PLANTATION DU MURIER
Dans 1 état actuel de la sériciculture en France, on ne saurait songer à faire de vastes plantations de mûriers. Le prix des cocons, comme nous l'avons vu, est assez réduit.
Ce faible cours des cocons n'est pas dû, comme le pensent trop facilement la plupart des sériciculteurs, à la concurrence de la soie artificielle ou aux variations de la mode, qui font délaisser parfois la vmie soie.
La production étrangère est de plus en plus importante. La qualité de ces cocons s'améliore de jour en jour, par suite du perfectionnement des procédés d'élevage et do
la (lualilé des graines. La soie obtenue devient sensiblement égale à la belle soie de nos cocons français. 11 est évident que, dans ces conditions, les industriels, fabricants de soieries, n'ont pas intérêt à acheter la soie française à un prix plus élevé que la soie étrangère. En Syrie, en Pei^e, en Chine, en Extrême-Orient, la maind'œuvre abonde et se paye fort peu. Le ver à soie demande dans ces régions des soins moins assidus que chez nous, car il se trouve dans les conditions climatériques de son pays d'origine, ou dans des conditions qui l'en rapprochent beaucoup.
Comment lutter en France contre cette concurrence ?
Ce ne peut être, comme nous l'avons dit, que par les forts rendements et en réduisant tous les frais au minimum. Les forts rendements ne peuvent être obtenus que par les petites éducations; les frais de main-d'œuvre et d'installation y sont réduits. 11 faut donc aussi; pouvoir produire la feuille à bon marché.
Le mûrier blanc est un arbre robuste qui s'accommode de tous les terrains. Cependant, dans les terrains fortement argileux et imperméables, il souffre d'un excès d'humidité pendant l'hiver et de sécheresse pendant l'été. Les terrains trop siliceux sont pauvres, et, si les mûriers ne sont pas fréquemment fumés, ils donnent peu et une feuille trop siliceuse. Les terrains trop calcaires ne leur conviennent pas davantage. Dans les terrains trop riches en humus, les feuilles sont trop grasses et trop aqueuses. Dans les terres humides, marécageuses, tourbeuses, compactes, les racines de l'arbre ne peuvent se développer convenablement ; les feuilles sont de mauvaise qualité, et les mûriers ne vivent pas longtemps.
En résumé, les mûriers viennent très bien dans un terrain assez profond, médiocrement riche, de nature argilo-calcaire ou silico-argileuse, perméable à l'eau, et permettant aux racines et radicelles de se développer facilement.
Bien que le mûrier soit un arbre originaire des pays chauds, il prospère dans les climats tempérés, comme est la moitié méridionale de la France, et notamment la région séricicole du sud-est (voir la carte). L'exposition a une influence sur la qualité de la feuille et la végétation de l'arbre; la meilleure est celle du midi, puis celle du levant, du couchant, et la moins bonne de toutes est celle du nord.
Le mûrier est peut exigeant au point de vue de la qualité du terrain, et il se prête très bien aux formes variées que l'on veut lui donner. On peut donc lui faire occuper des parcelles de terrains inutilisables pour, d'autres cultures.
Il peut être planté de trois manières : en haute tigcy en nains et en haie^taillis.
Mûriers de haute tige.
Les mûriers plantés en haute tige ne donnent une quantité de feuilles appréciable qu'à longue échéance ; ils doivent donc vivre longtemps pour donner un produit rémunérateur. Gomme nous l'avons dit, on ne saurait conseiller des plantations de vastes champs de mûriers; mais on peut les planter en bordures, le long des routes, des chemins d'accès ou de communication, autour des champs de grandes cultures, céréales, prairies, vignes, etc.
