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SOIE ARTIFICIELLE

Devant la consommation croissante de la soie, de nombreux essais ont été tentés pour la produire artificiellement. Les chercheurs qui se sont adonnés à ces essais ont cru tout d'abord être arrivés à un bon résultat par l'emploi du verre filé ; mais ce procédé est aujourd'hui presque oublié.

De plus sérieuses espérances avaient été fondées sur le filage de la gélatine. Malgré un aspect agréable qui rappelle celui de la soie et son aptitude à la teinture, elle présente de nombreux inconvénients qui paraissent rendre impossible son utilisation. En outre de sa fragilité, son principal défaut estque, bien que rendue insoluble, la gélatine se gonfle et s'amollit sous l'action de l'humidité ; elle perd alors de son éclat et devient légèrement gluante.

Des résultats plus sérieux ont été obtenus par différents procédés, qui ont tous pour principe l'emploi de la cellulose dissoute, puis passée dans une série de filières ténues.

Un grand nombre de procédés de dissolution ont été préconisés. Nous signalerons seulement les deux principaux, qui ont donné naissance à une industrie en plein fonctionnement :

Le procédé Fremenjy par lequel la cellulose est dissoute dans la liqueur cupro-ammoniacale, est exploité en Allemagne et en France par la Société de la soie artificielle, à Givet (Ardennes) et à Isieux (Loire).

Le procédé le plus ancien et le plus connu est le système de Chardonnet, qui consiste dans la nitriflcation de la cellulose et dans la dissolution de cette nitrocellulose dans l'alcool- et l'éther. La société : « La soie de Chardonnet », de Besançon, dont plusieurs filiales sont à

rétranger, après de longs et persévérants efforts, est arrivée à présenter un produit : la soie artificielle, offrant une grande similitude avec la vraie soie. Elle a sa souplesse, sa résistance et son brillant, et parfois même le produit artificiel dépasse le produit naturel en éclat. Le seul défaut de ces fils est de se briser instantanément lorsqu'on les mouille. Ils ne peuvent donc, comme la vraie soie, être employés à la confection des tissus devant être exposés aux intempéries, lis sont néanmoins utilisés dans la fabrication des tentures, ameublements, passementeries, etc.

Nous ne pouvons décrire les procédés de fabrication de la soie artificielle, qui sont brevetés, et du reste cette description ne donnerait que les principes et le point de départ. Ce n'est qu'à la suite de nombreux tours de main que l'expérience a appris aux initiés, et aprôs certains tâtonnements, qu'on est arrivé à la mise au point définitif. Ces détails sont précisément, dans leur ensemble, le secret des sociétés et leur cause de succès.

En résumé, il serait puéril de contester les mérites de la soie artificielle, mats elle n*est point destinée à détrôner la vraie soie; elle n'en a d'ailleurs pas la prétention. La vraie soie sera toujours l'article de luxe et de confortable. Les soies sauvages, les déchets de soie et la soie artificielle se prêteront à des usages nombreux en raison de la modicité de leurs prix. La vulgarisation, la mise à la portée de tous d'un produit cher et recherché doit forcément augmenter sa consommation dans de fort larges proportions. De même que le coton, sans supprimer la laine et le fil de lin, a eu de multiples applications nouvelles, la soie artificielle, sans se substituer à la vraie soie, aura de nouveaux et multiples emplois auxquels cette dernière ne peut prétendre à cause de son prix élevé.

Caractères généraux.

Le mûrier {Morus, en grec Moréa), genre de plantes dicotylédones, dialypétales, hypogynes, dont la feuille, comme nous l'avons dit, est la base de l'alimentation du ver à soie, est le type de la famille des Marées ou moracées.

Les caractères principaux sont : fleurs unisexuées, monoïques ou dioïques ; calice à quatre folioles lobées ; quatre étamines opposées à ces lobes dans les fleurs mâles ; dans les fleurs femelles, ovaires sessiles à deux stigmates allongés ; le fruit est formé d'akènes enveloppés et réunis par les calices ; il devient charnu dans certaines espèces, ou bien les akènes restent simplement libres. Les espèces de ce genre sont des arbres ou des arbrisseaux à suc laiteux ; les feuilles sont le plus souvent alternes, munies de deux stipules caduques à leur base ; les fleurs sont disposées en chatons serrés, axillaires ou terminant les ramifications de la tige.

