EX MOYEN >E
Finesse
Ténacité
Élasticité
Tilrc
millièmes
ta
en
ienilliBdrt.
grammes.
grammes.
Toutes les espèces ou
variétés réunies
Espèces ou variétés à
cocons jaunes
Espèces de la France. .
— de l'Italie
— de rinde
— de la Chine...
Espèces ou variétés à
cocons verts.
Espèces ou variétés à
cocons blancs
Espèces de la France. .
— de l'Italie
— de la Chine. . .
— du Japon
Il ressort de ce tableau que les baves des vers d'une même race diffèrent suivant les régions où ils ont été élevés. Pour une même race, les éducations faites en Asie donnent des soies plus fines, moins tenaces et moins élastiques que celles faites en Europe.
La densité de la soie prise dans les glandes soyeuï?es est de 1,367 d'après Robinet, et d'après Vignon : de 1,101 à 1,118 dans le cocon, de 1,101 à 1,163 pour la soie grège et de 0,867 à 1,023 pour la soie décreusée.
La soie est un corps isolant ou di-éleclrique ; cette propriété la fait utiliser pour recouvrir les fils de cuivre, conducteurs des courants électriques. A l'état sec, la soie possède la propriété de s'éleclriser très facilement par le frottement.
La bave émise par le ver vue au microscope présente l'aspect d'une petite lanière (fig. 42) avec une rainure
longitudinale médiane qui provient de la soudure des deux brins qui ont formé le lîl unique.
En effet, comme nous l'avons vu, chacune des glandes
Fig. 42. — Fil de soie vu au microscope, 1/300. — a, fil montrant les deux brins primitifs constituants.
soyeuses émet un brin, et les deux se réunissent dans le tube excréteur avant la sortie.
Dévidage des cocods, — Le procédé primitif, encore employé par les Chinois, consiste à placer les cocons dans des bassines remplies d'eau chaude, ce qui permet d'étirer un faisceau de bave que Ton enroule sur un tour mû à la main. Mais, depuis plus d'un siècle, de nombreux perfectionnements ont été apportés en vue d'obtenir des fds de soie grège d'une régularité parfaite, de diamètre égal sur toute leur longueur, et offrant dans toutes leurs parties une ténacité et une élasticité homogènes, une surface unie, brillante et exempte de duvet. Ce résultat est obtenu par deux opérations distinctes :
1° Le battage par lequel on saisit, pour chaque cocon, l'extrémité du (il de soie ;
2° Le dévidage ou filage proprement dit par lequel on enroule sur un tour, 3, 4 ou 5 et même plus de ces fils
réunis ensemble, suivant le titre que Font veut obtenir.
Battage. — Pour Je battage, les cocons sont placés dans une petite bassine d'eau bouillante, où ils surnagent, et une ouvrière appelée batteuse les agite avec un petit balai en biniyère en leur imprimant un mouvement de rotation. Les brins de soie qui se trouvent à la surface du cocon, et les premières vestes soyeuses de texture imparfaite se détachent et s'agglomèrent en flottes. C'est ce qui constitue les déchets appelés frisons.
Lorsqu'elle a trouvé le fil continu ou maître brin qui doit se dévider sans interruption, la batteuse effectue la purge, c'est-à-dire sépare les frisons des maîtres biins.
Cette opération est un .peu délicate; si elle était faite trop tôt, le cocon se déviderait mal; si au contraire le battage était poussé trop loin, on emporterait avec les frisons une partie de la bonne soie.
Le poids des frisons atteint en moyenne le 30 p. 100 de la soie totale ; après séchage, ils sont livrés à l'industrie des déchets de soie.
Dévidage. — Loi'sque la purge est faite, les cocons sont portés, pour être dévidés, à l'appareil appelé tour (fig. 43).
L'ouvrière flleuse assise devant la bassine pleine d'eau chaude met les cocons dans l'eau en déposant les maîtres brins sur le bord de la bassine. Elle réunit un certain nombre de ces fils, suivant le titre désiré, et constitue ainsi un fil de grège. Ce faisceau de fils est engagé dans la filière, petit disqued'agate ou de poi'celaine percé d'un trou, puis dans un appareil croiseur.
L'un et l'autre sont destinés à arrondir le fil, à en extraire l'humidité par compression, à faire adhérer les brins entre eux et à donner au fil une surface lisse.
Le fil est amené de là sur le dévidoir ou asple par un guide appelé va-et-vient, dont le mouvement alternatif a pour but de croiser le fil sur le dévidoir.
