PARASITES VÉGÉTAUX
rencontre ces végétations, qui favorisent la décomposition de Fécorce et du bois.
On ne rencontre que rarement ces parasites sur des mûriers jeunes ou poussant dans un sol fertile, chaud, aéré et bien cultivé. Si on les y rencontrait, leur présence serait l'indice d une décomposition de l'épiderme, provenant d'une maladie ou du manque de soins.
Ces plantes parasites, par leur présence sur le tronc et sur les rameaux, retiennent l'humidité qui accélère la décomposition de Técorce, et elles servent d'asile à une quantité d'insectes.
Lorsqu'on s'aperçoit que les mousses et les lichens commencent à envahir un mûrier, il faut les enlever, racler la partie de l'écorce qu'ils recouvraient et badigeoner au lait de chaux le tronc et toutes les parties atteintes. Ce traitement se fera de préférence à l'automne ou au commencement de l'hiver.
Si le mal est causé par un état maladif de l'arbre, le meilleur remède sera de lui rendre une végétation vigoureuse par la bonne culture, l'engrais et les soins.
L'Agaricus melleus est un champignon de couleur jaune plus ou moins foncée, que l'on rencontre à la base des troncs de mûriers ou d'autres arbres, et qui est la cause d'une maladie toujours mortelle. On appelle ce champignon en langue d'oc : soucarellOy parce qu'il vient sur la souche, au pied de l'arbre (1). Il est convexe à sa face supérieure avec proéminence au centre. Les bords sont dentés et légèrement striés. En vieillissant, sa couleur jaune passe au brun, et il présente quelques lamelles de couleur blanche. Il forme souvent des touffes autour du tronc.
(1) Il ne faut pas confondre ce champignon avec d'autres polypores, qui sont également de couleur brune et poussent sur le tronc à la naissance des branches ou même sur les branches principales, mais dont l'arbre ne paraît pas souffrir outre mesure. Tels sont : le Polyporm HirsutuSy P. Hispidus, P. Gelsoinim, P. Dryadeus.
P. Vieil. — Sériciculture. 20
Lorsque ce champignon apparaît, la maladie esi déjà très avancée. Si en effet on examine les racines de Tarbre, on les trouvera enveloppées d'un feutrage de longs filaments jaunâtres ou gris jaunâtre qui ont amené leur putréfaction. Ces filaments se sont infiltrés entre l'écorce et le bois et ont formé un feutrage qui enveloppe toute la partie ligneuse ; ils sont le mycélium du champignon, dont VAgaricus melletis est l'organe repix)ducteur.
Lorsqu'un mûrier est attaqué, il ne donne les premiers temps aucun signe de souffrance ; mais, à mesure que le mal progresse, les rameaux se dessèchent graduellement. On remarquera tout d'abord l'extrémité d'une branche qui ne pousse pas ou donne seulement quelques rameaux languissants qui ne tarderont pas à se dessécher. L'année suivante, toute la branche se desséchera, puis peu à peu toutes les branches seront atteintes et l'arbre périra.
En détachant l'écorce de la branche malade, on remarque entre le liber et l'aubier une teinte jaune couleur de rouille. Ce n'est qu'un an ou deux avant la mort de l'arbre que se développe VAgaricus melleus, qui est l'organe reproducteur et le signe extérieur de la maladie. Les spores qui propagent cette redoutable maladie sont renfermées dans les lamelles à la face inférieure du chapeau.; Ces spores sont ovales; en très grand nombre et emportées parle vent, elles propagent le mal si elles parviennent à se loger entre l'aubier et l'écorce chez un mûrier qui présenterait une plaie. Elles végètent alors immédiatement, et le mycélium ne tarde pas à se développer et à envahir les racines.
Mais ce n'est pas là le mode le plus fréquent et le plus redoutable de la propagation de la maladie. Le plus souvent, c'est par les racines que le mal se communique. Il suffit qu'une racine saine vienne en contact avec une racine malade pour qu'elle soit atteinte et communique la maladie à tout l'arbre. C'est pour cela que l'on