ACIDE URIQUE
La découverte de l’acide urique est due aux remarquables recherches de Schsele qui le nomma‘acide lithique, l’ayant retiré des pierres de la vessie. Le nom d’acide urique est de Fourcroy. Son analyse a été faite par Liebig, enfin les points capitaux de son histoire sont dus aux grands travaux de Liebig et Wœæhler publiés en 1836.
L’acide urique se trouve dans les divers produits animaux naturels, urines, calculs vésicaux, guano, excréments de divers animaux entre autres du bombix mori (ver à soie), mais c'est spécialement dans les excréments de serpent qu'on l’a rencontré presque pur sous la forme d'urates,
Bien que, eu raison de sa longue histoire et des travaux qu'ila provoqués, l’acide urique soit généralement regardé
Hi
comme une base de série, ce n’est qu’un terme particulier
de la classe des uréides.
Il faut ajouter cependant que c’est un des uréides les plus compliqués que l’on connaisse, il a même jusqu’à ce ce jour, échappé à toute tentative de synthèse, bien qu'on l'ait régardé comme une amide diuréique dérivée de l'acide tartronique (Berthelot, 1860).
Les uréides plus simples pouvant résulter de la destruction partielle de l'acide urique, nous avons eu plusieurs fois
dans le cours de ce chapitre l'occasion de rappeler ses dé-
doublements, nous n’y reviendrons que très brièvement. L'’acide urique desséché renferme C''H*Az*O", maisil peut cristalliser avec deux molécules d’eau.
La chaleur décompose l’acide urique en acide cyanhydrique, urée, cyanure d’ammonium et acide cyanurique. Les réactions oxydantes fournies par l’acide urique sont de beaucoup les plus importantes. C’est ainsi que par l'acide azotique il donne, comme nous l’avons déjà dit, de
J'alloxane et de l’urée. Le peroxyde de plomb fournit de
l’allantoïne et de l’acide carbonique.
L’hydrogénation transforme l'acide urique successivement en xanthine C''H*Az*O* eten sarcine C'‘H‘Az‘O® par simple soustraction d'oxygène, nous insistons plus loin sur ces corps.
L’acide urique est un acide bibasique faible qui ne chasse que très difficilement l’acide carbonique des carbonates. Il se comporte comme un acide bibasique et à cetitre fournit de nombreux dérivés : les urates.
. Ces sels sont tous très peu solubles, comme l’acide urique lui-même, et c’est encore l'urate neutrede potasse, soluble dans 44 p. d’eau froide, qui se dissout le mieux. Presque tous les urates sont amorphes,
L'urate de plomb présente une propriété intéressante
par double décomposition avec l’éther méthyliodhydrique il donne l’acide méthylurique C'H*(C*H*)Az‘O°, qui fournit lui même une série de sels (Hill).
Préparation de l'acide urique. — Toutes les méthodes de préparation de ce corps sont fondées sur la solubilité relative de l’urate de potasse.
On prend des matières contenant de l’acide urique{guano, fiente d'oiseaux, calculs...),on les pulvérise, puis on lesdissout à l’ébullitionidans de la lessive de potasse, jusqu’à ce qu'il ne se dégage plus d’ammoniaque; on a ainsi de l’urate de potasse. |
Le mieux pour obtenir l’acide urique est de soumettre au traitement ci-dessus la fiente de serpents recueillie dans les ménageries et, lorsqu'on a obtenu de l’urate soluble, on filtre puis on traite par l’acide carbonique qui précipite de l’arate acide de potasse moins soluble. On lave ce précipté avec soin, puis on le redissout dans une lessive de potasse pure pour le précipiter enfin à l’état d’acide urique au moyen de l’acide chlorhydrique. Il ne reste plus qu’ laver et sécher.
Ce traitement a été recommandé par Bensch, (Annuaire de Millon, 1846, p.392.)