes conditions, le mieux sera de les lui expédiei* fin septembre ou au commencement d'octobre. Mais, lorsqu'elle est destinée à des éducateurs relativement rapprochés, il conviendra de ne l'expédier qu'après l'hivernation et au moment le plus voisin possible de l'incubation, afin que si, en cours de transport, elle se trouve soumise à une élévation de température, il n'y ait plus de brusques changements.

Quelle que soit l'époque de l'expédition, les œufs doivent être placés dans des conditions telles que rien ne vienne troubler leur parfaite conservation. 11 faut avant tout assurer leur respiration. On les enferme pour cela dans des boîtes en carton percées de trous; ces boîtes sont isolées les unes des autres par des taquets et placées dans des caisses elles-mêmes percées de trous. L'aération est encore plus parfaite si, au lieu de boîtes en carton, on emploie des sortes de sachets en tulle maintenus par un petit cadre en bois et isolés les uns des autres par de petites lattes.

Les graines sur toiles et en cellules peuvent également être transportées. Il suffit de ne pas trop entasser les cellules et de rouler les toiles autour d'un bâton, pour éviter le frottement des œufs les uns contre les autres. Les toiles et les cellules doivent être emballées dans des paniers ou des caisses percées de trous.

Nous venons de suivre le sériciculteur-graineur dans les différentes opérations qui lui permettent de livrer à l'éducateur des graines saines et assurant des cocons de qualité supérieure et riches en soie. Nous avons vu à quelles conditions le magnanier pouvait obtenir une bonne récolte. Les cocons ont été vendus frais ou conservés par l'éloulfage et le séchage, pour être vendus ultéiMeurement. La sériciculture et le rôle de l'agriculteur s'arrêtent ici. Nous ne pouvons cependant terminer sans dire en quelques mots comment ces cocons, où le ver à soie s'est volontairement emprisonné et où sa vie a été arrêtée par l'étouffage, vont être transformés par l'industrie en fils de soie qui serviront à tisser les magnifiques étoffes appelées soieries.

Les cocons secs, bien conformés, sont aptes à être dévidés. Cette opération a pour but d'obtenir le fil continu tel qu'il a été émis par le ver. Il suffit pour cela de faire macérer le cocon quelque temps dans l'eau chaude, afin de décoller les différentes parties de la bave (1) qui le composent. La réunion de quelques-uns de ces fils élémentaires par le dévidage simultané de plusieurs cocons donne la soie grège. C'est le travail effectué dans les filatures.

(1) Dans l'industrie, le mot bave est pris dans un sens général et signifie le fil de soie tout entier. En terme de magnanier, on donne quelquefois au mot bave un sens particulier pour désigner le 111 émis en premier lieu par le ver pour former le réseau qui enveloppe le cocon et qu'on appelle aussi : blaze, bourre, etc.

Cette soie grège n'est pas employée directement au tissage des étoffes. Une seconde opération, Vouvraisony est nécessaire. Elle a pour but d'assembler entre eux, en leur donnant une torsion convenable, un certain nombre de fils de soie grège. Les fils ainsi obtenus sont de deux sortes : les trames et les organsins, qui eux sont employés directement au tissage des étoffes. Us sont préparés dans des usines appelées moulins, d'où moulinage, nom donné à cette industrie, et moulinier nom de celui qui la dirige.

Les soies grèges et les soies moulinées ont une certaine raideur et de la dureté au toucher à cause de la présence du grès. Elles ne peuvent être teintes ainsi et doivent être décreusées. Le décreusage qui s'obtient en faisant bouillir la soie dans de l'eau de savon la débarrasse du grès et lui donne au contraire un toucher doux, de la souplesse, de la blancheur et du brillant. Ces opérations successives seront décrites plus loin.

Déchets de soie.

Les cocons défectueux rejetés par le triage, les cocons percés provenant du grainage, ne peuvent être dévidés. Us forment, avec les déchets de Qlature et de moulinage, ce que l'on appelle les déchets de soie. Ceux-ci sont traités d'une façon toute spéciale dans des usines qui les transforment en schappes (1).