On rencontre ces végétaux principalement dans les régions tropicales des deux continents.

Espèces et variétés.

Ce genre comprend trois groupes principaux :

Le mûrier rouge (Morus ruhra) a été importé d'Amérique par Parkinson et appelé par lui Morus virginiana, en l'honneur de la province où il avait été découvert. Il fui appelé par Linné Morus ruhra. C'est un grand et bel arbre qui s'élève jusqu'à 25 mètres avec une cime

large et touffue. Les feuilles sont assez grandes, nombreuses, ovales, finissant brusquement en pointe allongée et dentée. Quand elles sont jeunes, leur face inférieure est recouverte de très nombreux poils courts qui lui donnent un aspect blanchâtre. En avançant en âge, ces poils tombent, et la face inférieure présente le même aspect que la face supérieure, qui est unie et luisante.

Les fruits de ce mûrier, d'abord rouges, deviennent presque noirs à la maturité et sont d'un goût acide et sucré assez agréable.

Les vers à soie acceptent difficilement les feuilles de mûrier rouge. Les éducations faites exclusivement avec cette feuille donnent des vers débiles, qui font des cocons légei*s, pauvres en soie et défectueux.

Cet arbre, originaire des États-Unis et du Canada, est très rustique et résiste à un froid très rigoureux. Il est donc à regretter que sa feuille convienne mal à l'éducation des vers à soie. Son bois de couleur jaune, d'un joli grain, peut recevoir un beau poli; il est très employé en Amérique pour les constructions navales et la charpente.

Le mûrier >i0iR {Morus nigra) est probablement originaire de Perse ; il fut introduit dans l'Italie méridionale par les consuls Romains, à cause de la saveur agréable de ' ses fruits. De Sicile, il fui introduit en Angleterre, vers le milieu du xvi*^ siècle, et de là en France, où il résiste très bien au froid, même dans le Nord.

La taille de cet arbre ne dépasse guère 10 mètres ; sa cime est large et étalée ; son tronc est recouvert d'une écorce noirâtre. Les feuilles sont alternes, pétiolées, dentées en scie et divisées en lobes plus ou moins profonds ; elles sont assez rudes au toucher et tomenteuses à leur face inférieure. Les fruits sont ovoïdes, d'un rougepourpre presque noir ; ils ont l'aspect de grosses framboises et sont de saveur agréable.

D'après Seringe(l),ily adeux variétés de mûrier noir :

Morus nigra dentata, dont le contour de la feuille présente de lai'ges dents, mais conserve une forme entière^ jamais lobée.

Morus nigra lobata, dont la feuille plus ou moins profondément lobée peut être dentée, spécialement sur ks rameaux jeunes.

Les feuilles de ces deux variétés servaient autrefois à Talimen talion des vers à soie. Aujourd'hui elles sont presque partout délaissées, celle du mûrier blanc lewr étant bien supérieure.

Le MÛRIER BLANC {MoTus ttlba) Oi k peu près le même port que le précédent, mais ses rameaux sont plus grêles, ses feuilles lisses, lustrées, et ses fruits blanchâtres ou rosés.

Si on le laisse croître spontanément, il atteint une taille de 15 mètres et son tronc une circonférence de 3 mètres .

11 est originaire de Chine.

11 fut introduit vers Tan 550 à Constantinople, «m Italie vers 1130 et en France vers la fin du xv« sièok. F. Traucat, jardinière Nîmes, en fît la première pépinière en 1564. Olivier de Serres et Colbert ont puissamment contribué à la propagation de ce précieux végétal.

Les principales variétés sont d'après Seringe (1) :

Morus alha tenuifolia ;

— Italica ;

— Tartarica ;

— Morelti ;

— Rosea ;

— Colombassa ;

— Colombassetta ;

— Lhou ;

— Conslantinopolitana ;

— Nana ;

— Pyramidalis ;

— Fibrosa.

{{) Seringe, Description, culture et (aille des mûriers^ leurs espèces et leurs variétés, Paris, 1865.

