AZ
lacyanamide argentique, un des composés les plus importants de cette classe de dérivés, sera C*'Az
Ag soit C* Az, Az Ag’ AG
AZ
d’autres métaux peuvent venir prendre la place de l'argent selon les lois de l’équivalence et donner naissance à une longue série de cyanamides métalliques.
La cyanamide argentique C? Az? Ag° se prépare avec la plus grande facilité.
Il suffit, pour l’obtenir à l’état de précipité, detraiter une solution aqueuse de cyanamide par une solution ammoniacale d’azotate d'argent. L’argent-cyanamide se dissout dans l’ammoniaque bouillante et se sépare par refroidissement à l’état cristallisé; elle n’est altérée ni par la lumière, ni par l’action d’une température de 220°: chauffée plus fort, elle détone.
Les cyanamides cuivrique, plombique, mereurique, etc., se préparent avec autant de facilité par la même voie.
Le sodium attaque la cyanamide en solution éthérée; il se dégage de l'hydrogène et il se forme une cyanamide mono-sodique
( C'Az AZ IE Na qui se sépare en croûtes cristallines blanches très solubles dans l’eau et se carbonatant à l’air.
La cyanamide disodique peut se préparer en faisant réagir lacyanamide mono-sodique sur l’amidure de sodium par fusion :
C? Az H C' Az H
Az ŸH <+Az{H —Az){ Na <+Az;H
Na Na Na H Cyanamides alcooliques. — Ces dérivés ont été consi-
dérés comme résultant du remplacement des équivalents d'hydrogène de la cyanamide par les radicaux méthyle, éthyle, phényle, etc. Ces dérivés étant assez nombreux, nous nous contenterons d’en décrire seulement quelquesuns parmi les principaux.
Cyanamide monoéthylique. — Cloëz et Cannizzaro (Comptes rendus de l’Acad., t. XX XII, p. 62) ont obtenu ce corps en faisant réagir le chlorure de cyanogène sur la monoéthylamine en solution éthérée.
2 (as
Elle peut aussi se préparer par simple désulfuration de la monoéthylsulfo-urée,
C‘H° C*H° H + C'AzCI = Az ; C' Az + C‘H*AzH, HCI H H
Az HC*H ( C‘H° C'S! + 2Hg 0 =2HgS+2HO0+Az; H AzH° l CAz
La cyanamide monoéthylique (cyanéthylamide de Cloëz) est une base extrêmement faible qui ne se combine qu'aux acides très forts et ne donne pas de chloroplatinate .Chauffée pendant longtemps au bain-marie ou soumise à la distillation, elle acquiert des propriétés basiques marquées ; dans ce cas elle s’est triplée pour donner de la triéthylmélamine,
{ C'Az H = C''H{® Az!
Cyanamide diéthylique. — Elle a été préparée par Cloëz et Cannizzaro (loc. cit.), en faisant agir le chlorure de cyanogène sur la diéthylamine. On la prépare encore par l’action du chlorure de cyanogène sur la cyanamide diargentique.
La diéthylcyanamide est un liquide bouillant à 186° et se décomposant par l'hydratation en ammoniaque et en diéthylamide.
Phénylcyanamide. — La meilleure préparation de ce corps consiste dans la désulfuration de la phénylsulfo -urée en solution alcaline par l’oxyde de plomb.
(rAZH CAES CE CASA + 2PbO—2PbS—+2H0—+Az:H ( Azx° CAz
Elle se forme encore dans la décomposition spontanée ou provoquée de la phénylguanidine (voyez ce mot).
A7 H* C* Az C? ? AzH — Az H'+ AZAICAIE AzHC"H PR ED ne Phénylguanidine. Phényleyanamide.
(B. Rathke, Chem. Gesellsch., 1879, p. 772.) C’est un corps incolore, cristallisé.
Diphénylcyanamide. — Elle se prépare soit par la décomposition de la tétraphénylguanidine,
AzH CH H C? Az CA AG CH 5 Az ANG (CAT) (G2 HS) (GS Ho
soit par l’action du chlorure de cyanogène à 260° sur la diphénylamine, ce qui correspond au procédé de Cloëz pour la diéthylcyanamide.
Au-dessous de 260°, c’est de la tétraphénylguanidine qui se formerait,
La diphénylcyanamide cristallise en rhomboëdres obtus brillants fusibles à 2920. Vers 200° l'acide chlorhydrique
concentré la dédouble en acide carbonique ammoniaque et diphénylamide.
