‹ SéricicultureChapitre 55 sur 89 · Cocon (VAnlherœa Pernyi · texte numérisé non relu

Cocon (VAnlherœa Pernyi

se fait en grand au Japon, où sa soie est très appréciée. Ces chenilles se nourrissent de feuilles de chêne de toute espèce, refusant seulement celles qui ont des épines. Elles acceptent, après la dernière mue, des feuilles P. Vieil. — Sériciculture, 18

d'autres arbres : jujubier, sorbier, châtaignier, etc. A ce moment leur couleur est d'un beau vert transparent ; des deux cùtés du corps, on remarque des points d'un brillant métallique. La durée de l'élevage varie beaucoup* (de trente à soixante-djx jours) suivant l'altitude.

La chenille construit son cocon au milieu des feuilles en le fixant à la branche par un petit cordon de soie. La couleur des cocons varie du vert clair au jaune vert. Leur dimension est de 45 millimètres dans le plus grand diamètre et 25 dans le diamètre transversal. 11 faut environ 200 cocons pour 1 kilogramme ; ils sont facilement dévidables par une simple macération dans l'eau chaude. La soie obtenue est brillante et de couleur jaune-canari ou verdâtre. Les papillons sont superbes et d'un coloris variant à l'infini ; l'envergure est d'environ 15 centimètres.

UAntherœa assama abonde dans l'Inde, VAssam notamment. U est élevé à l'état semi-domestique, et on en fait cinq élevages par ah, en faisant éclore les œufs à l'abri de cases ou cabanes. Puis on laisse les chenilles se nourrir à l'air libre de feuilles diverses, et on les recueille au moment de la maturité, alin qu'elles construisent leurs cocons sur des bois préparés à cet effet. Le cocon a 45 millimètres de longueur sur 25 de largeur et donne une bave dévidable de couleur brune. D'après les expériences faites à Lyon, au laboratoire d'études de la soie, 9 kilogrammes de cocons secs donnent 1 kilogramme de soie. La production est évaluée à environ 300000 kilogrammes de soie, dont la plus grande partie est consommée sur place.

La Saturnia pyri ou S. pavonia major, grand paon de nuit, est répandue dans toute l'Europe centrale et méridionale et dans l'Asie Mineure. Les chenilles de très grosse dimension, 15 à 20 centimètres de longueur, 4 centimètres de circonférence à la maturité, sont de couleur verte avec huit taches bleues garnies de poils sur chaque anneau; elles vivent au dépens des arbres fruitiers et

notamment du poirier, dont elles dévorent les feuilles. On les rencontre aussi sur d'autres arbres, même sur les platanes.

Elles construisent leurs cocons sur les arbres à la bifurcation des branches ou à l'angle desmui^. Ce cocon, qui paraît fermé, est en réalité ouvert ; il mesure 60 millimètres de longueur sur 24 de largeur. Sa bave est très irrégulière, et il est difficile de l'obtenir industriellement par le cardage ; du reste, le cocon est fort peu riche en soie, n'en contenant en moyenne pas plus de

I gramme.

Le papillon est le plus grand de tous ceux connus en Europe; il mesure jusqu'à 15 centimètres d'envergure; le corps est brun, la partie antérieure blanc rougeâlre ; les ailes sont grises bordées de blanc et ont chacune un œil de paon de couleurs vives et variées.

VAUacus Cynthia ou Phylosamia Cynthia, papillon de lailante, est originaire de la Chine, du Japon et de l'Inde.

II fut introduit en France en 1859. Des élevages nombreux furent faits dans l'Indre-et-Loire et aux environs de Paris, où on le rencontre fréquemment de nos jours à l'état sauvage.

La nourriture préférée de la larve est la feuille de Failante (vernis du Japon); mais elle accepte d'autres feuilles, parait-il, entr'autres la feuille du mûrier. Son élevage est facile, soit à couvert, soit directement sur les arbres; sa durée est de vingt-cinq à trente jours.

Guérin-Menneville a été le propagateur de cet insecte et conseillait de planter les terrains incultes en allantes (1).

Le ver à soie de l'allante est généralement bivoltin,

(1) GuÉRiN Menneville, Rapporl sur les travaux entrepris pour introduire les vers à soie de Vailante en France et en Algérie, Paris, 1860 ; Education du ver à soie de Vailante et du ricin, Paris, 1860; Rapport sur les progrès de la culture de Vailante et Véducation du ver à soie, Paris, 1862.

mais quelquefois annuel ou trivoltin. La chenille est grise à la naissance, couverte de poils ; elle change de nuance et devient bleu verdàtre à la maturité. Sa longueur est de 4 millimètres à la naissance et atleint 8 centimètres de long et 1 centimètre et demi de diamètre à la lin de sa vie. Pour former son cocon, la chenille, après avoir tapissé une feuille de sa bave soyeuse, tisse un cordon qu'elle attache au pédoncule et construit sous un réseau de fils grossiers un cocon en forme d'olive, de couleur grise ou jaune clair. Les dimensions moyennes de ce cocon sont de 33 millimètres de longueur et de 13 millimètres de diamètre. 11 en faut de 4 à 600 pour 1 kilogramme, et 1 kilogramme de cocons donne environ 150 grammes de soie grège. La longueur de la bave de chaque cocon est en moyenne de 500 mètres, et sa finesse de 40 millièmes de millimètres. Elle manque de brillant. D'après Quajat, sa ténacité est de iO grammes et son élasticité de 155 millimètres. Le cocon est ouvert, bien que d'apparence fermée.