P. Vieil. — Sériciculture, 19

Le mûner multicaule {Morus midticaulis), dont Seringe a fait une espèce à part, est généralement considéré comme une simple variété de mûrier blanc; il est vulgairement appelé mûrier des Philippines, ou mûrier Perrotet. Ses fruits sont noirs comme ceux du mûrier noir, mais plus petits et plus espacés ; leur saveur est sucrée et légèrement acidulée. Cet arbre est répandu dans les Philippines, d'où Perrotet Ta rapporté en France en 1821 .

Linné avait classé les espèces et variétés de mûriers comme suit :

Morus rubra : Canadensis, Scahra, Pensylvanica, Missouriensis ;

Morus sigra : Laciniata, Scabra ;

Morus alba : Macrophylla [MoretUana-Chinensis)^ Latifolia {multicauliSj tartarica, cuculatta^indica^ alba biillata) , Italica, Japonica, Constantinopolitanaj Nervosa, Pumila, Alba heterophylla, Flexuosa (toriosa).

D'autres classifications plus récentes ont été faites également, et de nombreuses variétés ont été obtenues par l'hybridation et les semis.

Toutes ne sont pas également recherchées; on doit préférer celles qui présentent les qualités suivantes :

Feuilles abondantes, fournissant pour un poids donné la plus grande quantité de matières nutritives, feuilles fermes, fmes et bien découpées, résistant bien au vent et conservant leur fraîcheur ; arbres résistant bien au froid tardif du printemps; rameaux longs et vigoureux afin que la cueillette de la feuille soit plus prompte et plus facile. Les variétés suivantes remplissent bien ces diverses conditions :

Mûrier sauvageon, Jtf. Hybride, M. Morelti, M, Rose,

Multiplication du mûrier.

Le mûrier peut être multiplié par semis, par6ow^M»'esetpar marcottes. Ces diverses opérations sont faites en pépinière.

Semis. — La graine de mûrier s'obtient en écrasant les mûres parvenues à maturité, soit au mois de juillet ou d'août, suivant les régions. Il faut avoir soin de récolter les mûres sur des arbres sains, vigoureux, de belle venue, qui n'aient pas été dépouillés de leur feuille au printemps et non taillés depuis plusieurs années.

Par la sélection, on arriverait à obtenir des variétés de mûriers précieuses et à supprimer la nécessité de la greffe. La sélection a donné des résultats merveilleux en zootechnie, en horticulture et en agriculture ; elle n'en donnerait pas de moindres dans la multiplication du mûrier.

On devra sélectionner non seulement les graines à semer, mais encore les sujets résultant de ces semis.

Les mûres recueillies dans des paniers sont versées dans un baquet, écrasées à la main et délayées dans un égal volume d'eau. On sépare la pulpe des semences par plusieurs lavages successifs. Les mauvaises graines restent à la surface de l'eau et les bonnes tombent au fond. La pulpe et les impuretés sont entraînées avec l'eau des lavages, et, lorsqu'il ne reste plus guère que les bonnes graines, on passe tout le contenu du baquet à travers \in tamis fin ou un linge. Les graines ainsi obtenues sont séchées à l'ombre et conservées dans un cellier bien sec jusqu'au printemps suivant.

Quelques cultivateurs préfèrent simplement faire sécher les mûres à l'ombre, les écraser ensuite et conserver le tout en lieu sec pendant tout l'hiver. Ils estiment que ces graines germent mieux que celles qui ont été lavées (1).

En avril ou mai, suivant les régions, les graines de

(1) Dans certaines régions chaudes de la Provence, les mûres tombées sur le sol sont ramassées, frottées et écrasées contre de vieux cordages en sparterie, et le tout est ensuite enfoui dans le sol, en lignes et à une faible profondeur. Les graines germent rapidement, et les jeunes plants ont assez de vigueur en automne pour résister au froid de l'hiver.

mûrier sont semées, en lignes distantes de 10 centimètres, dans un terrain léger, bien défoncé, abondamment fumé, bien ameubli. Il est essentiel de choisir un terrain situé à une bonne exposition, facilement arrosable et dans lequel il n'y ait jamais eu de mûrier. 11 ne faut faille les semis que lorsque les gelées ne sont plus à craindre, carlesjeunes plants sont extrêmement sensibles au froid. La graine est i^pandue à raison de 20 kilogrammes à l'hectare et recouverte d'une couche de terreau de 1 centimètre d'épaisseur.