CARBODIIMIDES.
Nous ne pouvons quitter le sujet des cyanamides substituées, sans nous occuper d’une série de corps isomères, les. carbodiimides. Mais si,en même temps que les éthylcyanamides et phénylcyanamides, on connaît la tête de série, la cyanamide elle-même, il n’en est pas ainsi pour les carbodiimides substituées dont on ne connaît pas le premier terme qui serait naturellement isomérique avec la cyanamide.
La cyanamide étant représentée par la formule théorique :
C? Az
AZ
on a voulu donner pour la carbodiimide la formule :
mais cette carbodiimide n'étant pas connue jusqu’à ce jour, cette formule reste une hypothèse vaine qui ne peut en rien éclairer la question.
Négligeant la plupart des carbodiimides décrites et qui ne présentent pas d’intérêt particulier, nous ne nous occuperons, comme exemple, que de la diphénylcarbodiimide
isomère de la diphénylcyanamide que nous avons étudiée Moissan. 17
plus haut. On a donné pour ces corps les formules suivantes :
C? Az Az CH AT AC EL C C!2 H5 ' AZ c!2 H°
tés toyanamide Diphénylcarbodiimide,
Les formules, quelque logiquement disposées qu’elles paraissent, ne peuvent rien prouver en matière d’isomérie; on ne peut dans ces questions s’appuyer que sur les réactions, les dédoublemeats et les méthodes de préparation d’où les corps tirent leur origine. C’est à ce point de vue que nous nous proposons d'examiner le présent cas d’isomérie.
La diphénylcarbodiimide se prépare par la distillation sèche de l’a-triphéaylguanidine ou bien par !la désulfuration de la diphénylsulfo-urée en solution beazique, au moyen de l’oxyde de mercure. Par évaporation de la benzine on obtient la base sous la forme d’un sirop peu soluble, se transformant par polymérisation en un corps porcelané fusible à 170° et bouillant sans altération à 330°.
La diphéaylcarbodiimide présente divers dédoublements qui appartiennent aussi à Ia diphénylcyanamide; par exemple, elle se transforme en diphénylsulfo-urée par l’action de l’hydrogène sulfuré ou en diphénylurée par l’action de l’eau. ,
Maïs voici une réaction nette qui différencie bien les deux corps.
Chavffées comparativement à 200° avec de l’acide chlorhydrique concentré, la diphénylcyanamide donne, comme nous l’avons déjà dit, de l'acide carbonique, de l’ammoniaque et de la diphénylamine
C? Az
| H Az À C'H5 + 2H°0?—C?0i+ AzH°—'Az | CH:
tandis que la diphénylcarbodiimide donne de l'acide carbonique, de l’ammoniaque et de l’aniline.
CH
un)
OR
Ces corps ont étéétudiés par Weith (Chem. Gesellschaft, 1873, p. 1398 ; 1874, p. 10, 1305; 1876, p. 810).
( Az CHE et
Patte + 2H*0?= C:04+ 9 (x Z )
Dérivés acides des cyanamides.
De même qu’ou a pu introduire des radicaux alcooliques dans la formule de la cyanamide, à la place de l'hydrogène, de même on peut y introduire ce que l’on considère comme des radicaux d'acides, teis que l’acétyle, le benzoïle, etc., et si Ja complication du sujet croît en raison du nombre des dérivés étudiés, ceci n’amène aucune complication nouvelle dans les idées. L’acétyle, l’éthyle ou bien les métaux viennent tous sous des noms divers prendre la même place dans le même moule.
Acétylcyanamides. — Pour préparer ces corps on commence par faire des dérivés mixtes acétyl-métalliques,.
On traite au réfrigérant asceadant de la cyanamide so= dique sèche mélangée avec de l’éther, par de l'acide acétique anhydre; il se forme un précipité blanc d’acétyl-sodiumcyanamide qu'on lave à l’éther et qu’on précipite par l’argent aorès l’avoir dissous dans l’eau. On obtient ainsi l’argent acétyl-cyanamide
Ce produit, en suspension dans l’éther, traité par l’hydrogène sulfuré donne une matière sirupeuse acide et corrosive qui est la monocétylcyanamide
C?A7 Az IC HO?
(Nercki et W. Leppert, Chem. gesellsch., 1873, p. 902.)
