TEINTURE ET TISSAGE
mus à la main (1). Il y a cependant tendance, de la part des fabricants, à substituer des installations de tissage mécaniques au travail des ouvriers isolés. Les métiers réunis dans une usine et mus par de puissants moteurs sont d'un fonctionnement plus rapide ; leur groupement procure une grande économie et facilite la surveillance el la distribution du travail. Mais ces métiers ne peuvent servir qu'à la fabrication des étoffes de composition simple, telles que les taffetas, tulles, rubans, soies unies, etc.; les belles étoffes façonnées sont toujours tissées à la main et feront encore longtemps la réputation de la Cité lyonnaise.
(1) Cependant, grâce à la distribution de la force électrique à domicile pour la petite industrie, il devient possible de faire fonctionner le métier à tisser en évitant à l'ouvrier le travail purement mécanique et lui permettre de donner tous ses soins à l'exécution de son œuvre.
La soie n'est pas seulement un objet de luxe ou de mode passagère, mais elle est devenue par ses multiples emplois un article de première nécessité.
En présence de cette immense consommation, on a cherché des produits similaires à la vraie soie du Bombyx mori et d'un prix moins élevé.
La plupart des chenilles filent un cocon plus ou moins régulier pour s'abriter contre les imtempéries ou pour opérer à couvert leur transformation en chrysalides et en papillons.
C'est sur ces cocons que les études se sont portées tout d'abord, et on est arrivé à en retirer des soies moins fines, moins régulières et moins tenaces, offrant cependant des qualités suffisantes pour être utilisées et avoir de nombreuses applications.
On appelle ces fils soies saiivageSj et ils sont importés surtout d'Asie sous le nom général de tussah.
Les principales espèces de chenilles sauvages qui ont pu être utilisées font deux sortes de cocons : les unes font des cocons ouverts et les autres fermés. Les cocons ouverts ne peuvent être filés et sont traités d'une façon analogue aux déchets de soie.
Les cocons fermés peuvent être dévidés, mais leur récolte demande une grande attention, car il faut les prendre avant que les papillons en soient sortis (1).
(1) Nous ne pouvons nous étendre longuement sur la description de toutes les espèces de chenilles séricigènes sau-
LWnthcrœa mylitta est un des plus importants et produit la soie dénommée tussah, nom qui a été donné par extension à toutes les soies sauvages. Il est originaire de rinde ; on l'a introduit en Europe, où il est élevé à Tétai semi-domestique. Dans son pays d'origine, il esttrivoltin, et on en fait trois récoltes successives. Les chenilles se nourrissent de ricin et de différents rhamnus ou nerpruns. L'élevage dure environ deux mois et demande une température de 24° C. au minimum. Le cocon est formé de plusieurs vestes, dont l'extérieure de couleur brune se termine par une sorte de pédoncule en forme de boucle par lequel le cocon est attaché (fig. 49). Les cocons une fois débarrassés de leur première enveloppe présentent les couleurs variant du blanc sale au jaune-paille ou jaune verdàtre. Leurs dimensions vont, suivant la provenance, de 35 à 65 millimètres dans le plus grand diamètre et de 23 à 35 dans le plus petit. La longueur du pédoncule
vages, dont la liste augmente du reste chaque jour. On consultera avec intérêt, les ouvrages suivants :
Le récent et remarquable travail du D"" Quajat, sous-directeur de la station séricicole de Padoue : Dei Bozzoli più pregevoli che preparano i lepidotteri setiferiy Padova, 1904 ; le Bulletin du laboratoire d'études de la soie à Lyon ; le Bulletin de la Société nationale d' acclimatation , Paris ; Indian Muséum notes, Calcutta; Bull. Societa Italiana di scienze naturali. Milan. — Rondot (N.), L'art de la soie, Paris, 1887. —Girard (M.), Traité d'Entomologie, Paris, 1885. — Wardle (Th.), Les soies des vers sauvages de l'Inde et leur emploi dans Vinduslrie, Paris, 1887. — Sonthonax (L.), Essai de classification des lépidoptères producteurs de soies [Lab. d'études de la soie à Lyon). — Cotes (E.), The wild Silk Insects of India {in Indian Muséum Notes). — Hubert Jacob de Cordemoy, Les soies dans T Extrême- Orient et dans les Colonies françaises, Paris, 1902; les espèces séricigènes, leur biologie, la production et le commerce des soies, in Produits coloniaux. {Bibliothèque coloniale), J.-B. Baillière. — Levrat (D.) et Conte (A.), Notes sur l'élevage des vers à soie sauvages {Lab. d'études de la soie à Lyon). — Fauvel, Les sétncigènes sauvages de la Chine. — Camboué (P.), Bombyciens séricigènes de Madagascar {Bull, Soc. accL, 1886). — De LA Vassière et Albinal (PP.), Vingt ans à Madagascar; — etc.
varie également de 38 à 70 millimètres. Le nombre de cocons au kilogramme est de 100 à 350. Le papillon sort ^généralement par le côté du pédoncule. Les papillons sont d'une beauté remarquable, de couleurs variées. Le fond est cendré avec teinte verte et rouge vineux. L'envergure est de 15 à 17 centimètres.
La soie de ces cocons filée ou cardée par des procédés spéciaux est employée en étoffes d'ameublement et surtout à la confection de la peau de loutre pour vêtements d'hiver.
VAntherœa Pernyi est originaire de Chine; sa chenille, de couleur S^' ^ fc^âi^ jaune et verte, se nourrit de feuilles >^*'- - ^ .^T^^B de chêne de toute espèce. Elle est élevée à l'état semi-domestique.
Toutes jeunes, on les abrite sous des cabanes, et ensuite on les place sur les arbres. L'élevage a été essayé plusieurs fois avec succès en France, en Espagne et en Italie.
Sa dm*ée varie suivant la température et est en moyenne de cinquante à soixante-huit jours; l'espèce étant bivoltine, on peut en faire deux élevages par an.
Les cocons, fixés aux branches et entourés de feuilles, sont gros, de forme ovoïde {Vig, 50), de 43 millimètres de longueur environ. Il en faut à peu près 450 pour 1 kilogramme, et 1 kilogramme de cocons secs donne en moyenne 200 grammes de soie grège. Leur couleur varie, suivant la provenance, du blond clair au brun- noisette. Les papillons dont l'envergure est de 15 centimètres sont de couleur assez uniforme, les ailes d'un gris cendré avec
Fig. 49. — Cocon iVAntherœa mylitla.
une bande transversale claire. Sur. chacune des quatre ailes, on remarque une tache en forme d'œil. La récolte totale en cocons secs a été évaluée à 22 millions de kilogrammes, i 280 000 kilogrammes de soie grège sont importés en Europe.
UAntherœa yama mai est, de toutes les chenilles séricigènes sauvages, celle dont on a le plus parlé. Son élevage