Le grès est ramolli par l'eau chaude, et, si on ne lui
laissait pas le temps de sécher, différentes parties du fil se
colleraient entre elles sur Tasple. C'est pour ce motif que
le dévidoir est placé à une certaine distance de la bassine et que le croisement est nécessaire.
Dans les couches extérieures du cocon, le diamètre de la bave est plus fort que dans les couches intérieures. Dans le dévidage, le diamètre de la grège va donc progressivement en diminuant, et cela dans la proportion de 4 à i . Pour que la grège soit homogène, la fileuse doit ajouter de temps en temps un cocon au groupe primitif de façon à compenser la décroissance de grosseur des baves.
Pour que les brins de soie se soudent bien entre eux, ils passent en sortant de la filière dans des appareils croiseui^s.
Les deux systèmes de croisure les plus usités sont celui à la tavelle et celui à la Chambon,
Dans la croisure à la ^rtie//e(fig. 44), ^jg-^^ Groisuro le fil d'un groupe de cocons s'engage " à la tavelle. dans un guide placé au-dessus de la filière, monte verticalement, puis oblique pour passer sur une petite pouHe en verre, redescend presque verticalement sur une deuxième poulie semblable et reprend après plusieui's croisures la direction verticale jusqu'au moment où il s'engage sur un crochet en verre. Guidé par le va-et-vient, le fil va s'enrouler sur fasple.
Le système de croisure à la Chambon (fig. 45) exige le dévidage simultané de deux groupes de cocons, les deux faisceaux de bave formant chacun un fil de grège. Ces deux fils, peu après leur sortie des filières, viennent se croiser fun sur l'autre un certain nombre de fois ; ils reprennent ensuite chacun leur indépendance, passent sur deux crochets, dits barbins ou trcmbleiirs, prennent
la direction horizontale, et, après avoir été de nouveau croisés un certain nombre de fois, se dirigent respectivement sur un va-et-vient et sur un asple.
11 existe d^autres systèmes et perfectionnements, notamment celui à double torsion, qui est en usage surtout en Italie.
La température de l'eau dans la bassine doit être
maintenue régulière. Dans la filature à la Chambon, elle de 70 à 80° C, et l'asple, qui a un périmètre de 2 mètres envi ron, tourne avec une vitesse de 80 à 120 tours à la minute. Dans la filature à la tavelle, Te au est à 50° C. environ, et l'asple tourne moins vite.
Si la chaleur de Teau et la vitesse de rotation du dévidoir n'étaient pas combinées, les baves développeraient mal leurs sinuosités. Si un repli était entraîné, il formerait sur la grège un défaut appelé rfutef si la boucle est simple, et bouchon ou coste si le paquet est volumineux.
Une soudure mal faite laisse contre la grège une extrémité de bave libre. Ce défaut s'appelle mort-volant.
Dans le système de croisure à la Chambon, si un des fils vient à se rompre à la croisure, son extrémité peut se souder à l'autre fil et continuer à dévider avec lui. Cet accident est appelé mariage.
Il faut à l'ouvrière fileuse une grande habileté et une attention soutenue pour éviter les défauts dont il est question ci-dessus et pour rendre la soie grège régulière
Fig. 45. — Croisure à la Chambon.
et de bonne qualité. Une fileuse peut produire 25 à 28 grammes de soie par heure avec le système à la tavelle et seulement 18 à 20 avec le système à la Chambon.
De nombreux perfectionnements ont été apportés aux procédés de dévidage de la soie ; il serait trop long et hors de notre cadre de les décrire. Ils ont tous pour but d'économiser la main-d'œuvre, de perfectionner le travail et d'augmenter la production .
Dans toutes les filatures, on emploie aujourd'hui l'eau ou la vapeur comme force motrice.
Le chauffage était autrefois obtenu par un foyer placé au-dessous de chaque bassine ; actuellement, l'eau chauffée dans une chaudière en dehors de la salle de dévidage est amenée à chaque bassine par des tubes de cuivre munis de robinets. 11 y a pareillement une distribution d'eau froide, et par un mélange convenable l'ouvrière règle la température.
Le battage peut être fait mécaniquement, et plusieurs appareils appelés jette-bout font automatiquement le remplacement des cocons épuisés et l'adjonction du nouveau fil de bave. Bien des modèles de tour permettent à une seule ouvrière de surveiller le dé vidage de plusieurs grèges et même, comme avec l'ingénieux appareil de M. Léon Camel, jusqu'à 10 et 12 groupes de cocons.