On a égalemeut obtenu la diacétylcyanamide dans l’action du chlorure d’acétyle sur la cyanamide diargentique.
Aux corps dont nous venons de dire quelques mots se rattachent plusieurs composés intéressants : les cyamidocarbonates.
Nous venons de voir qu'on pouvait dans la cyanamide remplacer un équivalent d'hydrogène par un équivalent d’un acide monobasique avec élimination d’eau, on & ainsi l’acétyle cyanamide par exemple. On voit, d’après cela, que sans changer ni même modifier aucunement le cadre de nos raisonnements, on peut également bien introduire dans la cyanamide un acide bibasique, l’acide carbonique C?O0f H}°, qui n’éliminera en se combinant que la moitié de son eau pour rester encore acide monobasique. On aura ainsi la formule :
C?’Az
Az 4 C’O‘H
H qui serait l'acide cyamidocarbonique. Mais, de même que la carbodiimide et plusieurs autres corps de la série cyanique, cet acide n’est pas connu, il est représenté par un certain nombre de dérivés dont nous n’examinerons que les plus importants pour ne pas dépasser les limites que nous nous sommes imposées dans cette thèse.
Cyamidocarbonate de soude. — On obtient ce sel en dirigeant un courant d’acide carbonique dans une solution alcoolique bouillante de sodiumcyanamide ; le volumineux dépôt quise forme par addition d’acide carbonique est lavé à l’alcool bouillant et séché sur l’acide sulfurique.
Le cyamidocarbonate de soude :
{ C? Az Az : C?’O*Na Na est une poudre légêre, blanche, amorphe, très soluble dans l’eau.
Par l’action de la chaleur il se transforme en cyanate de
soude dont il est le polymère.
Az C'O*Na? — 2C?AzNaO?
TE = D. 4 Cyamidocarbonate. Cyanate de soude.
de soude.
Il existe des cyamidocarbonates de potasse, de chaux, etc. (G. Meyer, Journ. prakt. chem. (2),t. XVIII, p. 419.)
A côté des cyamidocarbonates métalliques, il existe un certain nombre d’éthers cyamidocarboniques et des combinaisons mixtes éthéro-métalliques.
On connaît, entre autres, le cyamidocarbonate d’éthyle,
C? Az
Az + C*O*C‘H° H
le sodium cyamidocarbonate d’éthyle
C? Az COICH Na
Az
et quelques autres composés sur lesquels nous n’insisterons pas.
Le CYANODIAMIDES.
Sans sortir de la classe des cyanamides primaires, c'està-dire celles dans lesquelles l’ammoniaque n'a subi la substitution cyanée qu’au premier degré, et où pour l’équivalent de cyanogène il ya toujours deux équivalents d’hydrogèue ou de radicaux correspondants, nous allons passer à l’étude des types condensés.
Dicyanodiamide. — La première substance dont l’étude se présente à nous ea suivant cette classification est la dicyanodiamide C‘Az“H*, identique au Param de Beilstein et Genther.
La dérivation théorique de cette substance en partant de la cyanamide est des plus simples : deux équivalents de cyanamide primaire se condensent pour donner le com-
posé double | 2[(C? Az) Az H°] — (C’ Az)’ Az'H“.
On a fait sur ces condensations diverses hypothèses et des formules graphiques correspondantes qui s'appuient sur des dédoublements de peu de valeur et que nous ne pensons pas devoir reproduire.
Préparation. — La dicyanodiamide se prépare exacte ment comme la cyanamide; il suffit de laisser cette dernière en solution à chaud, pendant quelque temps, pour qu’elle se polymérise complètement.
Sans. partir de {a éyaaamide pure, on peut préparer sen polymère en faisant digérer au bain-marie une solution de sulfo-urée avec une oxvde métallique jusqu’à disparition
complète de la sulfo-urée. (A. W. Hofmann, Chem. Gesell. schaft, 1869, p. 600.)
Propriétés. — La dicyanodiamide est une substance blanche fusible à 204° et cristallisant en prismes clinorhombiques. Sous l'influence de la chaleur, elle peut se dépolymériser, comme le fait l’acide cyanique, et reproduire la cyanamide. À une température supérieure à son poiat de fusion, elle perd de l'’ammoniaque et donne de la mélamine.