Dans les régions à terrains accidentés, il est possible d'utiliser en plantations de mûriers des espaces relativement restreints, tels que les fonds de ravins, plis de terrains et coteaux abrupts. 11 ne nous appartient pas d'insister sur les avantages du reboisement de ces terres souvent incultes par suite de l'impossibilité d'y faire fonctionner les instrument de culture à traction animale; mais il est certain que la culture du mûrier pourrait y rendre de grands services. Elle serait bien moins coûteuse et moins pénible que les cultures du blé ou de la vigne.
dont les produits sont devenus aujourd'hui si peu rémunérateurs et que les montagnards parviennent pourtant à établir dans les replis de leurs montagnes les plus ei^carpées. Ces champs minuscules sont souvent établis en terrasses au moyen de travaux vraiment étonnants. Sur les pentes raides des montagnes, dès qu'il trouve un j)oint d'appui, le montagnard construit des murs de soutènement en pierre sèche, de manière à former des terrasses où s'accumulem la terre entraînée par les eaux pluviales et celle que l'homme y apportera après l'avoir péniblement recueillie dans les anfractuosités des rochers environnants.
Ces terrasses forment des champs en gradins s'élevant les uns au-dessus des autres, et l'on y accède par des sentiers ou de véritables escaliers taillés dans le roc. C'est avec amour, avec les soins les plus assidus que le montagnard cultive ces champs suspendus au flanc des coteaux ; il y cultive la vigne, les légumes, le blé, les arbres fruitiers. Nous estimons que le mûrier y est à sa place, et, sans nuire aux autres cultures, il procure un supplément de revenus au rude travailleur.
Le mûrier donne, en plus de la feuille cueillie pour nourrir le ver à soie, des produits secondaires.
La feuille d'automne, après maturité, est un aliment précieux pour la nourriture des animaux, notamment des espèces ovine et caprine. Dans les fermes de Provence, cette feuille forme à l'automne un appoint important dans l'alimentation des troupeaux. Le bei'ger fait tomber sur le sol les feuilles mûres, et les brebis et les chèvres viennent les manger avidement.
Dans des pays plus froids, on les fait sécher comme le fourrage, ou bien on les met en silos pour l'hiver.
Le bois de mûrier est très estimé pour la fabrication de certains meubles, ainsi que pour la tonnellerie. On en fait des futailles, des comportes pour vendanges, des baquets et autres vases vinaires. Ce bois est dur, coloré
«n jaune ; il résiste bien à Thumidité et n'est pas facilement attaqué par les insectes. Cette utilisation du bois de mûrier pour la fabrication des futailles a été cause de Tarrachage d'un grand nombre de ces arbres aux époques de prospérité de la vigne.
Pla:«tation. — On doit choisir, pour la plantation des mûriers de haute tige, des plants de belle venue, à troncs })ien droits, bien lisses, ayant une hauteur d'au moins 80 centimètres et âgés de quatre à cinq ans.
Le terrain qui doit recevoir ces plants devra être préparé à l'avance, défoncé à 1 mètre de profondeur. La plantation doit avoir lieu soit à l'automne, soit au mois de février. Les plants doivent être distants de 6 à 8 mètres sur la ligne et d'au moins 40 mètres d'une ligne à l'autre, si on plante plusieui^ lignes parallèles. Au moment de la plantation, on creuse sur le terrain défoncé et à la distance voulue des fosses de 60 à 70 centimètres de profondeur et de 80 centimètres à 1 mètre de côtés. Les racines, dont les extrémités auront été coupées avec une serpette bien tranchante, sont étalées dans la fosse, et les intervalles sont comblés avec de la terre meuble que l'on tasse légèrement. On achève ensuite de remplir la fosse en mettant une couche de fumier à 20 ou 2S centimètres de profondeur.
Le haut de la tige est ensuite coupé à une hauteur de 1™,75 ou l^jSO, et la plaie est recouverte de mastic ou tout au moins de terre glaise.
La hauteur donnée de 1™,75 à 1",80 est indiquée afin que, lorsque les arbres auront leur tète développée, on puisse y circuler dessous et donner au sol des laboui^ à la charrue.
Pendant la première année, on binera souvent le sol ; les jeunes plants seront visités afin de supprimer les bourgeons qui poussent sur le tronc, à l'exception des trois plus vigoureux situés le plus près possible du sommet
et disposés en triangle. Ce sont ces trois tiges qui forment la charpente de Tarbre.