Autrefois, dans les régions séricicoles, les déchets étaient utilisés sur place en les fdant au rouet, après les avoir fait macérer dans une lessive de cendres de bois. Les cocons avariés donnaient la filoselle ; avec les frisons, on obtenait le fleuret, et la galette avec les cocons percés. Ces pratiques sont encore usitées en Chine et dans l'Inde.

Les fils obtenus par ces procédés ne peuvent être que grossiers et irréguliers.

(i) Fils appelés slvlssï fantaisies.

L'industrie de la schappe, d'origine récente, se développe de jour en jour; elle est arrivée à un rare degré de perfection.

Les fils de' schappe sont fabriqués par des procédés qui diffèrent complètement de ceux de la filature et du moulinage et ont plutôt de l'analogie avec l'industrie de la laine, du coton et du lin.

La qualité des schappes ne peut atteindre celle de» soies ouvrées ; ces iils possèdent cependant toutes les propriétés de la soie grège à un degré atténué, et leur prix plus réduit les fait rechercher par de nombreuses industries (passementerie, bonneterie, ameublements, fabriques de tissus simples, etc.).

Par le décreusage et des lavages répétés, les déchets de soie sont purgés d'une grande partie du grès qu'ils contiennent; ils sont ensuite débarrassés de toutes les matières étrangères (débris de bruyères, chrysalides, etc.) et soumis au peignage. ils peuvent alors être filés par les mêmes procédés que la laine et le coton.

Composition chimique de la bave. — La bave, ou fil de soie tel qu'il est émis par le ver, se compose essentiellement d'une matière gommeuse appelée grès et de fibroïne ou soie proprement dite.

M. Francezon, pour doser ces matières, après avoir pesé' exactement une certaine quantité de soie desséchée à Fétuve, la plonge pendant une demi-heure dans un bain de savon bouillant qui dissout la plus grande partie' du grès. 11 la traite ensuite par l'acide acétique bouillant, qui enlève les dernières traces de grès et les matières grasses. 11 ne reste plus que la fibroïne; qui est rincée à l'eau distillée, desséchée à Fétuve et pesée exactement. Le poids obtenu est celui de la fibroïne; en le déduisant du poids initial, on a le poids du grès.

Par de nombreux dosages, Francezon a établi la répartition du grès et de la fibroïne dans la soie des cocons, dans la blaze et dans les différentes couches de la coque. P. Vieil. — Sériciculture, 17

Grès p. 100.

Fibroïne p. 100.

Voici la moyenne des résultats qu'il a trouvés :

Blaze

Soie des couches extérieures de la

coque

Soie des couches intérieures de la

coque

Soie de la coque complète

Le grès est donc plus abondant dans les premiers fils émis par le ver, et sa quantité va en diminuant jusque dans les derniei*s fils.

M. Francezon a également déterminé la proportion de cendres donnée par les coques des cocons et par la soie grège :

Cendres de coques 1,64 p. 100.

— de soie grège filée à l'eau distillée 0,78 —

— de soie grège filée à l'eau distillée et

chrysalidée 0,75 —

Ces cendres sont composées de chaux, de magnésie, de sexquioxyde de fer et d'alumine.

En comparant les coques et la soie grège de cocons identiquBS, le résultat a été :

Jaunes Cévennes. Ck>ques de cocons. Soie grège.

Fibroïne (y compris 0,22 de sels).. 72,38 75,18

Grès 22,89 22,82

Corps extraits par l'alcool 3,27 1,44

Sels 1,46 0,56

Bien des chimistes ont entrepris l'étude de la composition chimique de la soie (Roard, Mulder, Cramer, Bolley, Schutzenberger et Bourgeois, etc.).

La composition du grès correspondrait à la formule C3oH5oAZioo*6 et celle de la fibroïne C-^oH*»AZ»oO*2, de sorte que la différence entre les 'deux serait de 2 mo-

lécules de H^O et de 2 atomes d'oxygène, ce qui a fait dire à BoUey que la bave émise par le ver à soie aurait une composition unique et que celle des couches superficielles se modifierait sous l'influence de l'air atmosphérique.

