‹ Série du cyanogèneChapitre 20 sur 49 · URÉE · texte numérisé non relu

URÉE

On a coutume de classer l’urée parmi les termes de la série cyanique avec lesquels cependant elle présente par elle-même peu d’analogies. Les relations de l'urée et du cyanogène sont démontrées par ce fait que l’urée dérive du cyanate d'ammoniaque par simple transformation isomérique et que les combinaisons uréiques sont reversibles en combinaisons cyanées.

Adoptant cet usage, nous croyons indispensable de consacrer un chapitre spécial aux urées et aux corps qui s’y rattachent directement; les sulfurées, le biuret, les allophanates, les uréthanes, etc.

À la fin du siècle dernier c'est 4 peine si l'on connaissait quelques substances organiques définies parmi celles qui se présentent pour ainsi dire d’elles-mêmes à l’observation. La connaissance de ces corps était due plutôt à l’industrie et à l’empirisme du passé qu’à la science systématique.

Lors du grand mouvement qui se fit vers cette époque

(1) Nous avons résumé dans ce chapitre un granit nombre de mémoires publiés en chimie atomique. Nous avons traduit les formules en notation équivalente tout en leur laissant le plus possible la forme donnée par les auteurs afin de présenter, en même ternps que les faits, la liaison des idées qui ont dirigé ces recherches,

en vue de décomposer les mixtes et d’accumuler ainsi des matériaux sur lesquels devait plus tard se fonder la chimie, on eut fréquemment recours à l'analyse immédiate,et la découverte de l’urée, obtenue en 1773 par Rouelle le jeune, sous le nom d’extrait savonneux des urines, fut un des premiers résultats acquis en chimie organique (1).

Par un hasard singulier ce fut la même substance qui cinquante ans plus tard ouvrit dans cette science l'ère de la synthèse.

Mais comme la méthode applicable à la préparation de l’urée ne pouvait pas être généralisée, cette synthèse d’une substance compliquée resta longtemps unique, comme pour mieux démontrer à cette époque l’impuissance de la chimie dans cette voie.

Formule de l’urée. — La formule brute de l’urée est C?0? Az? H*. On peut la considérer, ainsi que nous le verrons plus loin, comme une diamine, et dans ce cas on a ramené sa formule au type ammoniaque en l’écrivant :

(1) Nous croyons devoir citer textuellement cette recherche de Rouelle : Urinefraîcherapprochéeet épaissie en consistance de miel ferme, par l’évaporation ou la distillation au bain-marie. Elle donne depuis deux gros jusqu’à une once et demie de résidu par pinte.

Substance savonneuse de l’urine, séparée de l'esprit de vin qui la tenait en dissolution, par l’évaporation ou la distillation au bainmarie. Cette substance savonneuse est en grande partie une matière saline susceptible de cristallisation : elle sèche très difficilement, tombe en deliquium ; et l'esprit de vin qui l’a extraite, contient de l’alcali volatil.

Rouelle retrouve cette même substance dans les urines du cheval et de vache et il insiste sur l'identité de ces produits. (Rouelle. Procédés chimiques des trois règnes, p, 46.)

Comme l’urée se dédouble facilement sous l’action de l’eau en acide carbonique et en ammoniaque, on a proposé pour représenter cette substance le schéma suivant :

Az H?

a Az H?

qui rend compte aisément de cette décomposition.

Az H° : Az H?

CO? À 5 put H'01= C1 Où + | ere

Nous nous sommes arrêtés à cette dernière formule, parce que nous estimons qu'elle facilite l'explication des réactions fournies par les uréides, sans y attacher bien entendu aucune idée de constitution ou de groupement quelconque.

Synthèses et fonction de l’urée. — L'urée peut être considérée comme l’amide de l’acide carbonique bibasique; elle dérive en effet régulièrement du carbonate d’éthyle par l’action de l’ammoniaque ou du carbonate d’ammoniaque par déshydratation selon la règle de formation des autres amides. On a effet

14 5 2 co SCHL o ac o AE 20 rt 0:

O2 CH Az H et O* Az H° Az H CO} Gaz pi = 2 H° 04 CO? } A pa

Pour ce qui concerne cette dernière équation on ne prépare pas l’urée en déshydratant directement le carbonate d’ammoniaque neutre, mais bien son anhydride du premier degré, le carbamate d’ammoniaque.

MoN oc 0 Az H?

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