Le corps du papillon est gris jaunâtre ; les ailes de même nuance sont divisées en deux parties par une rayure noire et blanche. Sur chacune des quatre ailes, on remarque une lunule colorée. L'envergure est de 14 à 15 centimètres.

La soie de ces cocons est employée en Chine par les indigènes, qui en tissent des étoffes solides, mais un peu rudes. On peut évaluer cette production à 400000 kilogrammes environ.

Les efforts faits en Europe pour acclimater cette variété ont rencontré un obstacle insurmontable pour l'emploi industriel du cocon, qui est difficilement dévidable par les procédés simples, car il est ouvert à une de ses extrémités.

UAttacus Atlas se rencontre dans presque toute l'Asie et surtout en Chine et dans l'Inde. La chenille se nourrit de toutes sortes de feuilles d'arbres et arbustes : chêne,

saule, épine-vinette, etc. Sa vie se divise en six phases; à chacune des mues, la larve change de couleur ; d'abord noire avec des tubercules recouverts de poils blancs, elle devient de plus en plus claire. A la cinquième mue, elle est de couleur jaune sombre. Après la sixième mue, elle est de couleur vert clair, et les tubercules recouverts de poils sont d'un beau bleu-azur. Après avoir vécu deux mois environ, la chenille construit son cocon , sorte de sac fusiforme attaché aux petites branches et aux pétioles des feuilles. La longueur est de 7 à 8 centimètres et la largeur de 3 à 4 centimètres. Si on dépouille ce sac de son enveloppe extérieure, on trouve un cocon de forme ovoïde de 6 centimètres de longueur sur 3 centimètres de diamètre. Sa couleur terre d'ombre clair varie légèrement suivant l'essence qui a servi de nourriture à la larve. Une des extrémités de ce cocon est formée par un réseau de fils plus lâches, qui s'écartent facilement du dedans au dehors pour laisser sortir le papillon, mais ne peuvent s'écarter en sens contraire. Le cocon sans chrysalide pèse 1»'^,5 à 2 grammes. La bave plate, a d'après Wardle, une élasticité de 25 à 31 millimètres, une ténacité de 7e%5 à 8k%6 et une finesse de 38 à 50 millièmes de millimètre. Le papillon est le plus grand de tous les lépidoptères connus, son envergure atteignant 25 centimètres ; le coiT)s n'est pas très gros, eu égard à la dimension des ailes. La couleur générale est gris-fer ; vers le bord externe des ailes se trouve une bande noire sur fond jaune. Une série de lignes noires, blanches et roses, divisent longitudinalement les ailes en deux parties; chacune des ailes porte une tache triangulaire transparente entourée d'une auréole noire. L'élevage de ces larves est très facile et peut se faire à l'air libre ; elles ne sont pas coureuses et restent sur l'arbre où elles sont nées, tan. qu'elles y trouvent leur nourriture. Il faut les garantir des fourmis et de tous les insectivores en général. L'espèce est annuelle, mais peut devenir bivolline sous l'effet de

la domesticité. Le cocon n'est que difficilement dévidable après ébullition dans une solution alcaline.

En Chine et dans l'Inde, ces cocons sont cardés, et la soie obtenue est utilisée à la confection d'étoffes grossières, mais très i*ésistantes et presque inusables.

La Lasiocampa otus n'est guère intéressante qu'au point de vue historique. Un sait que les anciens connaissaient deux espèces de soie, la bombique et la sérique. D'après les recherches de Demaison (1), la Lasiocampa otus serait précisément l'espèce dont parle Pline et qui fournissait la soie venant de lile de Cos, soie fine et légère dont les tissus étaient appréciés, mais inférieurs à ceux que les caravanes apportaient de l'Asie. Ces derniers étaient évidemment en soie du Bomhyx mon.