Taille. — Formation de l'arbre. — Au printemps suivant, ces trois tiges auront des longueurs variant suivant la vigueur du sujet et les conditions plus ou moins favorables de la végétation Tannée précédente. 11 faudra les couper à 15 ou 20 centimètres de leur naissance et ne laisser développer sur chacune d'elles que deux bourgeons situés le plus près possible du sommet. Ces six bourgeons donneront six nouvelles tiges, et Ton devra faciliter leur développement en supprimant sur tout le reste de Tarbre tout bourgeon qui viendrait à pousser.
L*année suivante, ces six tiges seront coupées à 15 ou 20 centimètres de leur naissance, et on laissera développer sur chacune d^elles seulement deux bourgeons, le plus près possible de leur sommet. A leur tour, ces deux bourgeons donneront deux tiges qui seront coupées Tannée suivante à 15 ou 20 centimètres de leur naissance, et la charpente de Tarbre sera ainsi formée.
Cette disposition de la tête ou charpente du mûrier de haute tige assure le développement symétrique de toutes ses parties, leur parfaite aération et les expose à une égale intensité de lumière, condition essentielle pour avoir une feuille de bonne qualité.
Taille de production. — Il faut avoir en vue la production de la feuille. Si Ton observe un mûrier abandonné à lui-même, on reconnaîtra que les rameaux verticaux sont de beaucoup les plus vigoureux; les mérithalles sont très longs et, par suite, les feuilles peu nombreuses. Les horizontaux ont les mérithalles très courts ; ils sont peu vigoureux et portent des fruits en quantité, au détriment des feuilles. Les rameaux obliques sont d'un développement moyen, avec des mérithalles de longueur moyenne ; les feuilles y poussent en quantité considérable, et les fruits y sont peu abondants. Ce sont donc ces derniers qu'il s'agit de développer. C'est
pour cela que Ton donne à la charpente de Tarbre la forme d'un tronc de cône renversé.
Par la taille, il faut maintenir les rameaux uniformément distribués autour du tronc et également développés; le développement des rameaux doit être proportionné à celui des racines. 8i un côté de Tarbre prenak plus d'extension que l'autre, il y aurait manque d'équilibre dans la végétation, et l'arbre pourrait dépérir. Il convient de tailler long les rameaux d'un an, plus courts ceux de deux ans, et ceux de trois ans encore plus courts ; on obtiendra ainsi une végétation vigoureuse, beaucoup de feuilles et peu de fruits. Enfin Tintérieur de l'arbre doit être bien évidé, de façon à ce que toutes les feuilles soient bien exposées à l'air et à la lumière. Ce résultat sera obtenu en enlevant chaque année, après la cueillette de la feuille, toutes les parties qui doivent disparaître. 11 vaut mieux pratiquer de légères tailles chaque année que des tailles rigoureuses et plus espacées ayant pour but de ramener d'un seul coup l'arbre à sa charpente primitive, opération trop radicale et dont le mûrier souffre beaucoup.
Nous ne voulons pas parler ici de la taille complète annuelle, qui amène à bref délai la mort du mûrier et donne, comme nous l'avons vu, une feuille beaucoup trop aqueuse.
En un mot, la taille de production a pour but :
1** De procurer aux rameaux la plus grande aération et le plus de lumière possible, afin d'obtenir une feuille saine et abondante ;
2« D'empêcher la fructification, qui a lieu au détriment de la production foliacée et rend la cueillette plus difficile ;
3<> D'éviter que la plante se développe trop horizontalement de façon à recouvrir un espace de terrain trop considérable ;
40 De maintenir à l'arbre une forme régulière symétrique ;
5® D'évitei* les tailles trop fortes et rares en préférant les légères et fréquentes;
0° De rendre la cueillette facile et par conséquent peu coûteuse.
Pour arriver à ce résultat, le meilleur mode employé dans la plupaii des régions séricicoles est la taille triennale ou quadriennale.