La nature de l'eau employée exerce une certaine influence, qu'il ne faudrait pas exagérer cependant, sur le dévidage et la qualité de la soie. On admet que les eaux dures, riches en sulfate de chaux, donnent à la soie plus de couleur et de solidité. Lorsque l'eau des bassines est sale, on la renouvelle. Il est d'usage, dans les filatures, d'ajouter à l'eau du jus de chrysalides écrasées, ce qui, paraît-il, facilite le dévidage.
Dans tous les systèmes de tours, la soie grège est enroulée sur des asples démontables. Quand ils sont suffisamment garnis de soie, on les enlève et, en les démontant, on retire la flotte de soie pour la soumettre au
séchage. Le titre de la soie est déterminé, puis elle est pliée en écheveaux et livrée au commerce.
Nous avons vu que les frisons constituaient un déchet très important. On recueille aussi au fond de la bassine les pelettes ou telettes et les bassinés. Les premières sont les vestes soyeuses intérieures qui entourent la chrysalide et ne peuvent se dévider. On extrait la chrysalide, et les pelettes sont traitées comme déchets de soie, ainsi que les frisons et bassinés. Les cocons dits bassinés sont ceux qui, mal conformés, tels que faibles de pointe, percés, satinés, ont refusé de se dévider et, s'emplissant d'eau, sont tombés au fond de la bassine.
Les chrysalides sont séchées et vendues comme engrais pour Tagriculture. Elles contiennent une grande proportion de matières grasses et azotées, et leurs cendres sont riches en acide phosphorique et en potasse, comme en témoigne l'analyse ci-après faite par M. Quajat:
100 grammes de chrysalides parfaitement sèches donnent .^>k'*,750 de cendres, et 100 grammes de cendres contiennent (1) :
Acide sulfurique 4,3166
— carbonique 0,1756
— phosphorique 40,7000
— silicique Traces.
Phosphate de fer 0,3836
Magnésie 15,1941
Chaux 3,7963
Potasse 30,0130
Soude 2,2230
Chlorure de sodium 3,2901
L'abondance de» matières grasses que contiennent les chrysalides a donné l'idée de les utiliser industriellement, et entr'autres à la saponification.
(1) Verson et Quajat, p. 450.
Moulinage ou ouvraison.
(]omme nous l'avons dit, l'ouvraison transforme les fils de grège en (rames et en organsins,
La torsion d'un seul fil de grège porte le nom de premier tors et donne un fil appelé poil.
La trame est obtenue en tordant ensemble deux ou plusieurs fils de soie grège qui n'avaient pas été tordus au préalable individuellement.
Les organsins, employés pour la chaîne des tissus, sont obtenus en tordant ensemble, après les avoir assemblés, deux ou plusieurs fils de grège tordus préalablement et individuellement. Cette deuxième torsion, appelée torSy doit être faite en sens inverse de la première.
Ces apprêts des fils de soie se font à l'aide de machines spéciales appelées moulins à soie. Chacune de ces sortes de fils, poil, trame, organsin, se subdivise en un grand nombre de variétés, suivant le mode d'assemblage et la torsion qu'on leur a fait subir, f^e nombre de tours par mètre qu'a reçu au moulinage un de ces fils se compte au moyen d'un appareil nommé compteur d'apprêts. Une soie bien moulinée doit être nette, et sa torsion uniforme dans toutes ses parties. Suivant l'apprêt, les qualités et l'aspect des fils sont modifiés et font varier à l'infini l'aspect et les qualités du tissu auquel ils sont employés. C'est donc le fabricant de soieries qui doit combiner lestorsions et le mode d'assemblage de ces fils.
Essai des soies.
Le pouvoir absorbant de la soie est considérable. Dans un air humide, elle peut absorber une quantité d'eau dépassant de plus de 24 p. 100 son poids absolu.
Dans cet état, les opérations commerciales ne peuvent avoir lieu qu'en déterminant le poids que la soie doit
avoir à Tétat normal. Ce poids est appelé poids conditionné, et il est déterminé dans les conditions des soies qui établissent aussi les autres qualités des fds dont dépend leur valeur marchande : titre, ténacité, élasticité, netteté, proportions de grès et fibroïne, torsion des fils ouvrés.
Toutes les transactions se font en prenant pour base les résultats des déterminations faites par les conditions des soies.