La semence lève au bout de six à sept joui^. Dès que les jeunes plants ont quatre feuilles, on les éclaircit de façon à laisser un intervalle de 5 centimètres environ entre chacun d'eux.

Le sol doit être maintenu frais pendant tout l'élé au moyen d'arrosages pratiqués après le coucher du soleil. Il faut sarcler fréquemment pour détruire les plantes nuisibles et pratiquer de nombreux binages.

A l'automne, les plants ont atteint une hauteur de 30 à 60 centimètres et portent le nom de pourettes. Dans les régions froides, on les abritera pendant l'hiver en les recouvrant de feuilles sèches, balles de céréales ou matières analogues.

A la fin de l'hiver, on enlève les plus beaux de ces jeunes plants ou pourettes pour les repiquer; les autres profiteront de cette éclaircie et seront bons à repiquer Tannée suivante.

Les pourettes sont repiquées dans un terrain également bien préparé et fumé et placées à 80 centimètres les unes des autres.

Dès que le bourgeonnement commence, on recèpe tous ces jeunes plants à 5 ou 6 centimètres du sol. Pendant tout l'été, on renouvellera les binages, et la pépinière sera arrosée s'il y a lieu.

On ne conservera sur chaque plant qu'une seule tige en choisissant la plus vigoureuse.

A la fin de cette deuxième année, les plants peuvent être repiqués en pépinières pour être greffés au printemps suivant ou plantés en buisson pour former des haies de sauvageons.

Boutures. — La multiplication par boutures n'est pas aussi assurée que par le semis. On peut l'employer dans les terrains frais pour former des mûriers nains ou à mi-tiges. 11 faut remarquer toutefois que l'on ne peut multiplier. ainsi que quelques variétés de mûrier, telles que : Morus Japonicdy Af. multicaulis, M. Lhou. Dans tous les cas, les boutures sont repiquées après leur reprise comme les pourettes. On les recèpe au pied l'année suivante, et on procède à la formation de leur tige, comme pour les plants de semis.

Marcottes. — Les marcottes reprennent plus facilement que les boutm*es; on peut employer ce procédé pour toutes les variétés, mais on ne peut en obtenir une grande quantité sur le même espace de terrain. De plus le marcottage ne donne pas des plants de belle venue.

Les marcottes sont sevrées au bout d'un an et reçoivent les mêmes soins que les boutures.

Ces deux procédés de multiplication, boutures et rwarcottes, ne sont que rarement employés; on préfère de beaucoup et avec raison la multiplication par semis.

Le greffage.

Le greffage du mûrier a pour but d'obtenir des arbres plus productifs en feuilles, plus rapides dans leur développement, donnant des tiges plus droites, plus vigoureuses et, par suite, d'une cueillette plus facile. Enfin, par le greffage, on multiplie les variétés désirées^, et on peut avoir des feuilles de qualité homogène dans la même plantation.

Le greffage n'est cependant pas indispensable ; on

obtient des résultats analogues, sinon supérieurs, par la sélecUoD ées aemis et par Thybri dation.

On greffe les mûriers en pied en pépiaière ou en tète une fois en place.

Greffage en pépimére. — Nous avons vu qu'à la lin de l'hiver les mûriers de semis devraient être transplantés. Le choix et la préparation du terrain destiné à recevoir ces jeunes plants ont une très grande importance. Il est essentiel que ce terrain n'ait jamais porté de -mûrier ou même d'autres arbres qui auraient pu laisser dans le sol des germes de plantes ou de champignons nuisibles aux jeunes mûriers. Une bonne terre à céréales ou à cultures maraîchères convient parfaitement. Plusieurs mois avant la plantation, ce terrain aura dû être défoncé profondément (à 0°»,50 ou O'^jôO) et fumé abondamment, sur la base de 40 000 kilogrammes de fumier de ferme à l'hectare.

Vei^ la fin du mois de février, le terrain sera ameubli avec soin, nivelé, et, à 0™,80 ou 1 mètre de distance en tous sens, on y pratiquera des trous de 0"*,25 de profondeur et de 0°^,30 environ de diamètre. En même temps, les plants du semis seront arrachés avec soin, en ne choisissant toutefois que les plus beaux atteignant au moins 0'^,60 de tige ; les racines seront émondées et coupées à une longueur de 15 à 18 centimètres, bien étalées dans la petite fosse et recouvertes de terre meuble et légère, que l'on tassera fortement. Cela fait, on achèvera de combler la fosse en buttant le jeune plant, et on attendra l'entrée en végétation. C'est à ce moment que la greffe pourra être pratiquée.