Supposons un arbre à sa sixième année de plantation, qui porte sur chacun des douze coui*sons deux rameaux de 30 centimètres de longueur, sur lesquels on pourra commencer à prendre la feuille pour les vers aux premiers âges. Immédiatement après la cueillette, on taillera ces vingt-quatre rameaux à 20 ou 25 centimètres de leur base, et on laissera développer tous les bourgeons. L'hiver suivant, on ne laissera sur chacun de ces rameaux que deux ou tix)is brindilles suffisamment distantes, vigoureuses et bien disposées. 11 faudra enlever tous les rameaux secs ou inutiles qui auraient poussé sur une autre partie de l'arbre, et cette opération est à répéter à chaque taille.
La deuxième année, on raccourcira les différentes ramifications qui ont crû sur les i*ameaux de l'année précédente; on supprimera tous les rameaux qui se .seraient peu développés, qui seraient mal situés et qui, le printemps venu, rendraient la cueillette difficile.
Loi^sque la feuille de la troisième année a été cueillie, on fait une taille de renouvellement pour ramener l'arbre à sa charpente primitive, ou bien cette opération ne sera faite qu'après la quatrième cueillette (ce qui vaut encore mieux lorsque la vigueur de Tarbre le permet), et on fera, la troisième année, une taille semblable à celle décrite ci-dessus pour la deuxième année. . Quand on peut, comme cela se pratique dans certaines régions, ne tailler les mûriers que tous les quinze ou vingt ans, on entretient la propreté et la régularité de l'arbre par la suppression des brindilles moiies et de celles qui poussent trop à l'inlérieur. Le rajeunissement,
MURIEnS DE HAUTE TIGE. 341
par une forte taille ne doit pas se faire d'un seul coup, mais par des tailles successives en plusieurs années.
U ne faut pas oublier que la taille du mûrier, comme celle des arbres fruitiers, doit être faite avec des instruments bien tranchants, de façon à faire une section bien nette et sans bavures. On doit donc proscrire la scie et le sécateur.
La taillé annuelle est usitée dans certaines régions, notamment dans celles où on pratique l'élevage aux rameaux. Ce mode de taille consiste à couronner tous les ans les mûriers en tête de saule, au moment de la récolte. U a l'inconvénient d'arrêter brusquement le mouvement de la sève, et cette épreuve, renouvelée chaque année, enlève de la vigueur aux arbres, provoque leur dépérissement et leur mort assez prompte. U se produit, après chaque taille, un nombre considérable de bourgeons sur la couronne ; pour que tous puissent aoûter, il faut que la végétation ininterrompue ait une longue durée. Cette taille n'est donc vraiment praticable que dans les régions où la végétation du mûrier peut se prolonger tardivement et où elle ne subit en été aucun arrêt par suite de la sécheresse.
Soins culturaux. — Le mûrier est peu exigeant au point de vue des soins culturaux. U faut pourtant lui donner un bon labour en février ou mars, de façon à assurer l'aération des racines, un binage immédiatement après la cueillette de la feuille et un second en août pour débarrasser le terrain des mauvaises herbes et entretenir la fraîcheur du sol. Lee mûriers plantés en bordures de terres cultivées en céréales légumineuses et vignes s'accommoderont des cultures données à ces diverses récoltes.
Les mûriers doivent recevoir tous les trois ou quatre ans une fumure au fumier de ferme ou aux engrais chimiques ; elle devra être faite en couverture avant le labour, sauf dans les terrains trop accidentés et en pente, où il faudra les déchausser et les fumer au pied. Les doses de fumic^r et engrais à employer doivent naturellement varie*^ sui-
vant la composition et la fertilité du sol. Comme pour toutes les cultures, c'est l'analyse de la terre qui fixera les doses à employer.
Pour un terrain de fertilité médiocre, on pourra employer les proportions suivantes par pied de mûrier :
Superphosphate de chaux à 16 p. 100. 1 kilogr. Chlorure de potassium à, 50 p. 100... 1 — Nitrate de soude à 15 p. 100 500 grammes.
Dans les terrains compacts humides et non calcaires, on remplacera le superphosphate par 2 kilogrammes de scories de déphosphoration .
Dans les terrains riches en potasse, on diminuera la quantité de potasse, et de même pour les autres éléments dans les terrains qui en contiennent abondamment.