Les larves de Lasiocampa otus se nourrissent de feuilles de cyprès, de lentisques, de thérébinles, d'ormes, etc. Les jeunes vers naissent en août ou commencement septembre, mangent pendant la nuit et, le jour, se réunissent en groupes, soit à la base du tronc de l'arbre, soit à la partie des branches qui se trouvent à l'abri de la lumière. Au bout d'une quarantaine de jours, les larves ont accompli trois mues ; l'hiver est proche ; elles se retirent au pied des arbres et s'enfouissent sous les feuilles sèches et débris accumulés. En mars, elles abandonnent leur quartier d'hiver et recommencent à manger jusqu'en juillet, époque à laquelle elles font leurs cocons. Leur couleur est sombre, analogue à celle de l'écorce des arbres sur lesquels elles vivent ; cette particularité les dissimule à leurs ennemis. Les cocons sont blanc verdàtre, ovoïdes, d'un tissu assez lâche et ouverts à une de leurs extrémités. Les dimensions varient, suivant la provenance, de 6 à 9 centimètres de longueur et de 3 à 4 centimètres ce diamètre. Le nombre de cocons au kilo-

(1) Demaison, Recherches sur la soie que les anciens liraient lie nie de Co9, Reims, 1884.

gramme varie de 130 à 160. Leur richesse en soie est faible ; il faut 1 500 à 2 500 cocons pour obtenir 1 kilogramme de matières soyeuses. La bave est striée ; sa finesse est de 18 à 19 millièmes de millimètre dans les couches internes et de 20 à 25 millièmes de millimètre dans les couches externes ; elle contient une assez forte proportion de grès (35 p. 100). Débarrassée de ce grès dans une solution de savon, cette bave devient parfaitement lisse.

Les papillons de Lasiocampa otus ont le corps et les ailes recouverts d'écaillés de couleur gris foncé, et les ailes sont repliées en forme de toit ; les antennes, chez les mâles, ont une forme particulière, larges et roulées sur elles-mêmes en vrille. L'abdomen des femelles est volumineux. D'après Pline, les cocons étaient dévidés au fuseau après avoir été ramollis dans l'eau chaude. La bave est très résistante, ce qui rend le dé vidage difficile et explique l'insuccès des nouvelles tentatives faites en vue de son emploi industriel.

Citons encore le Borocera madagascariensis, que l'on trouve à Madagascar, espèce polyphage, mais qui vit de préférence sur les arbres fruitiers, pommiers et pruniers. Les chenilles ont cette particularité qu'elles construisent leurs cocons soit sur les arbres, soit au milieu des herbes ou des feuilles mortes. Elles sont du reste très coureuses et font souvent leurs cocons loin du point où elles ont été élevées. L'élevage dure en moyenne trente jours dans la zone chaude du littoral. L'espèce est polyvoltine. Le cocon a une forme ovale, de couleur grise, à tissu trèa serré; selon Rondot, il y aurait une grande différence de dimensions entre les cocons des mâles qui mesureraient 30 X 15 millimètres et ceux des femelles qui auraient 50 X 30.

Les cocons du Borocera sont filés à Madagascar. Après les avoir fait bouillir dans une solution de cendres, on les y laisse macérer pendant huit à dix jours, puis ils sont

géchés et filés simplement à la main. Les indigènes en lissent des étoffes en laissant au fil sa couleur naturelle ; elles sont d'une grande solidité.

La Théophila mandavinn ressemble beaucoup au ver à soie du mûrier. Celte espèce a été introduite en France en 1884 par M. Rondot et a fait l'objet d'une étude très détaillée publiée par le Laboratoire d'étude de la soie à Lyon. Elle est originaire de Chine, et on la rencontre aussi dans l'Inde et le Japon. La chenille vit sur le mûrier. Ce cocon est de couleur jaune clair, enveloppé d'un tissu léger et terminé par un petit cordon. A l'intérieur, le cocon est pointu à l'une des extrémités et sphérique à l'autre. 11 est d'un tissu régulier et très serré. Il mesure de 20 à 25 millimètres de longueur et 10 à 12 dans sa plus grande largeur. La bave a environ 200 mètres de longueur; elle est d'une finesse de 25 millièmes de millimètre; son titre varie de Ok%018 à0ff'*,021, son élasticité de 8 à 12 p. 100, et sa ténacité est d'environ 8 grammes. La soie de ce cocon est riche en grès, 23 à 25 p. 100 environ. En Chine, on fait avec cette soie des étoffes claires et légères, mais d'une grande solidité, qui servent à confectionner des ceintures, des voiles, des turbans, etc. Par l'élevage domestique, on pourrait sans doute améliorer cette espèce et les qualités de sa soie, tout en conservant à l'insecte sa grande robusticité.

Araignée de Madagascar. — On a essayé, il y a quelques années, d'utiliser les fils émis par une araignée d'espèce particulière qui abonde à Madagascar. Ces fils sont assez analogues à la soie, et cette araignée en produit une quantité considérable ; mais, pratiquement, les résultats n'ont pas donné ce qu'on en espérait, à cause du prix de revient très élevé, et celte étude paraît abandonnée.

11 est difficile d'apprécier l'importance de la production des soies provenant d'espèces sauvages. La consommation indigène est très considérable, mais on ne possède aucun chiffre, même approximatif, sur cette production.

Page 1