La dicyanodiamide présente diverses réactions analogues à celles de la cyanamide: c’est ainsi qu’elle forme des dérivés à radicaux alcooliques et des dérivés métalliques. Dans ces derniers, jusqu’à présent, on n’a observé que le remplacement métallique de deux équivalents d'hydrogène.
La dicyanodiamide diargentique qui est le type de ces combinaisons renferme C' Az‘ H? Ag ?.
Acide amidodicyanique. — A la dicyanodiamide se rattache un autre corps intéressant l’acide amydodicyanique, soit de l’acide dicyanique C*Az° O*H?, dans lequel un équivalent d’eau est remplacé par de l’ammoniaque.
L’acide amidodicyanique dérive de la dicyanodiamide, par l’action hydratante de la baryte. (F. Hallwachs, Zeisch. Chem., 1868, p. 515.)
C* Az H* —+ H? O? — C* Az° H* O* — AzH*, EE D. 4 . à —— Dicyanodiamide. Acide amidodicyanique.
Cet acide se forme encore par la combinaison directe de la cyanamide avec l’acide cyanique sec.
CH' Az C'AzHO* =C* Az H°O*.
IN Acide cyanique.
L’acide amidodicyanique libre se prépare en décomposant son sel argentique pris en excès par l'acide chlorhy-. drique. L’acide cristalise en longues aiguilles par le refroidissement de la solution,
Plusieurs amidodicyanates, qui n’ont pas d'intérêt pour notre sujet, ont été décrits.
CYANOTRIAMIDES,
Suivant toujours la classification si claire de Gerhardt, nous sommes amené à passer en revue quelques-uns de ces corps condensés auxquels la coutume conserve encore les noms peu significatifs d’amméline, d’ammélide, de mélamine et de melam. En raison de la complication relative de ces corps, les noms sysiématiques ne sont pas non plus très commodes et ce sont surtout les re— lations de formules qui font saisir avec facilité la filiation
de ces substances.
Mélamine. Cf H°$ Az. — Le troisième terme de la polymérisation régulière de la cyanamide est la melamine.
C? Az (C' Az} ( (C2 Az) Az à H AZI BEL Az° !: H°
H EP l H° ST mu Cd — Cyanamide, Dicyanodiamide. Mélamine
tricyauotriamide,
On peut considérer la cyanamide comme l'amide de l’acide cyanique ; de même on peut dire que la mélamine est l’amide de son trimère l’acide cyanurique; c’est la cyanuramide.
La mélamine a été découverte par Liebig, en 1834. (Ann.
der Chem. u Pharm., t. X, p. 18; t. XX VI, p. 187.) Elle Se produit dans un assez grand nombre de réactions.
Préparation. — La cyanamide chauffée au-dessus de 150° se triple pour donner la mélamine (Cloëz et Canizzaro, loc. cit.). Le mélam soumis à l’ébullition en présence de la potasse concentrée donne encore de la mélamine.
On la trouve parmi les produits résultant de l’action de lammoniaque sur l’oxychlorure de carbone. (G. Bouchardat, Bull. Soc. chim., t. XI, p. 353.)
Clauss et Henn (Liebig's Annalen Chem., t. CLXXIX, p. 120) préparent la mélamine en faisant bouillir 25 gr. de mélam avec 100 gr. de potasse et 2 litres d’eau; par évaporation, on obtient de 10 à 11 gr. de mélamine.
Propriétés. — La mélamine est une substance franchement basique, cristallisant en octaèdres à base rhombe, solubles dans l’alcocl et l’éther, peu solubles dans l’eau. La chaleur la décompose, on peut cependant la sublimer dans une atmosphère d'hydrogène.
Les alcalis fondus transforment la mélamine en cyanate de potasse. |
Les acides concentrés donnent de l’amméline, de l’ammélide, de l’acide mélanurique et de l’acide cyanique.
Les divers acides étendus saturent la mélamine pour donner des sels qui sont en général bien cristallisés.
- Le chlorhydrate de mélamine renferme 2 (C°Az°H°,HCi) + H?0*.
L'azotate cristallise en longues aiguilles dont la formule est CH Azf,AzO* HO.
Le sulfate est C5 HS Az, S'O' H?. Oa peut également obtenir ce sel hydraté avec 2 H° O?ou 1/2H*° O*.
Il est dans l’histoire de la mélamine des phénomènes
Moissan. 18
plus importants que ceux de la salification de cette base; ce sont les phénomènes de substitution.