On peut greffer les mûriers soit en écusson à œil dormant ou à œil poussant, soit en sifflet, et c'est ce dernier mode qui est le plus employé pour le greffage en pépinière.

Lorsque l'entrée en végétation commence à se manifester, au lieu de couper la tige au niveau du sol, comme

on le fait pour les plants qui ne sont pas destinés à être greffés, on la coupe à 20 ou 25 centimètres au-dessus du sol.

D'autre part, on aura choisi vers la fin du mois de mars, lorsque les bourgeons commencent à gonfler, des rameaux destinés à servir de greffons. On les prendra sur de beaux mûriers bien vigoureux, dont la feuille n'aura pas été cueillie Tannée précédente, et appartenant à la variété que l'on veut multiplier. Ces greffons seront conservés dans un endroit frais et obscur, en plongeant leur extrémité inférieure dans un vase contenant de l'eau, ou encore mieux en les enterrant dans le sable, comme cela se pratique pour les greffons de vignes.

La sève du jeune plant étant bien en mouvement, le moment est venu de procéder au greffage.

On choisit le greffon d'un diamètre correî^pondant exactement à celui du sujet. On écorce l'extrémité du plant à greffer par quatre incisions longitudinales sur une longueur de 6 à 8 centimètres, après l'avoir recépé à même hauteur du sol.

Ensuite on détache sur le greffon un anneau d'écorce portant un bourgeon de belle venue, et en ayant soin de ne pas l'endommager. L'entaille circulaire sur l'écorce doit être faite à i demi-centimètre au-dessous de la base du bourgeon et à 2 centimètres au-dessus de son extrémité. Cet anneau est placé sur la partie écorcée du sujet; on l'enfonce avec précaution jusqu'à ce que l'on sente un peu de résistance. Les quatre lanières d'écorce du sujet sont redressées et liées sur l'anneau du greffon ; on rafraîchit par une coupe à la serpette l'extrémité du sujet, à i demi-centimètre au-dessus de l'anneau ; on recouvre le tout d'une butte de terre fine et bien meuble. 11 faut, autant que possible, pratiquer le greffage par un temps clair et calme.

Cette greffe est assez sûre et donne une soudure solide.

La moyenne de la réussite est de 60 p. 100.

Environ quinze jours après le greffage, les bourgeons montrent leurs feuilles.

Dès qu'ils ont 5 ou 6 centimètres de longueur, on déchausse légèrement le plant. Pour ceux dont la greffe est réussie, on supprime tous les bourgeons, sauf celui du greffon. Il est bon de l'attacher à un tuteur dès qu'il a 20 à 25 centimètres de longueur.

Les sujets sur lesquels la greffe n'a pas réussi repoussent du pied; on laisse se développer un seul bourgeon, le plus beau et le plus près possible des racines. 11 formera une tige qui pourra. Tannée suivante, être greffée en pied ou bien recevoir plus tard la greffe en tète.

Les tiges des jeunes mûriers, greffés ou non, poussent dès lors très vigoureusement et atteignent 75 ou 80 centimètres à la fin de Tété. On supprime à la serpette tous les bourgeons anticipés qui naissent à l'aisselle des feuilles, en ayant soin de conserver ces dernières.

Le terrain de la pépinière sera travaillé pendant toute la belle saison, comme d'habitude, par des binages i^pétés et un labour à la fourche en août pour favoriser la végétation automnale. Il n'est utile d'irriguer qu'en pas de sécheresse, en juillet et août.

L'année suivante, on ébourgeonnera avec soin en supprimant les bourgeons qui se développeraient sur la tige. Les soins culturaux seront les mêmes que la première année ; les plants auront atteint une hauteur de 1°>,50 environ; les plus beaux pourront alors être arrachés pour être mis en place; les autres seront conservés encore un an en pépinière et seront l'objet des mêmes soins.

Greffage en place. — Quand il s'agit de greffer une forte tige de mûrier déjà en place, il faut employer le greffage en tête. On peut indifféremment greffer en écusson à œil dormant ou à œil poussant, ou bien

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