Récolte. — Nous indiquerons approximativement la quantité de feuilles que peut donner un mûrier de haute tige.
A l'âge de six ans, année de la première récolte notable, la quantité de feuilles cueillies peut être de 50 à 60 kilogrammes.
A l'âge de 10 ans 100 kilogr.
— 20 ans 200 kilogr.
La quantité va en augmentant jusqu'à l'âge de cinquante à soixante ans, reste quelques années stationnaire et décroît à partir de soixante-dix ou quatre-vingts ans.
C'est à ce moment qu'il faut, pour prolonger l'existence des mûriers, opérer un rajeunissement de l'arbre par une taille progressive et s'abstenir de cueillir la feuille pendant deux ou trois ans.
Ce dépérissement des mûriers est dû uniquement au régime auquel ces arbustes sont soumis.
Mûriers nains.
Comme nous venons devoir, la culture des mûriers de haute tige ne permet de récolter la feuille bonne pour la
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nourriture des vers à soie qu'au bout de quelques années. La plantation des mûriers nains présente l'avantage de fournir très promplement une récolte de feuilles, de procui'er une] feuille plus précoce au printemps, ce qui permet de devancer les éducations ; la récolte de cette feuille est économique ; la taille de ces mûriers est très simple et très facile. Mais, à côté de ces avantages, il est bon de signaler les inconvénients. Les plantes ont une vie de courte durée, et, si on ne leur fournit pas des engrais, des soins culturaux répétés et même des arrosages en cas de sécheresse, elles deviennent bientôt rachitiques.
Ces mûriers peuvent être plantés en bordure comme ceux de haute tige ou sur un espace de terrain relativement restreint.
Pour leur plantation, le terrain n'a pas besoin d'être aussi profondément défoncé ; un laboura O^jôO ou O'^jTO peut suffire. On choisit comme plants ou de fortes pourettes ou de belles greffes d'un an ; on peut les planter soit en lignes, soit en quinconce. Si on les plante en lignes, on choisira de préférence la direction du nord au sud. La distance à observer d'un plant à un autre est de 2 à 3 mètres sur la ligne et de 3 à 4 mètres d'une ligne à l'autre .
Si on les plante en quinconce, on les placera à 2°»,50 en tous sens.
Pour la mise en place, on procède comme pour des mûriers à haute tige ; après avoir creusé sur le labour de petites fosses à la place voulue, on place au centre la baguette greffée ou le sauvageon après avoir coupé les extrémités des racines. On fait glisser de Ja terre légère dans les intervalles, et on finit de recouvrir en tassant bien la terre.
La tige est ensuite coupée ras du sol et la plaie recouverte de mastic ou de terre glaise.
Au printemps, il se développera plusieurs jets dont on
ne conservera que les trois ou quatre plus vigoureux, qui seix)nl coupés à 0"»,50 ou 0™,60 du sol ; la charpente de Farbre est ainsi constituée.
A l'extrémilé de ces branches pousseront des rameaux dont on récoltera la feuille et que l'on taillera sitôt après. (iC système exige donc la taille annuelle.
Comme soins culturaux, on pratiquera un labour d'hiver et au moins deux binages dans le courant de Tété.
La feuille des mûriers nains est, comme nous l'avons dit, beaucoup plus précoce que celle des arbres de haute lige et, par suite, beaucoup plus exposée aux gelées printanières.
Haies-taillis.
La culture du mûrier en haie a l'avantage de donner, comme le mûrier nain, de la feuille précoce et de ne pas nécessiter de gi-ands soins culturaux.
Ces haies de mûrier sont utiles comme toutes les autres haies pour séparer les champs, diviser les cultures, entourer un jardin, etc. ; elles ne nuisent en rien aux récoltes voisines et occupent fort peu de place.
Il faut en écaiter le bétail, qui est friand de la feuille, si on veut utiliser celle-ci pour les vers à soie.