Pour condilionner une balle de soie, après l'avoir pesée, on prélève un échantillon moyen (i), qui est pesé exactement, puis placé pour être pesé à l'état de siccité absolue dans l'appareil Talabot, Persoz, Rogeat (fig. 46). Cet appareil se compose d'un cylindre en tôle d'une contenance de 100 litres environ et dont le fond est percé de trous. U est enveloppé d'un deuxième cylindre, avec intervalle de 3 centimètres. L'air chaud d'un calorifère est amené dans l'intervalle et pénètre dans le cylindre intérieur par les trous du fond. U s'en échappe par une cheminée d'appel placée à la partie supérieure. Le cylindre intérieur est donc une véritable étuve constamment traversée par un courant d'air chaud. La soie est suspendue dans l'intérieur de l'étuve à l'extrémité dune tige traversant le couvercle. Cette tige est reliée à une balance de précision fixée sur l'appareil. Un thermomètre permet de lire la température, qui doit être réglée à 125-130** C. Lorsque la balance n'accuse plus aucune diminution de poids, c'est que la soie est complètement desséchée. Après avoir interrompu le courant d'air chaud, on pèse exactement l'échantillon de soie, ce qui donne son poids absolu. En augmentant de 11p. 100 le poids absolu, on a le poids marchand. Ce poids est celui qu'aurait la soie dans un milieu à air moyennement sec,
(1) Cet échantillon moyen est formé en prélevant trois échoveaux, l'un au-dessus, l'autre au centre et le troisième à la partie inférieure de la balle.
Fig. 46. — Appareil Talabot, Persoz, Rogcat, pour le conditionnement de la soie.
Lk SOIE.
et c'est celui qu'on a décidé d'adopter dans les transac lions commerciales. Le poids de la balle étant connu, on
en déduit son poid^^ absolu d'après celui de l'échantillon, et son poids marchand est fixé en le majorant de 11 p. 100.
Pour déterminer le titre (Tune soie^ c'est-à-dire le poids d'une longueur de 500 mètres, on dévide l'échantillon moyen en l'enroulant sur une tavelle de l™,2a de périmètre et munie d'un compteur de loui^. Un appareil spécial arrête la t;a V e 1 1 e après 400 tours, soit ;iOO mètres de fiU Le poids de la soie retirée de la tavelle donne son titre.
Pour avoir le titre plus exactement , ces essais sont renouvelés vingt fois sur d'autres portions de 500 mètres de fil, et on prend la moyenne. S'il y a des écarts notables entre les résultats, c'est que la soie n'est pas régulière. On indique également le nombre de ruptures du fil qui se sont produites pendant les essais.
Fig. 47. — Sérimètre.
La ténacité (nombre de grammes que peut supporter 1 mètre de fil sans se rompre) et V élasticité (allongement en millimètres que peut subir un fil de 1 mètre) sont déterminés au moyen du sérimètre (fig. 47).
Un ressort dynamométrique est placé sur une planchette verticale, et une aiguille indique sur un cadran gradué TefTort exercé sur le dynamomètre. Le fil de soie est attaché d'une part au ressort et, d'autre part, sur la même verticale, sur un curseur situé en dessous et à 0™,50 du dynamomètre. Ce curseur se meut sur une échelle graduée. Un système de contrepoids exerce une tension régulière sur le fil jusqu'à sa rupture. A ce moment un mécanisme arrête l'aiguille et le curseur. Le poids qui a occasionné la rupture est indiqué par l'aiguille du dynamomètre et exprime la ténacité. Le chemin parcouru par le curseur représente l'allongement de 0°^,50 de fil. L'élasticité sera donc double de cet allongement.
Une soie est d'autant plus nette que les défauts tels que duvets, bouchons, baves flottantes, sont moins nombreux.
Pour déterminer cette netteté d'une grège, deux moyens sont usités : dans le premier, on oblige une longueur déterminée de fil à passer entre les branches d'une pince garnie de drap, avant de s'enrouler sur une bobine- Les duvets et baves flottantes sont retenus par le drap ; s'il y a des bouchons ou autres paquets quelque peu volumineux, ils arrêtent le dévidage et provoquent la rupture du fil. Le poids du duvet retenu et le nombre de ruptures établissent la netteté. L'autre moyen consiste à faire passer une longueur de fil donnée (quelques 100 mètres) devant une glace noire. Les défauts visibles à l'œil sont comptés exactement, et leur nombre par 100 mètres représente la netteté.
La soie grège doit être décreusée, c'est-à-dire., délmirassée de son grès avant d'être teinte. On cherche donc à se rendre compte du déchet qu'elle donnera ou de la proportion en grès et en fibroïne ou soie pure.