MM. Schutzenberger et Bourgeois ont établi que la fibroïne appartient au même type que l'albumine.

La soie chauffée fortement se boursoufle en répandant l'odeur de corne brûlée, caractéristique des substances azotées. Le charbon est friable et cassant; sous l'action de la chaleur rouge prolongée, il donne des cendres blanches dont lacomposition est indiquée plushaut.

La soie se dissout dans une solution ammoniacale d'oxyde de cuivre (réactif de Schweitzer) et dans l'oxyde de nickel ammoniacal.

Le chlorure de zinc basique à 60® B. peut dissoudre à froid ou plus rapidement à chaud une quantité notable de soie. Elle est également dissoute dans une solution alcaline froide d'oxyde de cuivre dans la glycérine.

L'acide sulfurique concentré, les acides chlorhydrique et azotique dissolvent également la soie à froid. L'acide azotique chaud la convertit en acide oxalique et en acide picrique. Les dissolutions étendues de potasse ou de soude caustique dissolvent le grès ; leur action prolongée peut attaquer la fibroïne elle-même.

La fibroïne se dissout dans les alcalis caustiques concentrés, d'où elle est précipitée, niais avec altération, par l'eau ou par l'acide sulfurique étendu. La fibroïne chauffée avec l'hydrate de potasse se transforme en acide oxalique.

Proi>riétés physiques de la bave. — Les principales propriétés de la bave ou fil de soie sont :

La longueur exprimée en mètres et qui varie de 300 à 1 500 mètres.

La ténacité exprimée par le nombre de grammes que peut supporter un fil de soie de 1 mètre sans se rompre. Elle varie de 4 à 13 grammes.

Vélasticité ou allongement en millimètres que peut subir un fil de soie de 1 mètre sans se rompre. Elle varie de 8 à i8. Il est à remarquer que le fil ne reprend pas sa longueur primitive lorsque la traction cesse ; il conserve la moitié de son allongement.

Le titre est le poids exprimé en grammes d'une longueur de 500 mètres (1).

La finesse est la longueur moyenne du fil, exprimée en millièmes de millimètre.

La soie a un très grand pouvoir absorbant pour l'eau, l'éther, les matières astringentes et colorantes, les gaz, etc. Dans l'air, elle fixe une proportion très grande d'humidité pouvant atteindre jusqu'à 30 p. 100, sans que cet état puisse être perçu à la vue ou au toucher.

Les prix de la soie suivent ces différentes qualités qui sont établies au moyen d'appareils très précis dans les conditions des soies (2). Le plus important de ces établissements par la perfection de ses méthodes et le chiffre de ses opérations est la condition des soies de Lyon.

Le tableau suivant résume les résultats de très nombreuses déterminations faites à la condition des soies et au laboratoire d'études de la soie à Lyon (3) :

(1) Le commerce lyonnais a conservé l'habitude d'exprimer le titre en deniers de 400 aunes. Le denier usuel (anciennement grain) équivaut à 0^,0531 et les 400 aunes à 476 mètres.

(2) La condition des soies de Lyon, fondée en 1803 par la chambre de commerce, obtint par un décret du 5 avril 1803 le monopole du conditionnement des soies.

L'essai des soies, appelé conditionnement^ a pour but de déterminer sur échantillons le degré d'humidité et les diverses qualités des soies pour en établir la valeur marchande.

Il existe 14 conditions des soies en France, 11 en Italie, 2 en Suisse, 2 en Allemagne, 1 en Autriche, 1 en Angleterre.

On consultera les rapports de M. Persoz à la chambre de commerce de Paris.

Il y a aussi des établissements libres ou essayeurs de soie.

(3) L. ViGNON, La soie, p. 96 (Bibliothèque des connaissances utiles).

BAVE DES VEHS DOMESTIQCES DU

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