Les pourettes ou sauvageons d'un an sont utilisés directement pour la formation de ces haies. Le terrain est fouillé àO™,50 de profondeur, et les plants sont placés de 0"»,30 à 0™,50 de distance les uns des autres sur la ligne. On les coupe ras du sol, et ils vont donner, dès la première année, des rameaux de O^^jSO à 0"»,60 de longueur. Au printemps suivant, dès l'épanouissement des bourgeons, on coupera ces rameaux à 0™,30 du sol, et cette jeune feuille des rameaux coupés pourra être utilisée pour la nourriture dans les premiers jours de l'éducation des vers à soie. Les bourgeons qui restent poussent vigoureusement, et, dès la fin de la seconde année, la haie se trouve formée.
MALADIES DU MURIER. "àiS
Dès la troisième année, la plantation donnera uneabondante récolte de feuilles très précoces et d'excellente qualité, que l'on pourra distribuer aux vers jusqu'après la deuxième année.
La cueillette de la feuille sur ces mûriers en haie ne se fait pas en dépouillant complètement les buissons de toutes leurs feuilles, comme cela se fait pour les mûriers nains ou ceux de haute tige ; une telle méthode serait du reste trop longue et trop coûteuse. On choisit seulement les bourgeons les plus développés ; ceux qui sont en retard profitent alors de toute la sève et poussent vigoureusement.
L'arbuste conserve ainsi une grande vigueur, puisque l'élaboration de la sève et la respiration ne sont jamais interrompues.
Les haies ne sont jamais formées avec les mûriers greffés, mais uniquement avec des sauvageons.
La taille de ces mûriers n'a rien de.spéciaL On se borne pendant l'hiver à enlever les branches et brindilles mortes, à raccourcir celles qui s'élèvent trop ou s'écartent en largeur, de façon à conserver la haie bien fournie. On arrive par ce moyen à obtenir en quelques années des clôtures aussi serrées et impénétrables que celles d'aubépines, et elles ont l'avantage de donner un produit. La feuille de ces haies est très précoce et tout à fait supérieure pour l'alimentation des vers à soie.
Gomme soins culturaux, il suffît de labourer le pied des haies pendant l'hiver et d'empêcher par un ou deux binages dans le courant de l'été que les mauvaises herbes viennent envahir ces arbustes.
MALADIES bu MURIER
Bien que le mûrier soit un arbre très vigoureux, il n'est pas exempt de certaines maladies. Il est même étonnant qu'avec le régime auquel on le soumet : effeuil-
lage annuel, taille fréquente, il résiste si bien. Peu de végétaux i-ésisteraient à de pareilles épreuves.
Les maladies auxquelles le mûrier est sujet peuvent se diviser en deux groupes :
i 1<> Maladies non parasitaires;
2» Maladies parasitaires.
Ces dernières se divisent en maladies dues à des parasites végétaux et en maladies dues à des parasites animaux.
Maladies non parasitaires,
L'hydropisie. — L'hydropisie est une maladie occasionnée par une surabondance de sève. Elle attaque surtout des arbres plantés dans un terrain excessivement riche ou trop humide. Le mal se manifeste par un dépérissement lent de l'arbre qui pousse de petites feuilles, rares, très espacées, jaunâtres et caduques. Si Ton pratique une incision ou une taille sur un rameau, on voit s'écouler une quantité considérable de sève.
On peut remédier à cette maladie en perforant le tronc au moyen d'une mèche, de la circonférence à l'axe, de façon à pénétrer jusqu'à la moelle. Ce canal devra ètie pratiqué obliquement de bas en haut de façon à faciliter l'écoulement de la sève. Si une seule ouverture paraît insuffisante, on en fera une seconde perpendiculairement à la première.
La chlorose. — Cette maladie se manifeste par un jaunissement des feuilles qui sont petites et tombent à l'automne. Tout l'arbre a un aspect maladif qui semble indiquer sa mort prochaine.
La chlorose est occasionnée par des causes multiples, dont les principales sont les suivantes : excès d'humidité, compacité du terrain, mauvaise qualité du sol, manque de fer ou pauvreté d'éléments nutritifs du terrain, défaut de soins culturaux ou de soleil, froids tardifs au printemps, ou eniin mauvaise exposition de raii)re.