L'échantillon (100 gr. environ) destiné au décreusage est exactement pesé, au centigramme près, après dessiccation absolue, puis soumis à deux reprises et pendant une demiheure chaque fois à Taction d'un bain d'eau de savon en ébuUition. La proportion de savon est d'un quart du poids de la soie, et sa qualité doit être constante. La soie est de nouveau séchée complètement, puis pesée.
La différence entre les deux poids donne la perte au décreusage par suite de la dissolution du grès ou de toute autre matière organique qui aurait été additionnée dans un but frauduleux Le tableau suivant (i) indique les pertes au décreusage que subissent en moyenne les soies de diverses provenances.
Pertes au décreusage
Provenances.
France
Espagne
Piémont
Italie
Brousse
Syrie
Grèce, Volo, etc.
Bengale...
Chine
Grèges.
Trames.
i Blanc. .
' Jaune..
l Blanc. .
' Jaune..
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^•'p- \fzt
Tussali Jaune..
(I) Adrien Perret, Monographie de la condition des soies de J-yon, p. 199.
Organsins.
A cause du prix élevé de la soie, les fraudeurs ont souvent essayé d'augmenter son poids par Taddition de matières étrangères. Nous avons vu que le décreusage enlevait les matières organiques. La présence des matières minérales ne peut être révélée que par l'analyse chimique. M*" Vignon a établi qu'une surcharge de substances minérales pouvait être dévoilée par l'incinération. 100 grammes de
Fig. 48. — Compteur d'apprôls.
soie pure ne devant donner que 0&'*,80 à 0»'',85 de cendres ; les soies qui en donneraient davantage peuvent être considérées comme surchargées (1).
Les soies ouvrées ou moulinées ont subi des torsions diverses, comme nous l'avons expliqué plus haut.
Le nombre de tours est déterminé par le compteur d'apprêts (lig. 48). Cet appareil très simple se compose de deux pinces fixées sur une planchette à 0™,50 de distance. L'une est fixe et l'autre est reliée à un compteur de tours. Les fils à essayer doivent être préalablement décreusés afin que les fils élémentaires puissent parfaitement se séparer. Pour connaître la torsion qu'a subie un fil ouvré, on le tend en le fixant aux pinces par ses deux extrémités; on le détord complètement, et le nombre de tours indiqué par l'aiguille multipfié par 2 donne la torsion au mètre. S'il s'agit d'organsins, on détermine d'abord le nombre détours du tors (ou 2« torsion) ; puis on sépare les éléments et on procède de la même façon sur l'un d'eux en observant que la torsion est en sens inverse.
(1) Vignon, La soie, Paris 1890. (Bibliothèque des connaissances utiles.)
Toutes les opérations que nous venons de décrire sont indispensables pour établir la valeur marchande d'une soie. Il y a des écarts considérables dans le degré de siccité, suivant les condi lions athmosphériques auxquelles les balles de soie ont été soumises pendant le transport et leur séjour dans les entrepôts. Au point de vue du titre et des autres qualités physiques, les soies d'Europe sont assez régulières et semblables entre elles, car elles sont toutes traitées dans des fdatures et moulinages possédant un outillage perfectionné. 11 n'en est pas de même des soies d'Orient, qui présentent d'énormes variations dans le titre et la netteté, parce qu'elles proviennent de filatures domestiques dont les procédés sont rudimentaires.
Teinture et tissage.
La teinture, précédée du décreusage, a réalisé d'immenses progrès et pris un grand développement. Basée autrefois sur la routine, elle s'est perfectionnée pour devenir une des branches les plus importantes de la chimie appliquée à l'industrie. De grands établissements de teinture décreusent les fils de soie, leur donnent des couleurs variées et les rendent aux fabricants de soieries prêts à être mis sur le métier.
Certains tissus de teinte uniforme ne sont décreusés et teints qu'après le tissage. Ce sont les tissus très légers qui n'auraient pu être composés facilement à cause de la fragilité des fils une fois décreusés, ou bien d'autres tissus qui, devant être vendus à bas prix, sont formés de fils de qualité inférieure et peu résistants. La teinture en pièces permet en outre de donner une surchage à ces étoffes.
Tout le monde sait que le tissage des belles soieries, dont beaucoup sont de merveilleux chefs-d'œuvre, est exécuté par de modestes ouvriers lyonnais (canuts), qui travaillent à façon dans leur domicile. Les métiers sont