Ilexiste des mélamines homologues ou plutôt substituées ; la plupart de ces composés résultent du remplacement de trois-équivalents d'hydrogène de la base ; cette substitution ternaire correspond à la triple condensation
de la mélamine.
Triméthylmélamine. Cf Az H° (CH). — Nous savons que la désulfuration de la sulfo-urée donne la cyanamide et que celle-ci se triple facilement pour donner de la mélamine. Si au lieu de partir de la sulfo-urée, on désulfure la méthylsuifo-urée, c’est de la triméthylmélamine que l’on obtiendra.
La triméthylmélamine possède une réaction alcaline très prononcée ; elle cristallise dans l’eau avec trois équivalents de ce dissolvant.
Le chloroplatinate renferme C° Az° H3$ (C° ECY 2HCIPtCl(Hofmann, Deustch Chem.Gesellsch,1870,p.264 ; E. Baumann, ibid, 1873, p. 1372). Par une réaction semblable en partant de l’éthyl ou de la phénylsulfo-urée, on obtient les triéthyl et triphénylmélamine.
Cette dernière est une des substances les mieux étudiées du groupe. C’est une matière insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et l’éther ; elle cristallise en prismes pyramidés et fond à 462°-163° (Hofmann, loc. cit.).
Hofmann a également obtenu une tétraphénylmélamine.
On a décrit sous lenom d'acide mélidoacétique (E. Dreschel, Bull. Soc. chim., t. XXIV, p. 467) ; un corps qui résulte de l’action de l'éther monochloracétique sur la sodiumcyanamide ; mais en vertu de la polymérisation constante des cyanämides on doit considérer ce corps
dont la formule est C!° A75 H° O‘ comme de la mélamine dans laquelle un équivalent d'hydrogène aurait été remplacé par un équivalent d’acide acétique, moins de l’hydro-
gène.
Ci Az H'(C'H° 06).
Ce corps à titre d’acide fournit des sels, mais à titre d’amideil se combine aussi aux acides.
Dans le groupe des triamides primaires et à la suite de la mélamine viennent se placer divers corps dont l’étude est loin d’être terminée. Ce sont l’amméline, l’ammélide et l’acide cyanurique.
Sans qu’on puisse encore mettre hors de doute la formule de l’amméline, il est fort probable que c'est là une des amides de l'acide cyanurique.
En partant de la mélamine, triamide cyanurique, on obtient successivement par l’action des acides et de l’eau qui éliminent de l’ammoniaque, l’amméline, l’ammélide et l'acide cyanurique; c’est là une saponification graduée d'amide polybasique.
C'Az° HS -L HO? = C° Az’ H° O?+ Az H°.
= D. A Mélamine. Ammélinee
C'Az'HL2H20?— C' Az H‘O‘+2AzH°,
Ammélides
C'AzH°L3H0?— C'Az'HOf +3AzH.
Acide cyanurique.
Ammélide. CSAz‘H{O‘. — On a donné ce nom à deux substances différentes, à la véritable ammélide de Gerhardt que nous décrivonsici, et une ammélide dite de Liebig, C'2H°Az°O5 : cette dernière n’a pu être obtenue depuis; il
convient de l’écarter. On a donné aussi à l’ammélide le nom d’acide mélanurique.
L'ammélide se forme dans un grand nombre de réactions. On peut la préparer en chauffant de la mélamine pure avec de l’acide sulfurique; ilse fait en même temps du sulfate d’'ammoniaque qu’onélimine en traitant la masse par l’eau. On prépare plus souvent l’ammélide en faisant bouillir le mélam avec de l’acide sulfurique.
Sous l'influence de la chaleur, l’urée, perdant de l’eau, de l’acide carbonique et de l’'ammoniaque, donne encore de Pammélide (Laurent et Gerhardt).
L'ammélide est une substance blanche insoluble dans l’eau, l’éther, l’alcool et l’acide acétique, soluble dans les alcalis et les acides avec lesquels elle forme des sels monoacides; chauffée pendant longtemps avec des acides ou des alcalis, l’ammélide se convertit en acide cyanurique, dont elle est l’amide au premier degré.
Amméline. C‘Az'H*O?. — Cette amide se prépare comme la précédente en faisant réagir les acides sur la mélamine ou sur le mélam qu’on dissout dans!la potasse et qu’on précipite ensuite à l’état d'amméline par l’acide acétique.
