‹ Série du cyanogèneChapitre 10 sur 49 · DE DU · texte numérisé non relu

DE DU

é Acétamide. Acétonitrile ou cyanure de méthyle.

On peut totaliser ces deux réactions et écrire : C'HOT AZ = 2 OCR AZ = CC AZ

- Ce n’est guère que dans le cas que nous prenons comme exemple que cette réaction était considérée comme praticable, car, pour obtenir de bons résultats, il faut d’abord transformer le sel ammoniacal en amide, ce qui ne donnait que de faibles rendements. Tout récemment Hofmann (Deutsche chemiche Gesellsch., 1882) a montré qu’on pouvait préparer les amides avec des rendements de 95 0/0 en faisant digérer à chaud (180° environ) les acides gras avec de l’ammoniaque aqueuse concentrée. Pouvant obtenir des amides sans perte, il s’agit de les transformer en éthers

cyanhydriques. La distillation sèche des amides n’a pas 3 yariq P

Rae été étudiée dans des cas bien nombreux, surtout au point de vue de la préparation des éthers cyanhydriques. Cependant l’éther méthylcyanhydrique peut être obtenu en grande abondance, en faisant distiller de l’acétamide lentement dans un ballon surmonté d’un appareil à colonne; l'opération se continue pendant plusieurs jours sans qu’on ait besoin de s’en occuper (Demarçay, Bull. Soc. chim.}e

La meilleure préparation, d'après M. Etard (expériences

inédites), consiste à déshydrater l’acétamide par le chlorure de zinc fondu: une seule distillation d’un mélange équivalent de ces deux corps suffit pour donner de l’éther méthylcyanhydrique en abondance; or, comme l’acétamide se prépare très facilement en distillant de l'acide acétique glacial saturé d'ammeniaque, on peut considérer la préparation de l’éther méthylcyanhydrique commetrès aisée. Dans certains produits de distillation sèche, on trouve des nitriles en abondance. Delachanal et Mermet ont séparé par distillation des quantités considérables d’éthier méthylcyanhydrique des produits légers du goudron de houille passant avant la benzine. Weidel a montré que l’huile de Dippel ou goudron d'os renferme la série à peu près complète des nitriles gras en grande abondance. Les termes les plus élevés tels que les nitriles palmitiques et stéariques sont représentés. Les nitriles observés dans ces réactions résultent ainsi que Weidel s’en est assuré de l'action de l’'ammoniaque sur les acides gras soumis à une température élevée.

Il est probable qu’on pourrait tout aussi bien préparer les autres éthers cyanhydriques par voie synthétique en partant des amides correspondantes.

Les éthers cyanhydriques ou nitriles présentent deux réactions capitales : ce sont des corps intermédiaires qui

peuvent aussi bien se transformer en acides qu’en ammoniaques composées sous l’influence des réactifs.

Synthèse générale des acides. — Quelle que soit la méthode ayant servi à préparer les éthers cyanhydriques, ceux-ci dérivant des sels ammoniacaux, des acides organiques par perte de deux molécules d’eau, on peut toujours passer de ces éthers aux acides correspondants en fixant sur eux deux molécules d’eau, réalisant ainsi une réaction inverse à celle qui leur a donné naissance.

C'est ainsi que l’éther méthylcyanhydrique qui dérive de l’acétate d'ammoniaque fournit de l'acide acétique par l’hydratation directe.

C'H?, C? Az KO*H + H? O? za Az H'— C' H'KO4

On emploieici la potasse étendue comme agent d’hydratation. Cette propriété des éthers cyanhydriques de se convertir en acides constitue une des méthodes générales de synthèse les plus fécondes de la chimie organique ; elle a été découverte par Maxwel Simpson. Cette réaction a permis de faire de remarquables synthèses: c'est en l’appliquant que M. Jungfleisch a obtenu l'acide tartrique, le premier produit organique de synthèse, doué du pouvoir rotatoire.

Synthèse générale des amines. —- L'hydrogène naissant se fixe sur les éthers cyanhydriques pour former des ammoniaques composées. C'est là une méthode générale de synthèse des amines découverte par Mendius. Nous citerons, comme exemple, la transformation de l'éther méthylcyanhydrique en éthylamine.

C*H* Az H'= C'H' Az

or

Les éthers cyanhydriques peuvent encore se combiner

directement aux acides chlorhydrique, bromhydrique ou

iodhydrique, ainsi qu’à quelques chlorures organiques et au brome.

ÉTHERS CYANHYDRIQUES ISOMÈRES OU CARBYLAMINÉS.

Généralités. — Jusqu'en 1866 on ne connaissait pas d'isomères aux éthers cyanhydriques. A cette époque, M. A. Gautier, en faisant réagir l'éther iodhydrique sur le cyanure d'argent, obtint par double décomposition un corps extrêmement fétide qu'il appela éthylcarbylamine: ce corps présentait la même composition que l’acétonitrile ou cyanure de méthyle.

C’est là un fait remarquable que cette propriété que possède l’argent introduit dans certaines réactions organiques d'amener des changements isomériques. Selon qu’on fait réagir l’éther iodhydrique sur le cyanure de potassium ou sur le cyanure d’argent, on obtient du cyanure d’éthyle normal ou isomère.

C'AzK+ CHIC! Az(C'H°) KI

Rd

Nitrile.

C' Az Ag + C' H°1= C? (Az CH°) + Agl

Carbylamine.

Dans une autre partie de la chimie., M. V. Meyer a observé des faits analogues en préparant les carbures nitrés de la série grasse pour la première fois par l’action des éthers iodhydriques sur l’azotite d'argent. Dans les mêmes conditions, les azotites alcalins ne donneraient que des éthers nitreux ordinaires.

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