L'amméline est une matière blanche cristallisable, insoluble dans l’eau, l'alcool et l’éther, soluble dans les alcalis étendus avec lesquels elle forme des sels cristallisables.
Les acides bouillants transforment l’amméline en ammélide avec perte d'ammoniaque et, par une action plus longtemps continuée en acide cyanuriqué.
Mélam ou poliène. — En chauffant pendant longtemps à 300°, un mélange de sulfocyanate d’ammoniaque et de chlorhydrate de cette base et reprennant par l’eau, on
obtient un résidu insoluble que Liebig a nommé mélam brut.(Liebig. Ann. der chem. u. pharm., LIT, 330, LVIII, 248.)
Selon lui, ce corps renfermerait C'*H°Az'!. En chauffant le sulfocyanate d’ammoniaque lentement jusqu’à 300, Voelckel (Ann. Poggen.. LXI, p.367, LXIII, 90) a obtenu de son côté une poudre insoluble qu’il appelle poliène et formule C‘AZ®Hf, ce qui en ferait un isomère de la mé: lamine. Liebig et Gerhardt croient à l'identité du mélam et du poliène ; tel n’est pas l’avis de Woehler ni de Kékulé., Nous n’avons pas à nous étendre ici sur une question qui n’est pas encore tranchée.
Le mélam, bien qu’on ne soit pas encore fixé sur sa nature et sa fonction, est souvent employé comme matière première lorsqu'on veut faire des cyanamides condensées, notamment la mélamine et l'ammélide.
CYANAMIDES SECONDAIRES.
L'étude des cyanamides secondaires est loin d’être complète.
De même que les cyanamides primaires, les cyanamides secondaires se subdivisent en mono, di et triamines.
On ne connaît qu’un seul représentant des cyanamides secondaires simples; c’est l’argent-dicyanimide de Banow (Deutsch chem. Gesellsch., 1880, p. 2202), obtenue en fondant au rouge du paracyanogène avec du cyanure de potassium. On reprend la masse par l’eau, on précipite divers sels par l'alcool, on acidule par l'acide azotique, puis après avoir évaporé dans le vide pour chasser l'acide cyanhydrique, on précipite par l’azotate d'argent.
L'argent dicyanimide peut s’écrire,
C? Az Az 4 C'Az Ag
Après cette combinaison, ce qui reste des cyanamides secondaires est représenté par l’hydromellon qui est une triamide secondaire.
L'hydromellon C'*H*Az° appartient au type de condensation ternaire de l’acide cyanurique et correspond à la mélamine.
De même que trois équivalents de cyanamide se conden-
sent pour donner la mélamine
( C? Az S'UPAZONET )= C‘Az‘Hf, ( (H
de même trois équivalents d’une dicyanamide inconnue (on connaît le dérivé argentique) se condenseraient pour donner l’hydromellon.
\ C?A7 3 (ss | CAZAI=—= CAAZUEH" H
Cette formation de l’hydromellon est peut-être la raison de la non-existence de la dicyanamide. Nous savons en effet que la cyanamide ordinaire est une substance très peu stable: rien qu’en l’évaporant,ellese triple et forme dela mélamine; il n’y a rien de surprenant à ce que la dicyanamide dans les réactions qui tendent à la former, soit encore moins stable et qu'on n'obtienne jamais que de l'hydro-
mellon,
Hydromellon. C'H°A 7°. — Liebig découvrit le corps qui nous occupe et le nomma mellon, mais Liebig le croyait exempt d'hydrogène. Gerhardt et Laurent ainsi que Voelckel démontrèrent que ce corps était hydrogéné et éta-
blirent sa fonction. (Liebig. Ann. Pog. XV,557. Ann. der chemte u..pharm., X, 4: XKX 149, L. 337, LNIIT, 227; CXI,262. — Woæckel. Ann. Pog., LVII, p.151, LXI,375.)
Mettant de côté le mot mellon, nous dirons que l’hydromellon se forme dans un grand nombre de réactions; quand on soumet à l’action d’une température élevée le mélam, la mélamine, l’ammélide, l’amméline, la chlorocyanamide, le pessulfocyanogène, etc, c’est de l’hydromellon plus ou moins pur qu’on obtient.
L'hydromellon est une poudre jaune insoluble dans l’eau, l’alcool, l’éther, les acides et les alcalis étendus.
En présence du potassium, il forme des mellonures, mais ces sels ou mieux ces composés métalliques ne dérivent pas directement de l’hydromellon par substitution du potassium à l’hydrogène ; l’action du potassium sur l’hydromellon se représente comme suit :
(C* Az} (C*az)° 2 Az H° 2 (az (C? Az) ) —+ K'°= Az H K*° 3CAZK Hydromellon, Mellonure.
L’acide d’où dérivent les mellonures est appelé acide hydromellonique (syn. mellon, acide mellonhydrique, acide mellonique); sa formule est |
Az eo On voit qu’il diffère notablement de l’hydromellon. Cet acide est très peu stable.
Mellonure de potassium. — Ce composé est un des plus importants; on le prépare en versant du protochlorure d’antimoine (3 p.) dans du sulfocyanure de potassium fondu (1 p.), on chauffela masse noirerésultante sur un plat
de fer jusqu’à fusion du sulfure d’antimoine; on reprend par l’eau et on ajoute de l’hydrate de plomb, tant qu'il se fait un précipité noir. On filtre à chaud. Par refroidissement, le mellonure de potassium se dépose. On le purifie par des cristallisations fractionnées. Le mellonure qu'on obtient ainsi est le sel tripotassique.
Azi (GAZ) spot,
Il cristallise de ses solutions aqueuses bouillantes et perd son eau vers 200°.
Par l’action de la potasse, ce sel donne du cyamélurate de potasse, de l’ammélide et de l’ammoniaque.
2C'5 AZ K3 L 9OH?03 — 2C'? Az! KO CAZH°05 L3AzH.
Mellonure. Cyaméturate, Ammélide.
En traitant le mellonure tripotassique par les acides, on obtient des mellonures dipotassique et monopotassique.
À ces sels de potassium correspondent de nombreux sels que nous n'avons pas à décrire ici. Les mellonures paraissent appartenir à un type plus condensé que l’hydromellon dont il dérive.
CYANAMIDES TERTIAIRES.
Aucun terme de cette série n'est connu. Lorsque Liebig obtint l’hydromellon, il pensa avoir un corps, le mellon, qui, d’après la formule qu'il lui donna par erreur, appartiendrait à cette série,
{ (CAP Az tre = C!'# Az Az Sr ne
Mellon de Liebig.
DICYANODIAMIDINE.
On est convenu d'appeler amidines des substances azo= tées présentant le groupement d’une amide ordinaire dans laquelle l'oxygène serait chassé à l’état d'eau, par un équie valent d'ammoniaque qui viendrait ainsi prendre sa place sous la forme de résidu (AzH).
Nous rendrons notre définition plus claire par un exemple. Le type le plus simple des amidines est l’acédiamine de Strecker que l’auteur écrit
(C'H*) C?(Az H) (Az H') correspond à l’acétamide.
(C'H*) C? (0?) (Az H°)
Nous définissons en passant les amidines dont les représentants connus sont nombreux parce qu’on peut les préparer dans les divers cas à l’aide des éthers cyanhydriques et qu’on peut les regarder comme des combinaisons de nitriles et d’amines
(C'H!) C? Az, Az H*
CR” ie Acédiamine,
Après cet aperçu sur les amidines nous allons examiner la dicyanodiamidine et l’on pourra constater par sa formule que, malgré le nom et la place qui lui ont été donnés dans la classification, les rapports de cette substance avec les amidines n’ont rien de bien évident.
La dicyanodiamidine C* H°Az‘O* se prépare aisément en fondant un sel de guanidine avec de l’urée.
C?H° Az L CO? A2 H* = C° H° Azt O? Az H° Guanidine. Urée. D midine, Moissan, 19
Les choses se passent comme s’il se formaitune guanidine-urée ; de fait par sa préparation et ses propriétés la dicyanodiamidine se rapproche beaucoup du biuret (voir ce mot).
Pour isoler la dicyanodiamidine on précipite le produit brut de la réaction par un sel de cuivre et l’on décompose par l'hydrogène sulfuré. La base se sépare par évaporation et elle forme des sels. (Baumann. Chemische Gesellsch, 1874, p. 446, 1766 ; 4875, p. 708.)
On connaît une sulfodicyanodiamidine provenant du
remplacement de O° par S* dans le corps précédemment décrit.